Une attaque de la LRA fait un mort au village Ngagan près de Bangassou Un homme a été tué samedi dernier par les rebelles ougandais de la LRA de Joseph Kony. Les faits se sont produits au village Ngagan sur l'axe Nganda, une des communes de la sous-préfecture de Bakouma situé à 70 kilomètres de Bangassou.

Les assaillants ont pris17 personnes en otages. 12 ont ensuite été libéré, selon une source locale. Les greniers des paysans ont été systématiquement pillés et des sommes d’argent emportés par les éléments de la LRA.

Cette attaque au village Ngagan est intervenue quatre jours après celle qui a eu lieu à Mabo à 45 Kms de Bangassou sur la route de Gambo. 21 personnes avaient été kidnappées. De sources locales, ont confirmé à RNL qu'une dizaine d'otages ont été libérés.

Face à la recrudescence de ces agressions et malgré l'annonce par la Minusca de la mise en place d'une coordination des forces internationales, aucune action militaire d'envergure contre la LRA n'est perceptible à ce jour. Les habitants des villages périphériques de la ville de Bangassou et ceux de la sous-préfecture de Bakouma traversent des moments difficiles.

Le FPRC arrête un commandant de la LRA

Entre temps, le Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) – une des branches de la Seleka - a annoncé avoir arrêté samedi dernier, l’un des principaux chefs de cette rébellion ougandaise. Cet élément de la LRA qui s’appellerait Sam, a été capturé au village Mbangana situé à 175 Kms de Sam-Ouandjia dans le nord-est de la Centrafrique.

Selon le colonel Mahamat Déa, le commandant Sam a été remis aux forces américaines basées dans l'est du pays. « Nous l'avons arrêté et maintenu…et il a été remis aux Américains ».

Le colonel Déa a souhaité que la Minusca et le gouvernement s'investissent pour la sécurisation de la population de cette région. « Nous demandons aux Nations-Unies de nous appuyer dans la sécurisation de la population. En ce moment, les villages sont vides ».

En  janvier 2015, Dominic Ongwen, un des principaux leaders de la LRA a été arrêté par des ex-combattants Séléka toujours dans le nord-est de la Centrafrique. Son procès ouvert le 21 janvier dernier se poursuit devant la CPI à la Haye. Le chef de fil de cette rébellion ougandaise, Joseph Kony, recherché également par la CPI, est toujours dans la nature.

Attaque de la LRA près de Bangassou : des personnes prises en otage L'Armée de Résistance du Seigneur du chef de guerre Joseph Kony, a encore frappé à 45 Kms de Bangassou sur la route de Gambo. D'après les informations en notre possession, plus d'une vingtaine de personnes ont été prises en otage, des biens et des greniers systématiquement pillés par les ravisseurs.

L'attaque s'est produite dans la nuit de mardi à mercredi au village Mabo. Les assaillants ont retenu les otages, qui leur servent de moyens de transport des butins.

Cette nouvelle attaque a semé la psychose au sein de la population du village Mabo et ses environs. Les populations se sont réfugiées en brousse. Toutes les activités sont paralysées. La terreur créée par cette énième incursion a rendu les conditions de vie difficile. De nombreux habitants de la ville de Bangassou, proche du village Mabo, s'inquiètent pour leur sécurité face à l'agressivité de ces rebelles ougandais.

Plainte et inquiétude se mélangent. La question de fond est toujours la même : comment faire pour éradiquer cette force négative qui opère en toute quiétude depuis 2008 dans le Mbomou et le Haut Mbomou ?

Abus perpétrés par la LRA

Fin septembre 2009, deux employés centrafricains de l'ONG italienne Cooperazione internationale (Coopi) sont tués dans une attaque de la Lord's Resistance Army (LRA) entre Mboki et Obo dans le sud-est de la république Centrafricaine.

En octobre 2010, les exactions de la LRA touchent la région de Birao dans le nord-est de la Centrafrique. Le chaos laisse craindre l'enracinement de la LRA au sud du pays.

Le 14 octobre 2011, le Président américain Barack Obama a annoncé l'envoi d'une centaine de conseillers militaires en Ouganda, en République démocratique du Congo, en Centrafrique et au Soudan du Sud pour combattre la LRA. Le but était de capturer le chef de l’organisation, Joseph Kony. Sans succès.

