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Nouvelle marche du MDREC empêchée ce lundi à Bangui

Le leader du Mouvement Démocratique pour la Renaissance et l'Evolution de Centrafrique (MDREC), Joseph Bendounga, a été brièvement arrêté une fois de plus ce 21mai 2018 par les Forces de sécurité intérieure avant d'être relaxé. L'opposant démocrate a été empêché d'organiser une marche pacifique allant de la Minusca au point zéro en ville, soit une distance de 3,5 kilomètres.

La manifestation a pour objectif d'exiger du Conseil de Sécurité de l'ONU, la levée immédiate de l'embargo sur les armes à destination de la République Centrafricaine (RCA) et du Gouvernement, la réhabilitation des Forces armées centrafricaines (FACA). Joseph Bendounga a été interpellé par des éléments de la gendarmerie à la place des Nations-Unies dans le 2e arrondissement. 

"Je partais de la Minusca vers la ville au point zéro. Arrivé au niveau du rond point des Nations Unies, les gendarmes sont venus m'arrêter, m'ont brutalisé, emporté dans leur véhicule avant de me déposer dans la nature au mont Carmel dans Bimbo 1", relate Joseph Bendounga, chef de fil du MDREC à Radio Ndeke Luka. Cette manœuvre, selon lui, n'a qu'un seul objectif  : "m'empêcher de tenir le meeting" expliquant qu'il s'agit d'un "acte de terrorisme d'Etat".

Joseph Bendounga n'est pas passé par quatre chemins pour dire que "la République Centrafricaine n'est pas un Etat de droit", qualifiant le régime de Faustin Archange Touadéra de "dictatorial". Le président du MDREC indique  que "même les régimes dictatoriaux ne vont pas à l'encontre des manifestations qui les réconfortent dans leur gouvernance". 

Le président du MDREC persiste dans sa revendication malgré l'opposition des autorités. "La Constitution nous autorise à utiliser les voies légaux et pacifiques. Nous allons d'abord attaquer la municipalité de Bangui en procédure de référé de jour à jour, ensuite réinviter les Centrafricains, les remobiliser afin que nous puissions marcher lundi 28 mai et tenir ce meeting au point zéro", pour revenir sur les deux revendications majeures a fait savoir M. Bendounga.

L'opposant se fonde sur la loi fondamentale. "La Constitution en ces articles 15 et 29 alinéa 2, autorise les Centrafricains que ce soit en groupe que ce soit individuel pour manifester, utiliser les moyens légaux afin de restaurer l'autorité de l'Etat".

"Quel est le mal ? Quel est le crime de laise majesté que le MDREC a commis vis-à-vis du Président de la République ?", s'interroge M. Bendounga qui estime poursuivre un objectif républicain : "la bonne gouvernance". Le parti reste convaincu qu'avec "un bon Premier ministre, un bon Gouvernement, la paix sera restaurée sur toute l'étendue de la RCA en 6 mois".

Le 10 mai 2018, Joseph Bendounga a été brièvement arrêté par la police alors qu'il était à la tête d'une marche pour dénoncer la dégradation du climat sécuritaire dans le pays.

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