La décision date du 20 février 2025. Mais a fuité sur les réseaux sociaux dans la semaine du 13 avril 2026. Cette décision du ministère de l’Éducation nationale d’attribuer le baccalauréat et des diplômes équivalents à titre exceptionnel à plusieurs dizaines de citoyens, suscite une vive controverse au sein de l’opinion publique.
Après plusieurs jours de polémique sur les réseaux sociaux autour de l’arrêté portant admission à titre exceptionnel au baccalauréat et au brevet de technicien en économie familiale et sociale, une partie de l’opinion estime que ce texte aurait été pris pour favoriser certains candidats aux législatives. En effet, selon la nouvelle Constitution centrafricaine, tout candidat aux élections législatives doit être titulaire du baccalauréat.
Face à ces accusations, le ministre de l’Éducation nationale est sorti de son silence en qualifiant ces allégations de désinformation, lors d’une conférence de presse tenue le samedi 18 avril à Bangui. Les autorités affirment qu’il s’agit de personnes ayant effectivement obtenu leur diplôme en toute régularité mais qui ont perdu leurs certificats.
Une décision assumée face à la perte des archives
« J’ai signé cette décision en âme et conscience. Il ne s’agit pas de distribuer le baccalauréat au hasard, mais de régulariser des diplômes réellement obtenus. La destruction des archives, notamment en 2003 et durant les crises, a rendu les vérifications difficiles. Ce n’est pas une première, des mesures similaires avaient déjà été prises, notamment sous mon prédécesseur, sur instruction des autorités de l’époque, pour permettre l’authentification de certains diplômes », a expliqué le ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Aurélien Simplice Zingas.
Si cette mesure est justifiée par le membre du gouvernement, les organisations de la société civile promettent de la contester devant les juridictions compétentes.
La société civile dénonce une décision “inacceptable”
Sur cette décision, l’association de la société civile I Gwé compte saisir la justice. Selon son coordonnateur, cette décision n’a jamais existé et le baccalauréat n’est pas une décoration.
« Cela n’a jamais existé. Le baccalauréat est un diplôme, pas une décoration. Une décoration peut être attribuée par décret ou arrêté, mais ici il s’agit d’un diplôme fondé sur la méritocratie et qui ouvre l’accès aux études supérieures. Pour l’obtenir, il faut suivre tout un cycle. C’est pourquoi, au niveau de la société civile, l’organisation I Gwé demande au ministre de retirer cette décision. À défaut, nous saisirons le tribunal administratif pour en demander purement et simplement l’annulation », a déclaré Quentin Ngbouando, coordonnateur de l’association I Gwé.
D’ores et déjà, plusieurs autres citoyens annoncent leur intention de saisir le tribunal administratif dans les prochains jours afin de demander l’abrogation de cet arrêté. Ils estiment que cette décision soulève des irrégularités et porte atteinte au principe d’égalité et de mérite.
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