Trois personnes ont été tuées ce mercredi vers 4h du matin au quartier Damala dans l’Ombella M’Poko. Les habitants du quartier attribuent l’acte à un groupe d’hommes assimilés aux Antibalaka. Une histoire de vol d’un bœuf serait à l’origine de ces tueries.

L’un des témoins oculaires, Hippolyte Yazigba, cousin aux trois victimes, explique à RNL les circonstances qui ont occasionné ces pertes en vie humaines.

« A 4h du matin, quatre Antibalaka tous armés, basés à l’OCRB de Damala à bord d’une voiture ont tué le bœuf  et l’ont emporté. Avec mes cousins, nous les avons suivis et retrouvés avec les carcasses dans la voiture. Ils nous ont demandé de nous rendre chez le chef de groupe pour trancher l’affaire. Chemin  faisant, l’un d’entre eux s’est retiré du groupe et a tiré sur mes trois cousins, tous d’une même famille. Ceux-ci sont décédés sur le champ », a indiqué ce témoin.

Il a poursuivi pour dire que le véhicule ayant servi au déplacement des malfrats et au transport du bœuf est toujours bloqué par les habitants.

Le Conseil de sécurité décide de créer une mission de maintien de la paix Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté, jeudi10 avril 2014, une résolution créant une mission de maintien de la paix en République Centrafricaine, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en RCA (MINUSCA). Cette mission sera composée de 12.000 casques bleus.

Selon la résolution, « à compter du 15 septembre 2014, la MINUSCA comprendra initialement un effectif militaire de 10.000 hommes, dont 240 observateurs militaires et 200 officiers d'état-major, et un effectif de police de 1.800 hommes, dont 1.400 membres d'unités de police constituées, 400 policiers et 20 agents pénitentiaires ».

Le Conseil de sécurité a décidé de créer cette opération de maintien de la paix car il se dit vivement préoccupé par l’état de sécurité en République Centrafricaine, mais aussi par les multiples violations des droits de l’homme et la situation humanitaire catastrophique.

Actuellement, des soldats de la paix de la Mission de l’Union africaine MISCA et des soldats de l’opération française Sangaris sont déployés en République centrafricaine. « Le transfert de responsabilités de la MISCA à la MINUSCA s’effectuera le 15 septembre 2014 », précise la résolution.

Le Conseil de sécurité s’est félicité que, d’ici le déploiement de la MINUSCA, les effectifs militaires actuellement sur le terrain seront renforcés grâce au déploiement d’effectifs supplémentaires annoncé en février par la France, le déploiement de personnels de police supplémentaires décidé en mars par l’Union africaine et la décision prise par l’Union européenne le 1er avril de lancer l’opération EUFOR RCA.

Les membres du Conseil de sécurité ont décidé que le mandat de la MINUSCA sera axé prioritairement sur les tâches suivantes : protection des civils ; appui à la mise en œuvre de la transition ; facilitation de l’acheminement de l’aide humanitaire ; protection du personnel et des biens des Nations Unies ; promotion et protection des droits de l’homme ; action en faveur de la justice nationale et internationale et de l’état de droit ; désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement des ex-combattants.

Dans sa résolution, le Conseil exige également de « toutes les milices et de tous les groupes armés qu’ils déposent les armes ». Il demande instamment aux autorités de transition « d’accélérer les préparatifs en vue de l’organisation d’élections présidentielle et législatives libres, régulières, transparentes et ouvertes à tous au plus tard en février 2015 ».

Le Conseil de sécurité engage enfin les Etats membres et les organisations internationales et régionales à fournir rapidement un appui concret aux autorités de transition, « notamment à verser des contributions pour le paiement des salaires ».

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a salué jeudi l’adoption de cette résolution. Il a souhaité que cette décision importante permette « des avancées immédiates, concrètes et durables dont le peuple centrafricain a besoin et qu'il mérite », a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse.

« Le Secrétaire général lance à nouveau un appel à l’arrêt immédiat des assassinats, des attaques ciblées et des autres violations atroces des droits de l'homme qui se poursuivent dans un contexte d'impunité totale », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général a aussi salué les efforts inlassables déployés par la MISCA. « Les Nations Unies travailleront en étroite collaboration avec la MISCA aux fins d’assurer une transition harmonieuse vers l’opération de maintien de la paix des Nations Unies. Le Secrétaire général réitère son appel urgent aux partenaires pour qu'ils intensifient leur soutien à la MISCA jusqu’à ce que la MINUSCA devienne pleinement opérationnelle », a encore dit son porte-parole.

L’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power, appelle les musulmans et non musulmans à l’unité. Elle est arrivée mercredi à Bangui pour toucher du doigt la réalité de la situation sécuritaire dans le pays. Au cours de sa mission de quelques heures, Samantha Power a échangé avec la  présidente de transition, Catherine Samba-Panza, sur les actions concrètes à mener pour le retour de la paix en Centrafrique.

« Nous voulons continuer à soutenir la présidente Samba-Panza, la force de l’Union africaine et l’opération française Sangaris. Surtout, nous reconnaissons que les communautés musulmane et chrétienne par le passé vivaient ensemble dans l’harmonie. Nous voulons que cela reprenne. Si le peuple a véritablement la volonté de vivre ensemble en harmonie, il pourra le faire », a-t-elle dit.

