#StopATènè : le vrai ou faux de Radio Ndeke Luka

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©RNL/ Ephrem Ngozo Yaliké
David Gotinguera, curé de la paroisse Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Nana Bakassa, janvier 2023

Désinformation : «ces fausses informations empêchent les humanitaires d’aller travailler et de porter assistance à la population»

David Gotinguera, curé de la paroisse Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Nana Bakassa, appelle les Centrafricains à prendre du recul face aux informations reçues afin d’éviter le piège de la désinformation. Il livre ses impressions sur la désinformation à la cellule #StopATènè de Radio Ndeke Luka.

Les fausses informations constituent-elles un danger pour la population de Nana-Bakassa ?

« A Nana-Bakassa, les fausses informations et les rumeurs constituent un danger permanent pour la population qui, parfois, a de la peine à vérifier les informations reçues. La désinformation paralyse souvent la libre circulation de la population vers les autres régions environnantes. L’absence d’une radio locale pour informer la population à temps réel est un manque pour nous.»    

Quel est votre quotidien à Nana-Bakassa face aux rumeurs et à la désinformation ?

« Jusqu’à ce jour, certaines personnes continuent de faire croire aux autres que Nana-Bakassa et ses environs sont des zones déclarées « lignes rouges » avec la présence des rebelles qui commettent des exactions sur la population à tout moment. Cette information est fausse et vise seulement à tromper. De l’autre côté aussi, par manque de vérifications des informations, de temps en temps, les rumeurs font écho des rebelles qui rentrent dans la ville, mais ce qui ne se réalise jamais.»

Quels sont les impacts de la désinformation à Nana-Bakassa ?

« A cause des rumeurs et des fausses informations, les habitants de Nana-Bakassa sont victimes de stigmatisation, car ils sont indexés d’être soit des Anti-balaka soit des ex-Séléka. Ce qui constitue un danger sécuritaire. Ces fausses informations empêchent les humanitaires d’aller travailler et de porter assistance à la population de Nana-Bakassa. La désinformation est à la source de notre souffrance. La population vit encore dans la peur suite à ces rumeurs.» 

Selon vous, quelle est la meilleure attitude à adopter face aux nouvelles reçues ?

«J’appelle tous les Centrafricains à prendre du recul face aux informations reçues. La prise de conscience et l’honnêteté doivent conduire, guider tout un chacun. Tous ceux qui se baignent dans la désinformation doivent savoir qu’ils sont en train de nuire à la vie des autres et l’être humain est sacré. Le respect de la dignité humaine n’admet pas les fausses nouvelles qui constituent une atteinte à la sacralité humaine.»

#StopATènè, l’équipe qui lutte contre la désinformation et les discours de haine en Centrafrique

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