La pluie tombée sur la ville de Bangui ce dimanche 25 octobre a causé d’énormes dégât humains et matériels. Un enfant de 11 ans est mort noyé, plusieurs dizaines de maison se sont écroulées. Radio Ndeke Luka a fait le constat dans plusieurs quartiers de la capitale.
D’abord, au quartier Miskine, le constat est alarmant. Des maisons sont envahies par les eaux. À l’intérieur, c’est le chaos : lits, ustensiles de cuisine, documents importants et autres biens sont trempés. Derrière le marché du quartier, Pamela, mère de famille, tente de sauver ce qui peut encore l’être. Avec ses enfants, elle s’active dans la boue pour évacuer l’eau de leur maison, à l’aide de moyens de fortune.
« L’eau est rentrée dans notre maison. Nous avons tenté en vain de l’évacuer. Même nos biens sont mouillés et nous ne savons pas quoi faire. Il y a encore de l’eau dans la maison et, comme nous n’avons nulle part où aller, nous sommes obligés de rester ici », déplore-t-elle.
À Sangba, dans le huitième arrondissement, la désolation est tout aussi grande. Les pluies ont provoqué l’effondrement de plusieurs habitations. Avec l’aide de ses voisins, Marcelin tente de récupérer les briques de ses trois maisons, qui se sont écroulées simultanément. Dans ce quartier, comme à Lipia, de nombreuses familles ont vu leurs habitations endommagées ou détruites.
Un habitant dénonce l’insuffisance des dispositifs d’évacuation des eaux pluviales, malgré les travaux réalisés sur les routes.
« On a réparé les routes, mais il n’y a pas de caniveaux d’évacuation. Donc, lorsqu’il pleut, il y a toujours des inondations. Les eaux ont tout emporté et nos enfants souffrent. Nous ne savons pas comment vivre actuellement », témoigne-t-il.
Au quartier Fou, dans le quatrième arrondissement, plusieurs habitations ont également été submergées. Dieudonné Yafara, chef du quartier Dedengue 5, dresse un bilan préoccupant et lance un appel à l’aide.
« On peut dire que le bilan est un peu catastrophique. À présent, nous avons recensé 56 maisons détruites. Nous ne savons pas ce qui peut arriver dans les prochaines heures. Face à cette situation, nous ne pouvons que demander aux bonnes volontés de venir en aide aux sinistrés », alerte-t-il.
À Galabadja 1, Esther compte elle aussi parmi les victimes. Une partie de sa maison s’est effondrée sous l’effet des pluies. Devant les décombres, elle se retrouve désemparée et sans solution de relogement.
« L’eau a envahi toute ma maison et la situation est devenue très difficile. Pour le moment, ce sont mes voisins qui m’ont accueillie, car je n’ai nulle part où aller. Nous demandons au gouvernement de trouver des solutions durables à ce problème. À chaque saison des pluies, nous sommes confrontés aux mêmes difficultés et nos maisons restent menacées par les inondations », témoigne-t-elle.
De Gobongo à Damala-Aéroport, le spectacle est tout aussi désolant. Des habitations se sont effondrées, laissant des familles entières sans abri. Florence, mère de quatre enfants, se souvient d’une nuit particulièrement éprouvante.
« Tous mes ustensiles de cuisine ont été emportés par la pluie. Nos conditions de vie sont devenues très difficiles et je ne sais plus où aller avec mes enfants », confie-t-elle, désemparée.
Les notables du quartier Damala-Aéroport avancent pour leur part, un bilan particulièrement lourd, estimant que plus de 300 maisons se seraient écroulées à la suite de ces intempéries.
En attendant une réponse des autorités, les sinistrés lancent un appel urgent à l’aide humanitaire. Leur priorité est de trouver un abri, récupérer des biens essentiels et bénéficier d’un accompagnement pour faire face aux conséquences de ces inondations. Selon le service météorologique, des nouvelles pluies sont encore attendues.
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