La crise qui frappe la Centrafrique est un des points qui préoccupe à ce jour le président américain, a fait savoir Samantha Power. « Le président Obama suit de prêt chaque jour la situation en RCA. Il m’a envoyée en tant que membre de son gouvernement afin de comprendre la situation sécuritaire et humanitaire, et ce que nous pouvons faire en plus pour vous aider », a précisé la diplomate américaine.

La délégation onusienne s’est aussi entretenue avec les organisations de la société civile et de défenses des droits de l’homme.

La visite de Samantha Power lui a permis de renforcer les capacités logistiques et matérielles de la force africaine, MISCA à travers un appui de l’Etat américain. La MISCA a donc bénéficié mercredi de 37 véhicules, 500 gilets pare-balles et 500 casques offerts par les Etats Unis d’Amérique.

La remise a été faite par l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Samantha Power à la base militaire M’Poko. Selon Mme Power, 200 autres véhicules sont en route à destination de Bangui. Pour la diplomate américaine, bien que les Nations Unies soient sur le point de déployer une mission de maintien de la paix en Centrafrique, la MISCA a besoin d’aide.

« Nous savons que vous avez besoin de l’aide et nous sommes à Bangui afin de recenser d’autres besoins. En même que nous établissions la fondation pour une nouvelle mission de maintien de la paix, les Etats-Unis vont vous soutenir de façon très forte dans la mission première qui est de mettre votre vie en danger au bénéfice du peuple centrafricain », a déclaré la diplomate américaine.

Le commandement en chef de la MISCA, le général Jean Marie Michel Mokoko se dit réconforté par les mots d’encouragement de l’ambassadrice américaine.

« Vous avez touché du doigt l’un des problèmes sur lesquels nous travaillons à savoir le moral de la troupe. Dans une crise complexe rendue encore plus complexe par les incompréhensions que nous rencontrons de la part d’une partie de la population, ce genre de mots que vous avez prononcés à l’endroit de la MISCA, servira à renforcer notre détermination à accomplir avec succès la mission qui nous a été confiée malgré les difficultés », a déclaré le général Mokoko.

Trois personnes ont été retrouvées mortes lundi Batangafo dans la préfecture de l’Ouham au nord de la Centrafrique. Les habitants accusent les combattants de l’ex-Séléka d’être à l’origine de ce meurtre, prétextant que les victimes appartiennent au groupe des Antibalaka. Ces tueries ont poussé la population à fuir la ville.

« Les pêcheurs ont retrouvé trois corps au niveau de la falaise derrière l’ancienne gendarmerie de Batangafo. Parmi ces corps, un jeune très connu dans la ville, arrêté par les ex-Séléka alors qu’il se rendait au quartier Lakouanga pour réparer sa moto. Les parents ne peuvent pas accéder aux corps. Le périmètre est sous surveillance Séléka. Des gens sont toujours détenus à la police et à la gendarmerie, et sont exécutés de manière sommaire », explique un habitant de la localité sous couvert de l’anonymat.

Nana-Gribizi : le village Ngrévaï assiégé par des hommes en arme Les éleveurs peulhs armés, appelés Mbororo, sement la terreur dans la commune de Nana-Outa dans la Nana-Gribizi au centre de la Centrafrique. Ils sévissent à Ngrévaï sur l’axe Kota-Ngombé. « Ces hommes armés ont investi la commune le samedi dernier. Ils tuent, pillent et violent sur leur passage », ont rapporté mercredi à RNL les habitants.

« Armés de Kalachnikov, ces hommes ont fait irruption au village Kota Ngombé où ils ont tiré sur la population civile », poursuit la même source. Prise de peur, les habitants ont fui par la brousse pour arriver à Kaga Bandoro. « Tous les villages, se situant sur l’axe Kota Ngombé, sont systématiquement pillés et incendiés. Des villageois sont blessés dont certains admis à l’hôpital de Kaga Bandoro », déplorent les habitants joints par RNL.

Les témoignages des victimes sont accablants. Une femme raconte qu’elle a été ligotée avant d’être frappée par ses bourreaux armés. Une autre indique être violée par deux des hommes en présence de ses beaux parents. Un père de famille affirme que ces quatre enfants âgés entre 3 et 10 ans sont exécutés après avoir été retenus en otage.

La sécurité des déplacés et la situation humanitaire sont préoccupantes.

Bientôt la saison des pluies, mais la population est privée de ses travaux champêtres.

Les ex-Séléka demandent l’arrêt des hostilités et optent pour la paix et la cohésion sociale. Neuf généraux de cette ancienne coalition, par le biais de leur porte parole, Abakar Moustapha, ont fait une déclaration mardi matin au camp Général Béal à Bangui.

Selon ces officiers généraux, l’heure n’est plus aux conflits mais à la réconciliation nationale, au rétablissement de la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national.

