Fermeture des bases de la Minusca : pas d’inquiétude pour les autorités centrafricaines
Sylvie Notéfé Baïpo Temon, ministre centrafricaine des Affaires étrangères. Photo : RNL/Hugues Namkoïssé

Fermeture des bases de la Minusca : pas d’inquiétude pour les autorités centrafricaines

Depuis plus d’un mois, la Minusca procède à la fermeture de plusieurs de ses bases à travers la République centrafricaine. A en croire le gouvernement centrafricain, cette décision a été prise en commun accord avec l’ONU. Le but, selon la partie centrafricaine, est de passer officiellement le relais aux autorités nationales.

Mise en place, le 10 avril 2014 par le Conseil de sécurité de l’ONU, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca) a pour but de protéger les populations civiles et d’aider le pays durant la crise sécuritaire qu’il a connue. Aujourd’hui, le gouvernement estime qu’il est temps d’évaluer son travail et de réduire progressivement ses activités. « Si les bases se ferment, elles ne se ferment pas de la seule volonté de la Minusca, c’est un travail commun. Il y a quelques années, nous avons parlé de la revue de son mandat. Et cette revue était de dire qu’à un moment, il faut s’asseoir. L’objectif n’est pas de continuer à travailler parce que la présence est là. Nous avons cette volonté aussi de pouvoir nous relever » a fait savoir Sylvie Notefeï Baïpo-Temon, ministre centrafricaine des Affaires étrangères.

« Il a mis les pieds dans le plan »

« La gouvernance américaine, précisément le pouvoir du président Donald Trump, est venu mettre les pieds dans le plan en disant : « je réduis ». Parce que lui aussi est confronté à l’impact mondial des différentes crises qui existent. Il a réduit, mais nous nous sommes organisés », a ajouté ministre centrafricaine des Affaires étrangères.

Pour le gouvernement centrafricain, le message est clair : la paix est de retour, il faut se focaliser sur l’économie. A cet effet, il souhaite transformer les moyens de la mission en outil de développement.

« Nous ne sommes plus dans la situation de 2013-2014. Nous sommes maintenant dans une phase de stabilité. Aujourd’hui, faisons un point d’étape. Comment allons-nous pouvoir avancer ? Quelles sont les nouvelles priorités sécuritaires de la République centrafricaine ? Nos priorités sont maintenant axées sur le développement économique pour garantir et consolider cette stabilité », a renchéri Sylvie Notefeï Baïpo-Temon.

Selon les autorités centrafricaines, le but est de rendre plus autonomes les Forces armées centrafricaines aux fins de renforcer la souveraineté du pays, ceci près de deux ans après la levée totale de l’embargo sur les armes à destination de la République centrafricaine.

La réduction de l’effectif des agents de la Minusca et la fermeture de certaines bases militaires sont la conséquence de la réduction drastique du financement des Etats-Unis à l’ONU.

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