Le 20 mai 2013, le secrétaire général des Nations-unies Ban Ki-moon a présenté un rapport faisant état des exactions commises par la rébellion ougandaise. Selon ce rapport, la LRA a tué plus de 100.000 personnes en Afrique centrale les 25e dernières années. Le document estime également que cette force a perpétré l'enlèvement de 60.000 à 100.000 enfants et le déplacement de 2,5 millions de personnes.

De son côté, l'Union africaine a décidé le 24 mars 2012, de déployer contre la LRA, une force multinationale de 5000 hommes. Cette force est composée de soldats ougandais, sud-soudanais, congolais et centrafricains. Elle est basée à Yambio, une localité du Soudan du Sud proche de la frontière avec la République démocratique du Congo.

Aujourd'hui, le chef de fil de la LRA Joseph Kony, continue de défier les autorités centrafricaines, les Nations-unies, l’Union africaine et les Etats-Unis qui ont placé la LRA sur la liste des organisations terroristes.

Le Conseil de sécurité des Nations-unies reconduit pour un an l'embargo sur les armes Les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations-unies ont adopté à l'unanimité ce 27 janvier 2016, le prolongement de l'embargo sur les armes à destination de la RCA à travers la résolution 2262 et ce, pour une durée d'un an. Le mandat du groupe d'experts de l'ONU en charge du contrôle de l'applicabilité des sanctions est aussi prolongé jusqu'au 28 février 2017.

Outre l'embargo sur les armes, le Conseil de sécurité de l'ONU a également maintenu le gel des avoirs et l'interdiction de voyager imposés depuis quelques temps à certaines personnalités centrafricaines au rang desquelles, l’ancien président François Bozizé et Noureddine Adam, l'un des chefs de file de l'ex rébellion Seleka. La résolution du Conseil souligne que « les personnes qui facilitent délibérément le voyage d'une personne sanctionnée peuvent aussi tomber sous le coup des sanctions de l'ONU ».

La résolution 2262 invite par ailleurs les autorités de la transition en République Centrafricaine « à organiser des législatives et un second tour de la présidentielle libres, équitables, transparents et sans exclusive afin de mettre fin à la transition d'ici au 31 mars, conformément au calendrier prévu ». Une prise de position qui tranche avec celle du Conseil national de la transition et de la Cour constitutionnelle qui estiment que « le couplage des élections présidentielle du second tour ainsi que le premier tour des législatives est incompatible ».

Dans le sillage des responsables de la transition, cette nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU s'intéresse déjà à l'avenir proche de la République Centrafricaine invitant les nouvelles autorités qui seront élues « à poursuivre les grands chantiers déjà définis, comme la restauration de l'autorité de l'Etat, la lutte contre l'impunité ou le désarmement » ou encore « les allégations d'abus sexuels imputées à des soldats de la paix ».

Si la résolution 2262 devra tout de même accompagner les futures autorités centrafricaines, le Conseil invite expressément les pays de la région « à coopérer pour enquêter sur les groupes armés ou réseaux impliqués dans le trafic des ressources naturelles, notamment or, diamant et espèces sauvages ». A propos des pierres précieuses de la République Centrafricaine, le pays est néanmoins autorisé « à reprendre ses exportations de diamants bruts » non seulement « sous le strict contrôle du Processus de Kimberley », mais aussi et surtout, avec la « vigilance des centres diamantaires et des Etats de la région » invités par le Conseil de sécurité à « redoubler de vigilance  pour éviter la contrebande».

L'année passée, le processus de Kimberley avait déjà autorisé la vente par la République Centrafricaine « des pierres précieuses provenant des  régions du Sud-Ouest du pays ».

 

 

 


La LRA attaque à Bakouma : deux civils kidnappés et une religieuse torturée La situation sécuritaire dans le Mbomou reste très précaire. Jeudi dans l'après-midi aux environs de 16 heures, l'église catholique Saint André de la ville de Bakouma a été investie par les éléments de la LRA de Joseph Kony.

Selon les informations recueillies auprès du clergé de la cathédrale Saint Pierre Claver de Bangassou, une religieuse a été torturée. Deux civils, selon certaines sources, ont aussi été pris en otage par ces hommes armés. Les agresseurs ont emporté une importante somme d'argent.  La population prise de panique et ignorant tout de l'intention de ces assaillants s'est réfugiée en brousse. Conséquence : toutes les activités économiques sont paralysées dans la localité.

