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Une famille d'hippopotames dans les eaux d'Afrique équatoriale

Centrafrique : le surpeuplement des hippopotames inquiète à Mobaye dans la Basse-Kotto

Espèce protégée en République centrafricaine ainsi que dans plusieurs pays du monde, les hippopotames sont de plus en plus nombreux dans la rivière Oubangui, singulièrement au niveau des villes de Mobaye, Zangba et Kouango. Selon les habitants de ces localités, leur forte présence rend difficile la pratique de la pêche et provoque également une carence de poissons.

La présence imposante et inquiétante des hippopotames est régulièrement déplorée par les autorités locales de la ville de Mobaye, chef-lieu de la préfecture de la Basse-Kotto. A en croire ces représentants de l’Etat, les hippopotames auraient tué entre 2006 et 2022, plus d’une centaine de personnes et blessé une dizaine d’autres. Ces animaux, selon les autorités, seraient plusieurs dizaines dans la rivière Oubangui et font des ravages de Mobaye à Kouango en passant par Zangba. Les conséquences sont néfastes sur le quotidien des habitants. Face à ce surpeuplement, certaines voix s’élèvent pour solliciter l’appui du gouvernement.

"Nous sollicitons une autorisation d’abattage"

"Ces derniers temps, nous constatons la baisse drastique des activités liées à la pêche. Ce qui engendre la rareté des poissons sur le marché. Ces animaux détruisent également les plantations de manioc et de riz. Réduisant ainsi le déplacement des cultivateurs, chasseurs, pêcheurs et voyageurs sur la rivière. Nous sollicitons du gouvernement, l’autorisation d’abattage de ces animaux" a déclaré Célestin Toudou, ex-vice-président de la Délégation spéciale de la commune de Mobaye.

Une position partagée par de nombreux habitants comme les pêcheurs qui, dépourvus de récolte, ne savent plus où mettre la tête.

"Aujourd’hui, il nous est difficile de pêcher"

"Pour l’instant, les hippopotames envahissent la rivière. Il nous est difficile de pêcher. Auparavant, nous revenions le matin avec plein de poissons qu’on attrapait durant la nuit. Mais aujourd’hui avec cette présence, ce n’est plus possible" a fait savoir Henri Kondimba, un pêcheur.

En bout de chaîne, les consommateurs demeurent les premiers à payer le prix fort de cette pénurie.

"Auparavant, on achetait un gros capitaine entre 3.000 et 5.000 francs CFA. Mais là, il faut débourser au moins 15.000 francs. Cette situation nous pénalise énormément. On ne sait plus quoi faire" a affirmé Geneviève Bagouma, une habitante de Mobaye.

Du côté des autorités locales, l’on fait savoir que toutes ces plaintes ont été transmises au ministère des Eaux et Forêts à Bangui. Cependant, le département propose quelques pistes en attendant une éventuelle autorisation d’abattage.

"On peut leur trouver des kits agricoles et des semences"

"S’il n’y a pas de pêche sur la rivière, les poissons se reproduisent. Ainsi à la reprise, on aura beaucoup de poissons. Je souhaite que les pêcheurs de Mobaye prennent leur mal en patience. On pourra leur trouver des kits agricoles et des semences pour pouvoir cultiver. Ou bien leur donner un peu d’argent pour le commerce" a recommandé Hubert Sendji, responsable du département des Eaux et Forêts à Mobaye.

Les hippopotames continuent de sévir dans les eaux de l’Oubangui, en aval de Mobaye à Kouango dans le Centre-sud du pays. Pendant ce temps, pêcheurs et consommateurs de poissons, eux, ne savent plus à quel saint se vouer.

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