Centrafrique : le parquet annonce des poursuites contre cinq leaders arrêtés après l’appel à une « ville morte »
Vue du centre-ville de Bangui, au niveau du Point zéro. Photo : RNL/Carlos Suffisant Ndjihoro.

Centrafrique : le parquet annonce des poursuites contre cinq leaders arrêtés après l’appel à une « ville morte »

Le parquet de Bangui annonce des procédures judiciaires contre cinq leaders de la société civile arrêtés après avoir appelé à une journée « ville morte » contre la vie chère. Leurs avocats dénoncent des entraves à l’exercice des droits de la défense.

Dans un communiqué publié samedi 17 octobre, le parquet près le tribunal de grande instance de Bangui indique que les cinq personnes ont été arrêtées pour trouble à l’ordre public. Les éléments disponibles ne précisent pas les éventuelles charges retenues individuellement contre chacune d’elles ni le stade exact de la procédure.

Parmi les personnes interpellées le jeudi 15 octobre figurent Quentin Ngbouando, leader de l’organisation de la société civile I GWE, Élysée Nguémalet, leader de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC), et Steve Bendo Ndeny, activiste de la société civile.

Dans un communiqué distinct, les collectifs d’avocats constitués pour assurer leur défense dénoncent des difficultés d’accès à leurs clients. Ils y voient une entrave à l’exercice des droits de la défense et s’inquiètent du respect des garanties accordées aux personnes privées de liberté. Ils demandent que leurs clients puissent bénéficier de l’assistance juridique prévue par la loi.

Ces arrestations interviennent dans un climat de tensions autour de la mobilisation contre la vie chère. Mercredi 14 octobre, des organisations proches du pouvoir avaient déposé plainte contre les acteurs de la société civile à l’origine de l’appel à la journée « ville morte » du lundi 12 octobre. Les cinq personnes ont été interpellées le lendemain de cette plainte. Aucun élément disponible ne permet toutefois d’établir un lien direct entre les deux événements.

Plusieurs acteurs de la société civile et des organisations de femmes dénoncent des arrestations qu’ils jugent arbitraires. Ils menacent d’organiser une nouvelle action lundi 19 octobre si les personnes détenues ne sont pas libérées.

Mis en cause par certains acteurs de la société civile, qui l’accusent d’être à l’origine des arrestations, le ministre de la Sécurité publique, Bienvenu Zokoué, rejette ces accusations. Il affirme que seul le parquet peut décider de la libération des personnes interpellées si leurs arrestations sont jugées illégales.

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