Tôt mercredi matin, ces éléments armés avaient frappé à Zémio dans le Haut Mbomou. Ces rebelles ont pris pour cible les villages Tamboura 1 et 2  proche de la ville Zémio sur l'axe Mboki. Au cours de cette double attaque, le poste de santé du village a été saccagé et la radio Haute Fréquence de l'ONG Catholic Relief Services (CRS) installé au village Tamboura 2 a été volé. Sur le plan humain, six jeunes gens dont quatre filles et deux hommes sont retenus en otages.

Cette énième attaque est intervenue une semaine après celle des villages périphériques de la ville de Bria, chef lieu de la Haute Kotto où quatre civils ont été tués et des personnes prises en otage. Depuis la résurgence de la LRA dans ces localités, la psychose s'est généralisée au sein de la population.

Ouverture de la première phase du procès de Dominic Ongwen

Alors que la LRA multiplie les attaques contre les civils en Centrafrique, la première étape du procès de Dominic Ongwen, « le fer de lance » de cette rébellion a débuté hier jeudi 21 janvier à La Haye au Pays Bas avec l'audience de confirmation des charges, une étape qui va durer durer six jours.

70 chefs d'accusations de crime de guerre et crimes contre l'humanité pèsent contre cet ancien chef de guerre ougandais, surnommé la « Fourmi Blanche » arrêté en janvier 2015 en République Centrafricaine. La LRA de Joseph Kony continue de mener des attaques contre les populations civiles dans l'est du pays. La Cour pénal internationale (CPI) doit trancher si les charges sont suffisantes pour que Dominic Ongwen puisse être jugé.

Le procès de ce chef rebelle sera particulièrement suivi dans le nord de l’Ouganda où la rébellion a été très active, mais également en Centrafrique où elle a fait de nombreuses victimes depuis 2008.

Dominic Ongwen, ex-enfant soldat, est accusé d'esclavage sexuel, meurtre et enrôlement d'enfants-sodats. La Cour n'a pas dévoilée dix de ces chef d'accusations « par mesure de sécurité », en croire le juge Cuno Tarfusser.

Selon une statistique de l'ONU, la LRA a déjà tué plus de 100.000 personnes et enlevé plus de 60.000 enfants. Le nord de l'Ouganda, puis au gré de son exil, les pays voisins dont le République Centrafricaine ont été particulièrement touchés. Si la « Fourmi Blanche », l'un des téméraires de la LRA est arrêté, le chef de fil, Joseph Kony, est toujours dans la nature.

La Minusca assurée à lutter contre les groupes armés

La Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation en Centrafrique, Minusca se dit déterminée à neutraliser les groupes armés qui sèment la désolation et inquiètent la population. Une prise de position réitérée au cours de la conférence de presse hebdomadaire de l'institution.

La Minusca s'est également engagée à combattre les rebelles de l'Armée de résistance du seigneur, LRA de Joseph Kony, actifs depuis 2008 dans l'est de la République Centrafricaine.

« Sur ce qu'on appelle des éléments de la LRA, la Minusca est partout sur le territoire de la Centrafrique. Elle fera tout pour protéger la population contre toutes sortes d'éléments dangereux qui veulent perturber. Nous sommes là avec nos partenaires et nous assurerons cette protection. Nous  suivons par ce que nous sommes mandatés pour protéger la population », a précisé Vladimir Monteiro, porte-parole de la Minusca.

Nouvelle attaque des rebelles de la LRA à Zémio : des personnes prises en otage Dix personnes ont été enlevées avant d'être relaxées quelques kilomètres après par les éléments de la LRA, l'Armée de résistance du seigneur du chef rebelle ougandais, Joseph Kony, le mardi 19 janvier 2016. Mais quatre jeunes filles et deux jeunes hommes sont toujours retenus en otage.

Ces hommes armés ont investi, dès les premières heures de la matinée, le village Tamboura2 situé à 20 Km de la ville Zémio sur l'axe Mboki. Ils ont détruit le poste de santé et emporté une radio haute fréquence installée par l'ONG Catholic Relief Services (CRS). Cet appareil radiophonique a pour rôle d'alerter précocement la hiérarchie supérieure en vue des décisions conséquentes à prendre.

