Attention, cette image de l’artiste Ozaguin qui embrasse un homme est générée par l’IA
Image générée par IA alimentant la désinformation.

Attention, cette image de l’artiste Ozaguin qui embrasse un homme est générée par l’IA

Une image de l’artiste-musicien centrafricain Ozaguin, publiée le week-end sur les réseaux sociaux a suscité des réactions des socionautes. Si la photo décrit une scène « compromettante », la vérification faite par #StopAtènè révèle qu’elle est générée par l’Intelligence artificielle en s’inspirant d’une image vraie.

La publication est apparue en premier sur la page Facebook The Mask 236. La photo mise à la une et qui fait polémique montre l’artiste-musicien centrafricain Ozaguin, embrasser un homme blanc, prénommé Didier par l’auteur de la publication, pendant que le texte parle d’un soupçon de trafic de visa et conflit d’intérêt. L’auteur insinue qu’il y a une complicité entre l’artiste et « Monsieur Didier » qu’il présente comme chargé des affaires consulaires à l’ambassade de France.

Captures d’écran de l’infox

En moins de 24h, la publication a cumulé 433 mentions « j’aime », 270 commentaires et 56 partages.

Cette publication intervient quelques jours après une série d’échanges et de prises de position houleuses entre des artistes sur les réseaux sociaux, autour de l’octroi de visa pour une tournée collective en France. Certains internautes évoquent l’existence d’un lien présumé, suggérant que l’artiste Ozaguin pourrait influencer au niveau de l’ambassade de France, la délivrance de visa à certains artistes centrafricains.

Ce que #StopAtènè a pu vérifier

Les commentaires polémistes à propos de l’image mise à la Une dans la publication ont poussé la cellule StopAtènè à vérifier.

Les outils de vérification d’images en ligne tels que Hive detect et IA or not ont révélé des indices de génération d’image par l’intelligence artificielle comme le confirment les captures d’écrans.

L’analyse minutieuse de l’image indique qu’il existe une certaine « lisseur » artificielle sur les visages, typique du rendu des générateurs d’images actuels, qui tendent à éliminer les pores de la peau de manière uniforme, créant un aspect légèrement cireux. L’utilisation d’outils de détection spécialisés confirme que tout ou partie de ce contenu a été généré ou modifié à l’aide d’outils d’intelligence artificielle.

Des images authentiques retrouvées

Dans ses recherches, #StopAtènè est tombé sur une publication de l’artiste Ozaguin du 13 mars 2026. Il annonçait sur ses réseaux sociaux « avoir facilité une rencontre entre la Fédération centrafricaine de rugby et le PDG de Dauphin Royal, Roger Seretoungou ». L’objectif affiché est de soutenir le développement du rugby en Centrafrique à travers un partenariat, dit-il. Selon les éléments disponibles, cette rencontre s’inscrit dans une démarche de promotion du sport, Ozaguin ayant été associé comme ambassadeur à cette initiative.

Capture d’écran de la publication de Ozaguin du 13 mars 2026

L’on peut en déduire que c’est l’une des images de sa publication du 13 mars qui a été modifié numériquement comme le confirme l’outil de vérification ZeroGPT dans ses conclusions.

Comparaison des deux images

Sur l’image authentique, Ozaguin porte une montre à la main gauche et un bracelet en caoutchouc à la main droite, mais sur l’image virale, ce bracelet apparaît sous une autre forme, remplacé par un bracelet en chaîne. L’arrière-plan de l’image querellée est flou et sombre. Autre indice, le repose-tasse de la cafetière sur la première image (celle qui apparaît dans la publication d’Ozagui du 13 mars 2026) est déployé et a une bordure blanche. Ce n’est pas le cas dans l’image publiée par The Mask 2236.

Conclusion

En conclusion, cette image n’est pas une photographie authentique. Il s’agit d’une création numérique présentant des erreurs anatomiques et contextuelles caractéristiques d’une manipulation par IA.

En République centrafricaine, la loi sur la cybersécurité et la lutte contre la cybercriminalité adoptée en 2024 interdit la diffusion de contenus falsifiés. La manipulation d’images et la désinformation peuvent exposer leurs auteurs à des sanctions pénales, notamment des peines d’emprisonnement et des amendes.

#StopAtènè, la cellule numérique de Radio Ndeke Luka qui lutte contre la désinformation, les rumeurs et les messages de haine.