Les producteurs de coton de l’Ouham-Pendé et de Lim-Pendé tirent la sonnette d’alarme sur les difficultés qui affectent leur activité. Leurs récoltes des campagnes 2024 et 2025 n’ont toujours pas été entièrement évacuées et ils déplorent également le manque d’appui en intrants. Ces derniers réclament par ailleurs le paiement de leurs arriérés, estimés à plus de 30 millions de francs CFA.
Selon les producteurs, une cinquantaine de tonnes de coton cultivées dans les localités de Kodi, Ngaoundaye et Ndim restent encore entreposées faute d’évacuation. Ils dénoncent également l’insuffisance d’engrais et d’autres intrants nécessaires à la production.
« Nous cultivons le coton. Au lieu que le gouvernement nous fournisse des engrais afin de faciliter la production et de nous permettre de produire suffisamment, ce n’est pas le cas. Nous avons cultivé le coton durant les deux années précédentes, en 2024 et en 2025, mais jusqu’à présent, nous n’avons toujours pas été payés. Et nous continuons à cultiver cette année 2026, en espérant aller jusqu’en 2027 », déplore Roger Blaise Kelian, planteur au village Bozé 3, situé à 13 kilomètres de Paoua.
Même constat chez Louise Mbiou, planteuse au village Poulao 1, sur l’axe Bocaranga. Elle déplore les difficultés d’évacuation des récoltes et appelle les autorités à soutenir davantage les producteurs.
« Nous n’arrivons plus… »
« Dans l’Ouham-Péndé, nous éprouvons d’énormes difficultés. Nous cultivons le coton, mais pour évacuer nos produits et recevoir notre argent, c’est difficile. Nous vous prions de nous venir en aide. Avant, c’est avec l’argent du coton que nous prenions soin de nos familles. Mais ces derniers temps, nous n’arrivons plus à subvenir à leurs besoins », a appelé Louise Mbiou.
À Paoua, Éric Béoroféï, chef d’exploitation à l’Office national du coton (ONC), évoque pour sa part la démotivation des producteurs. Il estime que les difficultés d’entretien des parcelles affectent également la production, malgré l’introduction d’une nouvelle variété de coton.
« Les difficultés que nous avons connues, c’est par rapport à la démotivation au niveau des planteurs. Ils ont des difficultés à entretenir les parcelles de coton. Il y en a qui ont bien semé, mais maintenant, pour faire le sarclage, c’est un problème. Ils font le sarclage une fois, mais pour le faire une deuxième fois, ils abandonnent les parcelles. Le traitement aussi connaît des difficultés », explique-t-il.
La culture du coton connaît un déclin en République centrafricaine depuis plus de deux décennies. Cette filière, qui figure parmi les principales cultures de rente et d’exportation du pays aux côtés du café et du tabac, a longtemps contribué à l’activité économique nationale. Pour les producteurs, une révision de la politique agricole et un meilleur accompagnement de la filière sont nécessaires pour éviter une nouvelle baisse de la production et préserver ces cultures de rente.
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