L'Abbé Clotaire Vikoma était dans le village Tamboura1 au moment de l'attaque du village voisin. « J'étais en tournée pastorale et j'ai passé la nuit dans le village Tamboura1. Hier matin, ils ont attaqué le village de très bonne heure, à 5 heures. J'ai entendu des coups de feu. Ils sont sortis à Tamboura2 et la nouvelle est arrivée à Tamboura1. Des précautions ont été prises. J'étais à l'église avec toute une équipe pastorale. Mais puisqu'ils descendaient sur Tamboura1, certaines personnes qui étaient avec nous sont partis en brousse faute de ne pas atteindre la voiture. J'ai pris le véhicule pour fuir en direction de Obo », a expliqué le prêtre.

Toujours selon l'Abbé, « Ils sont arrivés à Tamboura1 et ont saccagé les maisons. Ils ont pris quatre filles en otage et capturé une dizaine de personnes qui ont transporté les bagages avant d'être relâches après kilomètres ».

Après les villages proches de la ville de Bria, chef lieu de la Haute Kotto, ils viennent de frapper dans la localité de Zémio sur l'axe Mboki.

Pour l'instant les villages Tamboura1 et 2 sont sécurisés par des éléments de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation de la Centrafrique, Minusca.

La LRA fait encore des blessés aux environs de Bria Les éléments de l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony ont une nouvelle fois blessé quatre civils et pris des personnes en otage dans les villages environnants la ville de Bria, dans la préfecture de la Haute-Kotto (est de la République Centrafricaine). Selon certaines sources locales, ces hommes armés se trouvent dans la région depuis plus de deux semaines.

« Dans les zones périphériques de Bria, axe Nzacko à 70 Km de la ville, les éléments de LRA ont attaqué la population. Quatre civils ont été blessés dans les localités de Nzacko et Popo jusqu'à 30 Km de Bria. Ils terrorisent sur l'axe Ouadda jusqu'au chantier diamantifère Boungou à 25 Km de Ouadda-Maïkaga et même sur l'axe Sam-Ouandja. La population souffre. Ils utilisent des personnes pour transporter les bagages », a précisé le comzone des ex-Séléka de Bria, Zacharia Adoum joint au téléphone depuis sa base.

Les ex-combattants Séléka s'organisent en vue d'une contre offensive à en croire le comzone.

« Ils se trouvent dans les villages occupés, nous ne savons pas ce qui va se passer. Des ex-combattants sont allés vérifier aussi nous sommes décidés à les poursuivre », a indiqué Zacharia Adoum.

Selon les sources interrogées par Radio Ndeke Luka, le mode opératoire de la LRA consiste à attaquer village par village, à piller systématiquement les villageois et à prendre des personnes en otage. La réussite de ce mode opératoire s'explique par l'absence des forces régulières, les Forces armées centrafricaines (FACA) dans ces localités.

Bien que l'information court depuis deux semaines, les autorités de la transition n'ont pas encore réagi.

Une situation similaire est signalée ce lundi dans le nord-est de la République Centrafricaine. Des hommes assimilés à des Peuhls armés ont attaqué le village Garo situé à 16 Km de Batangafo sur l'axe Bouca. Le bilan fait état d'au moins une personne tuée, une autre blessée et le village déserté de sa population à en croire certaines sources locales jointes au téléphone depuis Batangafo.




Nouvelles violences à Bangui Une partie des 4e et 5e arrondissements de Bangui a été le théâtre ce jeudi 10 novembre d'une nouvelle montée de tension. Des individus non identifiés ont érigé des barricades sur les avenues de l'Indépendance et Koudoukou. Ils ont été délogés par les forces de sécurité. Des cas de blessés par balle sont signalés même si on ne dispose pas encore de bilan exact.

Certaines sources indiquent que ce sont des individus présentés comme sympathisants des candidats François Bozizé et Patrice Edouard Ngaïssona recalés à la présidentielle de 2015, qui auraient érigé des barricades sur une partie des avenues de l’Indépendance et Koudoukou.

Les mécontents exprimaient ainsi leur ras-le-bol contre la décision de la Cour Constitutionnelle de Transition, invalidant les dossiers de leurs candidats préférés à la présidentielle.

D'autres sources parlent de l'arrestation d'un leader de la milice Antibalaka par des éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA), ce qui aurait dégénéré en échanges de tirs entre miliciens Antibalaka et FACA.

Ce leader Antibalaka serait à l'origine des barricades érigées depuis mardi dans une partie des 4e et 5e arrondissements. L’intervention des forces de sécurité intérieure appuyée par les forces internationales a permis de dégager les barricades et rétablir la circulation.

