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Vue du centre-ville de la capitale centrafricaine

Centrafrique : vive tension politique suite aux positions contradictoires sur l’initiative de la modification de la Constitution

Depuis l’annonce de la volonté du pouvoir de modifier la constitution, des leaders de l’opposition disent avoir fait l’objet de menaces de mort, tentatives d’enlèvement et persécution. Des faits qu’ils attribuent à des organisations proches du pouvoir très actives ces derniers temps à Bangui. Le Conseil national de médiation appelle au calme pour décrisper la tension.

La tension politique est de plus en plus vive en République centrafricaine en cette période où la question de modification de la constitution fait polémique dans le pays. Pour illustration, le constitutionnaliste Dominique Désiré Erenon est contraint à l’exil après sa prise de position, lundi 30 mai, sur Radio Ndeke Luka contre l’initiative de modification de la constitution du 30 mars 2016.

Dominique Désiré Erénon, président de la Marche pour la démocratie et le salut du peuple (MDSP), explique avoir échappé, de justesse, à une tentative d’enlèvement dans la nuit de lundi après son interview sur Radio Ndeke Luka. Pour être à l’abri, l’enseignant chercheur à l’Université de Bangui se dit contraint à l’exil. Il promet de poursuivre son combat pour le respect de la constitution.

"Dans la foulée, après mon interview à Radio Ndeke Luka, certains esprits malintentionnés se sont réunis et ont entrepris un certain nombre de choses contre moi, notamment procéder à mon enlèvement. Une personne ayant pris part à cette réunion m’a prévenu avant l’arrivée des gens envoyés pour m’enlever. Je suis obligé de fuir et je me trouve hors du pays. Les centrafricains de n’importe quel bord doivent s’opposer à l’initiative de la modification de la constitution", témoigne-t-il.

Inquiétudes à propos des messages de haine

Des messages de haine fusent de partout sur les réseaux sociaux appelant à s’en prendre ouvertement aux leaders de l’opposition Martin Ziguélé, Anicet Georges Dologuélé, Nicolas Tiangaye, Crépin Mboli Goumba pour ne citer que ceux-ci. 

Saint Cyr Tanza, coordonnateur de la plateforme des jeunes leaders de l’opposition, indique qu’il fait, lui aussi, l’objet de menace de mort après sa sortie médiatique sur Radio Ndeke Luka pour dénoncer l’interdiction faite par la sécurité publique en ce qui concerne leur marche pacifique du 25 mai 2022.

"Depuis ce jour, j’ai reçu 5 appels des inconnus qui se sont présentés comme des soutiens du régime. Les premiers appels provenaient de deux femmes qui m’ont clairement signifié que j’ai deux mois pour quitter le pays. Pour les 3 derniers provenant des hommes, ils m’ont fait savoir qu’ils connaissaient chez moi et mes lieux de fréquentation. Donc je dois faire gaffe", explique-t-il.

Le médiateur national prône l’apaisement

Le Conseil national de médiation, dit prendre au sérieux cette tension politique dans le pays. Selon El Hadj Moussa Laurent Ngon Baba, médiateur de la République, ceci est une menace contre la démocratie.

"Pour nous, citoyens centrafricains, c’est par la voie du dialogue, de la concertation qu’on peut renforcer la sécurité dans notre nation. Nous devons privilégier le dialogue comme solution à nos différends", déclare le président du Conseil national de la médiation.

De son côté, le gouvernement décline sa responsabilité vis-à-vis de ces menaces et messages de haine. Selon son porte-parole, ces actes n’engagent que leurs auteurs.

"J’en appelle à la conscience populaire pour que nous revenions à la raison. Il ne faut pas confondre le fanatisme ou le clanisme avec la position du gouvernement. Il n’y a pas plus longtemps, ma collègue des Affaires étrangères a publié un communiqué pour donner la position du gouvernement vis-à-vis de ces actes. Le gouvernement n’a rien à voir avec ce qu’il se passe. Toutes ces associations ou ces groupes n’ont rien à voir le gouvernement" martèle Serge Ghislain Djorie, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement centrafricain. 

De l’avis de nombreux observateurs, cette situation fragilise le climat de paix, de concorde nationale, réitéré par le dialogue républicain du mars dernier.

 

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