Il y a 13 ans, jour pour jour, la coalition Séléka renversait le pouvoir de François Bozizé à Bangui. Plus d’une décennie après, la République centrafricaine vit encore les stigmates de cette violente crise sécuritaire. Par ailleurs, des milliers de victimes attendent toujours justice.
Tout a commencé à Ndélé, dans le Bamingui-Bangoran où des groupes armés hostiles au régime de François Bozizé, malgré plusieurs accords de paix, se regroupent dans une coalition dénommée Séléka et lancent officiellement leurs assauts, le 10 décembre 2012. Avec l’appui des mercenaires tchadiens et soudanais, ces rebelles progressent rapidement et occupent plusieurs villes du pays.
Face l’offensive des rebelles, pouvoir, opposition démocratique et armée se retrouvent à Libreville au Gabon, en janvier 2013 pour signer un accord sur le partage et la gestion du pouvoir. En plus d’autres portefeuilles, la primature revient à l’opposition et le ministère de la Défense nationale à la rébellion armée.
Michel Djotodia, nouvel homme fort
Cependant, la difficile cohabitation entre les parties signataires pousse les rebelles à franchir « la ligne rouge » de Damara, tracée par les forces de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (FOMAC). Ils prennent la capitale Bangui, le dimanche 24 mars 2013. Ceci, malgré la présence des troupes sud-africaines qui protégeaient le pouvoir de François Bozizé. Michel Djotodia Am Non Droko se proclame donc nouvel homme fort de Bangui ; tandis que le général François Bozizé s’enfuit au Cameroun avant de s’exiler à Kampala, en Ouganda.
L’arrivée de Sangaris
Les rebelles de la coalition Séléka se livrent alors à des pillages, destructions de maisons, viols, disparitions forcées et meurtres. Neuf (9) mois plus tard, face à la gestion « chaotique » du pouvoir, emmaillée de violences et d’exactions, des miliciens Antibalaka, jugés favorables à l’ancien régime, lancent une attaque contre la capitale, le 5 décembre 2013. Une attaque qui coïncide avec le déploiement de l’opération militaire française Sangaris en Centrafrique. Les affrontements entre les Séléka et les Antibalaka causent près d’un millier de morts et d’énormes dégâts en un jour.
Déclin de la coalition Séléka
Vu l’ampleur de la situation, les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) convoquent, le 10 janvier 2014, un sommet extraordinaire à Ndjamena, au Tchad. Sommet au cours duquel, Michel Djotodia Am Non Droko et son Premier ministre, Nicolas Tiangaye sont contraints à la démission. Le Conseil national de la transition mis en place avec l’arrivée de la Séléka se réunit 10 jours plus tard à Bangui et élit Catherine Samba-Panza pour diriger la suite de la transition.
Eternelle attente des victimes
Catherine Samba-Panza remet le pouvoir à Faustin-Archange Touadéra, le 30 mars 2016 après l’élection présidentielle de décembre et janvier 2015. 13 ans après le putsch de la Séléka, la République centrafricaine tente de se relever économiquement et socialement. Même si la plupart des bourreaux ont été arrêtés, jugés voire condamnés, les victimes, elles, continuent de réclamer justice et réparations ; en fondant leur espoir sur la Cour pénale spéciale, la Cour pénale internationale et la Commission vérité, justice, réparation, et réconciliation (CVJRR).
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