Prise d'otages dans la préfecture de la Kémo Au moins 30 personnes ont été prises en otage mercredi 2 novembre par des ex-combattants Séléka dans trois villages à savoir : Mbimbi, Bédamou et Ngoro dans la sous préfecture de Dékoa dans la Kémo. Trois d'entre eux ont réussi à s'échapper des mains de leurs ravisseurs et trois autres libérés par les bourreaux.

L'information a été donnée deux jours plus tard par le sous-préfet de Dékoa, Yves Guy Mbétigaza qui déplore cette situation. « Un groupe armé se réclamant de l'ex-Séléka est venu de Kaga Bandoro, ils sont passés de maison en maison pour prendre tous les produits agricoles de cette population. Ils ont pris 30 personnes en otage et celles-ci devaient transporter leurs butins à destination de Kaga Bandoro. Trois ont réussi à s'évader. Ils ont du libérer trois femmes. A l'heure actuelle, ils ont encore 26 personnes entre leurs mains et ils sont lourdement armés », a-t-il précisé. 

Yves Guy Mbétigaza appelle aussi bien les autorités de la transition que la communauté internationale à tout mettre en œuvre pour obtenir la libération des otages. « Si j'ai un message à lancer à l'endroit des autorités du pays, c'est de jeter un regard sur la sous préfecture de Dékoa. Aux organisations non gouvernementales, de voler au secours de la population de Dékoa, abandonnée à elle-même », a ajouté le sous-préfet qui mentionne que dans les trois villages visités, les habitants sont dans la brousse.

Pendant ce temps, l'archevêque Nzapalainga va à la rencontre des autres

L’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga a fait une descente vendredi matin dans le 3e arrondissement. Cette descente, placée sous le signe de la paix et de la réconciliation entre les centrafricains, vise à ramener la cohésion sociale entre les communautés.

« Le Pape François est venu dans notre pays, cela a été une grande libération, nos communautés se sont réveillées. Il nous a annoncé un message de paix. Il demande à nous Centrafricains d'aller à la rencontre de l'autre. Voilà pourquoi sans hésiter, j'ai décidé de venir rencontre les frères et voir comment ensemble nous allons chercher les voies et moyens pour que la paix revienne dans notre cœur », a expliqué l'archevêque de Bangui pour justifier son action.

Accompagné du Curé de la paroisse Sainte Trinité des Castors, Mgr Nzapalainga a emprunté la ruelle de Yakité considérée comme le couloir de la mort entre le camp des Castors et le PK5. Lors de cette visite, il s'est entretenu avec les jeunes, les hommes et les femmes habitants dans cette localité.

Les Centrafricains se sont montrés émus et se disent disposés à faire la paix et à vivre ensemble comme par le passé à l'issue de la visite. « Les deux communautés vivaient ensemble. Nous voulons que cette cohabitation revienne. S'ils viennent vers nous, c'est une marque de réconciliation et je suis prêt pour me réconcilier avec mes frères. J'exhorte aussi les autres à se réconcilier avec leurs frères. Je suis contente que l'archevêque fasse ce geste de paix en amenant les musulmans à se réconcilier avec les chrétiens », ont expliqué des Centrafricains interrogés au cours de la descente du prélat.

Mgr Dieurdonné Nzapalainga a bouclé sa visite à la mosquée Attique au PK5. Il a été reçu par l'imam de cette mosquée, Aliyou Housseni. Très content de cette visite surprise, l'imam s'est engagé à œuvrer pour le retour de la paix.

« Nous allons sensibiliser nos frères, nos enfants parce que nous voulons la paix. La paix, c'est ce à quoi tout le monde aspire. Nous demandons à Dieu de donner la paix définitive à la Centrafrique »

Le retour à la normale en République Centrafricaine reste une préoccupation de tous les Centrafricains.

La question de la sécurité en RCA sur la table de discussion La restauration de la sécurité en République Centrafricaine est depuis ce jeudi matin au centre d'une table ronde de quatre jours au siège de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEMAC) à Bangui. Les travaux regroupent une centaine de participants parmi lesquels des leaders des groupes armés, des officiers issus des rangs des forces nationales et internationales.

A l'ouverture des travaux, le ministre d’État en charge de l’Energie et de l’Hydraulique, représentant le gouvernement, Aristide Sokambi, a indiqué que cette table ronde s'inscrit dans le cadre des préparatifs du processus Désarmement-Démobilisation-Réinsertion et Rapatriement (DDRR) des ex-combattants (ex- Séléka et Antibalaka), recommandé lors du forum de Bangui, tenu du 4 au 11 mai dernier.

