William Ndjapou est relevé de ses fonctions. C’est le message porté par un décret signé le lundi 19 octobre par le président Faustin-Archange Touadéra.
Le nouveau décret rapporte partiellement les dispositions d’un ancien, celui du 2 décembre 2021, nommant certaines personnalités à la présidence de la République. La décision concerne exclusivement William Freddy Kalmame Ndjapou, Conseiller en matière de réforme juridique et de suivi du processus électoral.
Cette décision intervient trois jours après une prise de position du concerné. Vendredi 15 octobre, William Ndjapou avait fait une sortie médiatique, critiquant sur Radio Ndeke Luka l’arrestation des leaders de la société civile qui avaient appelé à une journée « ville morte » le 12 octobre. Cette manifestation contre la vie chère, notamment la hausse du prix du carburant avait été suivie par une bonne partie de la population.
Dans son intervention, William Ndjapou dénonçait l’arrestation de ces leaders de la société civile et indiquait que leur interpellation aurait été faite à l’insu du président de la République. « …le procureur ne reconnait pas avoir ordonné l’arrestation de ces personnes…. C’est pour dire que nous sommes dans une situation d’irrégularité. Je tiens à préciser que le président Touadéra est un homme de justice, un homme de paix. De pareilles choses ne viennent pas de lui. Il y a des gens qui gravitent autour du chef de l’Etat qui pensent pouvoir lui rendre service, lui faire plaisir en arrêtant ces personnes-là, et c’est en cela que je dis non ! », disait-il dans le dossier du jour de Radio Ndeke Luka du vendredi 16 octobre, appelant à la libération de ces leaders de la société civile.
D’autres voix dans le camp du président de la République avaient aussi critiqué cette arrestation, notamment le Conseiller spécial Fidèle Gouandjika et le ministre contrôleur général du secteur parapublic, Roméo Gribingui.
Le 15 octobre, cinq leaders d’organisations de la société civile dont Elysée Nguémalé de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC) et Quentin Claver Ngbouando de I Gwé sont arrêtés par la police alors qu’ils s’apprêtaient à donner une conférence de presse pour faire le bilan de la « ville morte » qu’il initiée trois jours avant.
