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Des éléments de la LRA dans un village entre le Sud Soudan et la République démocratique du Congo

Centrafrique : des éléments de la LRA prêts au désarmement à Zémio dans le Haut-Mbomou ?

Dans la préfecture du Haut-Mbomou, à l’extrême Est de la République centrafricaine, certains rebelles de la LRA de Joseph Kony désirent déposer les armes. Cependant, ces derniers réclament la présence de l’autorité de l’Etat là où ils se sont regroupés. Notamment, dans la ville de Zémio. Information rendue publique par le député de cette localité

Selon Eric Kpiodigui, député de Zémio, de retour d’une mission de restitution parlementaire dans la localité, plusieurs éléments de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) basés dans la région du Haut-Mbomou sont désormais favorables au désarmement. Cependant, ceux-ci plaident pour leur rapatriement dans leurs pays d’origine.

Se désarmer en présence des autorités centrafricaines

"Les rebelles de la LRA se sont regroupés dans une zone à 17 kilomètres du centre-ville avec un armement important. Selon certaines sources locales, ces éléments réclament la présence des autorités centrafricaines avant de se débarrasser de ces armes avant le retour dans leurs pays respectifs" a fait savoir Eric Kpiodigui.

Absent de cette partie du territoire national depuis 2017, le gouvernement centrafricain dit mettre en place une mission afin de répondre à cette préoccupation. Cependant, une grande partie de la population de Zémio ayant fui les violences de ces hommes en armes revendique le déploiement des forces de défense et de sécurité nationales. 

«Les habitants réclament le redéploiement des forces nationales »

"Approchées, les autorités compétentes m’ont fait savoir qu’une mission sera déployée dans les jours qui suivent afin de gérer la situation. Toutefois, la majorité de cette population vit de l’autre côté de la rivière dans de conditions très difficiles. Ces habitants qui comptent rentrer, réclament le redéploiement des forces nationales" a renchéri le parlementaire.

La LRA a vu le jour en Ouganda au milieu des années 1980, en partie pour s'opposer à la marginalisation par le gouvernement des populations du Nord du pays. Rapidement, elle est devenue l'un des groupes armés les plus violents et impitoyables, enlevant, terrorisant et endoctrinant des enfants pour en faire des soldats et reconstituer ainsi ses effectifs. En 2005, la Cour pénale internationale a émis des mandats d'arrêt à l'encontre de Joseph Kony et de quatre autres principaux dirigeants pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Estimés aujourd’hui à 150 voire 300 combattants dépourvus de toute coordination, ces éléments ont quitté l'Ouganda en 2005. Ils sèment désormais la mort et la destruction dans les régions frontalières de la République démocratique du Congo, du Soudan du Sud et de la République centrafricaine.

Un de ses généraux, Dominic Ogwen, a été jugé par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité en février 2021. La CPI avait retenu 70 chefs d’accusation contre lui. L’ancien chef de guerre de l’Armée de résistance du Seigneur a été reconnu coupable de 61 d’entre eux, dont le meurtre, l’esclavage sexuel, le viol, et le recrutement d’enfants soldats.

 

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