La Cour pénale spéciale (CPS) de la République centrafricaine pourrait être contrainte de suspendre ses activités en juin 2026 faute de financements suffisants. L’alerte a été lancée par Amnesty International dans un communiqué publié mercredi 11 février.
Selon l’organisation, la CPS, qui dépend exclusivement de contributions volontaires d’États et de partenaires internationaux pour assurer son fonctionnement, risque de se retrouver à court de ressources dès juin 2026 si des financements additionnels ne sont pas rapidement mobilisés.
Amnesty International rappelle que cette juridiction hybride constitue un pilier de la lutte contre l’impunité en République centrafricaine. Elle mène actuellement 15 enquêtes et tient trois procès, offrant une perspective de justice à des milliers de victimes de crimes graves.
Cette mise en garde intervient dans un contexte marqué par le retrait de financements significatifs, qui a déjà contraint la Cour à réduire ses effectifs d’environ 25 %. À ce jour, seules quelques contributions, notamment celle de l’Union européenne, ont été confirmées pour 2026.
La situation survient également alors que la CPS a récemment entamé le procès dans l’affaire dite de Guen et reste en attente d’avancées dans le dossier de Bossembélé. Dans cette procédure, la Cour a sollicité l’extradition de l’ancien président François Bozizé, actuellement en exil en Guinée-Bissau. À ce stade, les autorités bissau-guinéennes n’ont pas encore donné suite à cette demande.
Par le passé, Amnesty International avait également alerté sur des obstacles politiques susceptibles d’entraver le bon fonctionnement de la CPS, évoquant notamment des interférences présumées dans certaines procédures, y compris des cas impliquant des personnalités publiques.
L’organisation appelle ainsi les partenaires internationaux de la République centrafricaine à garantir un financement durable et prévisible afin d’assurer la continuité du mandat de la Cour et d’éviter ce qu’elle qualifie de « revers catastrophique » dans la lutte contre l’impunité.
-A écouter ici notre dossier du jour sur le même sujet :
Fr
Sa