« Nous avons multiplié des rencontres pour ramener la sécurité dans le pays. Mais cette table ronde concerne les groupes armés, ceux qui ont commis des exactions. Lors des précédentes rencontres, nous avons projeté de les réunir afin de réfléchir sur les voies et moyens pour sortir notre pays de cette situation », a fait savoir Aristide Sokambi. « Il leur appartient de nous dire comment sortir le pays de ce danger puisque nombreux d'entre eux ont facilité la descente aux enfers », a ajouté le membre du gouvernement.

Cette table ronde revêt une double signification d'après le ministre Sokambi : « Cela nous permettra de voir le processus DDRR et RSS (la Réforme du secteur de sécurité) ».  
 
Le Représentant spécial de Ban Ki-moon en Centrafrique, chef de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation de la Centrafrique (Minusca), Parfait Onanga Anyanga, précise que le moment est arrivé pour les Centrafricains de trouver eux-mêmes des solutions à la crise qui secoue le pays.

« Ces discussions vont permettre aux populations centrafricaines d'avoir un meilleur contrôle démocratique des forces de sécurité intérieure. Ce qui s'est passé malheureusement dans le passé, pas seulement en Centrafrique mais dans beaucoup de pays africain, c'est que nous avons des forces de sécurité qui évoluaient complètement déconnectées de la population, de la société et qui de temps en temps se retrouvaient à commettre des exactions qui affectaient profondément la vie sociale et la sécurité des populations civiles », a expliqué Parfait Onanga Anyanga.

« Aujourd'hui, cela doit prendre fin. Il faut également garder à l'esprit que ce qui se fait sur le plan de la démocratisation du pays est intimement lié à l'effort de réforme du secteur de la sécurité. Tout ceci doit se comprendre dans le cadre des efforts en vue du désarmement », a indiqué l'onusien.

Des thèmes portant sur la sécurité notamment dans un contexte de la reconstruction et la réconciliation nationale vont être abordés durant cette table ronde organisée par le gouvernement en partenariat avec la Minusca. Les travaux vont prendre fin le 6 décembre prochain.

Entre temps la population de Kaga-Bandoro est prise en otage

Les populations de Kaga-Bandoro dans le nord du pays sont toujours prises en otage  par les hommes armés. Les habitants de la ville, ayant requis l'anonymat, regrettent que l'autorité de l’État soit défiée par les hommes armés. Ces derniers refoulent tous les fonctionnaires de l’État redéployés dans la ville à l'exception du personnels de la Santé et de l'Education. Ces groupes armés se disent séparatistes de la République du Logone.

Toujours selon nos sources le processus électoral est menacé dans la région. Le déchirement des listes électorales dans certains quartiers en est l'illustration. Selon la population, la ville de Kaga-Bandoro est transformée en site de formation militaires.

« Le général Nourredine Adam s'est opposé à la décision gouvernementale. Il a accepté dans la localité deux départements, santé et éducation. Les listes électorales affichées ont été déchirées danbs les quartiers Camp Fleur, Socada, Abakar, Ganama et Adam. La ville est transformée en camp de formation militaire », précise un habitant de la ville.

Joint au téléphone depuis Kaga Bandoro, le général Nourredine Adam, commandant les combattants de l'ex-Séléka, confirme les informations et déclare qu'il n'y aura pas d'élections à Kaga-Bandoro.

« Nous sommes tous, fils de ce pays. Si un problème nous oppose, nous avons intérêt à dialoguer afin de faire avancer le pays. S'il faut se fier à des personnalités pour des intérêts égoïstes et abandonner le peuple dans la souffrance, nous ne l'acceptons pas. Nous acceptons les médecins et les enseignants, même s'il faut les aider à rejoindre Birao, nous le ferons. De Sibut à Birao, de Sibut à Sido, il n'y a pas d'hôpitaux, il n'y a pas d'écoles, ni de routes. C'est ce qui nous a poussé à prendre les armes. Si on nous envoie des médecins et des enseignants pour soigner et instruire nos familles, ils sont les bienvenues. Mais d'autres fonctionnaires, nous ne les acceptons pas. Le processus électoral dans le contexte actuel n'est pas possible ».

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