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©RNL/Rolf Stève Domia-Leu
Le bâtiment de l'école "La bonté" de Borossé

Centrafrique : manque d’enseignants qualifiés à Borossé

A quelques semaines de la rentrée scolaire, les élèves de l’école mixte « La bonté » de Borossé déplorent l’absence d’enseignants qualifiés. Une situation qui freine le bon déroulement des cours.  Situé à 35 km de Bangui sur la route de Boali, près de 900 élèves étaient inscrits régulièrement dans cette école l’année dernière.

L’école mixte « La bonté » de Borossé a été réhabilitée en juin dernier grâce au financement de la Banque mondiale. Ce projet du ministère de l’éducation nationale visait à redonner le gout des études aux élèves. Cependant, les enseignants qualifiés affectés dans cet établissement ont peur de venir occuper leur poste, selon Marcelin Dodjé parent d’élève.

« Dans les années antérieures, deux enseignants ont trouvé la mort ici.  Selon leurs parents respectifs, ils ont été victimes de la sorcellerie. Le ministère de l’éducation et certains enseignants ont entendu parler de cette situation. C’est pourquoi, quand on affecte un enseignant ici à Borossé, il refuse de venir sous prétexte de risquer de perdre sa vie ».

Un seul enseignant qualifié

Selon les responsables pédagogiques, l’établissement va accueillir plus de 900 élèves pour cette année académique. Jean Clotaire Poutou, directeur de cette école, déplore lui aussi l’absence des enseignants qualifiés.

« Je suis l’unique enseignant qualifié. Je travaille avec deux maitres-parents. Malheureusement ces instituteurs ne sont pas reconnus par l’Etat centrafricain. Ils sont payés par la contribution des parents d’élèves. Ceux-ci donnent 100 FCFA par mois ».

La déperdition scolaire

Cette situation oblige les sections à se partager les enseignants à mi-temps. Les élèves du cour initial CI au cour élémentaire CE1 viennent le matin. Ceux du cour élémentaire CE2 au cour moyen CM2 viennent dans les après-midis.  

« Nous n’avons pas pu finir le programme annuel l’année dernière », explique Manuella élève en classe de CE2. « Certains d’entre nous ONT pris les armes quand les rebelles étaient là, parce qu’ils n’ont pas eu la chance de progresser dans les études. Le gouvernement doit prendre au sérieux ce problème ».

Borossé se trouvait sur l’itinéraire des rebelles de la CPC quand ils ont mené une offensive sur Bangui en janvier dernier. Certains élèves et quelques jeunes de ce village avaient pris les armes parce qu’ils n’allaient pas à l’école et n’exerçaient aucune activité socioprofessionnelle. Une situation décriée par les parents d’élèves et les responsables de cet établissement public. Ils demandent au ministère de l’éducation nationale de penser à la formation des enfants de Borossé.

 

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