Dans leur déclaration, les généraux de l’ex-Séléka décident de ne plus répondre aux attaques dont ils font l’objet au quotidien. Cette volonté, selon eux,  permet de préserver la paix et la cohésion sociale dans le pays.

Ils se disent disposés pour le DDR (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion). 

« Notre volonté irréversible de préserver la paix, est notre acceptation du cantonnement de tous nos éléments à Bangui et en province, la poursuite du désarmement de nos hommes sur toute l’étendue du territoire national. Nous en appelons aux forces internationales de poursuivre le travail déjà entamé. Nous leur demandons de faire accélérer le processus du DDR sur toute l’étendue du territoire en vue de rassurer la population qui souhaite vivre dans un environnement sûr sans présence ni crépitement des armes », a déclaré Abakar Moustapha.

Par ailleurs, ces ex-combattants demandent aux Centrafricains de bannir l’esprit de violence et de division, ce qui éviterait l’effusion du sang dans le pays.

« La RCA est un patrimoine commun, cher à tous. Les Centrafricains, dont beaucoup ont payé son édification de leur vie, attendent que son unité soit préservée. C’est pourquoi, nous réaffirmons haut et fort que la RCA est un et demeurera un et indivisible », a-t-il ajouté.

Depuis la démission de Michel Djotodia le 10 janvier 2014, c’est la première fois que des gradés de l’ex-coalition Séléka prennent de telles décisions.

Vive tension à Dékoa, 30 personnes tuées Selon des sources présentes dans la ville, des tirs d’armes ont été entendus ce mardi entre 5 heures et 9 heures du matin. Un affrontement a opposé des Antibalaka aux éléments de l’ex-Séléka.
 
La même source explique qu’ « au moins trente personnes sont tuées et plusieurs autres blessées » et que « la plupart des personnes tuées sont des civiles assimilés à tort à des Antibalaka ». Des dégâts matériels considérables ont également été enregistrés.
 
Les éléments de l’ex-Séléka, basés à Dékoa, ont reçu un renfort lourdement armé venu de Kaga Bandoro. Ces hommes armés, qui n’ont pas fait de distinction entre les jeunes de la ville, ont même « tué un volontaire de la Croix rouge locale qui voulait leur fournir des explications sur sa situation d’humanitaire », a indiqué à RNL une des personnes refugiées.

Un autre habitant de la ville a fait savoir que les exactions se sont automatiquement amplifiées avec « des pillages, braquages et menaces de mort perpétrés par les éléments de l’ex-coalition Séléka ».

Contrainte par les violences, la population a été obligée de se réfugier en brousse. Au moins 700 personnes ont trouvé refuge dans l’enceinte de l’église Sainte Anne de Dékoa. La population demande aux autorités de la transition de déployer des soldats de la Mission Africaine, MISCA, ou de la force française Sangaris dans la ville pour leur sécurité. Elle réclame aussi le retour de la paix pour leur permettre de vaquer à ses activités champêtres.

Les militaires tchadiens de la Mission africaine, MISCA, en fin de mission en Centrafrique et de retour au Tchad, se sont regroupés depuis le 4 avril dernier à Bossangoa. Une présence qui traumatise la population locale.

Selon des sources concordantes, ces hommes armés ont investi les différents lieux notamment l’IBMC, la région sanitaire et l’Hôtel de tourisme situé à coté de la rivière Ouham.

La présence massive de ces hommes en treillis a scandalisé la population de la ville. Pour des raisons de sécurité, le marché central de Bossangoa a été déporté depuis trois jours à l’évêché.

La même source a affirmé que dans la nuit de dimanche à lundi, ces soldats venus de Bangui ont quitté la ville. Par peur d’une éventuelle attaque, la population musulmane basée à l’école Liberté a demandé à la MISCA tchadienne de la transférer au village Goré ou encore au Tchad.

Des militaires tchadiens ont tué 30 civils et en ont blessé plus de 300 autres lors d’une attaque aveugle sur un marché de Bangui le 29 mars dernier. Exposant les premières conclusions d’une enquête fondée sur des témoignages de survivants, Rupert Colville, porte-parole du Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a déclaré que les soldats de l’armée tchadienne ont tiré sur la foule sans avoir été provoqués au préalable.

Selon les informations recueillies par les enquêteurs de l’ONU « il semble que l’action des forces tchadiennes a été totalement disproportionnée, puisqu’elles ont tiré sur un marché bondé de civils non armés ». Pour les services de la Chef des droits de l'homme de l'ONU Navi Pillay, ces soldats « ont sans raison ouvert le feu sur la population. Ils ont tiré de façon indiscriminée ».

L’attaque semble avoir pris fin avec l’arrivée de militaires congolais de la Misca, la mission de maintien de la paix de l’Union africaine.

Selon les premiers résultats de l'enquête, un convoi de véhicules de l’armée régulière tchadienne avait fait irruption sur ce marché de la capitale et avaient commencé à tirer dans toutes les directions. « Dès que le convoi de l’armée nationale tchadienne a atteint la zone de marché du Pk12, ils auraient ouvert le feu sur la population sans qu’il y ait eu de provocation », a déclaré à Genève Rupert Colville, en présentant aux médias les premiers résultats des enquêteurs des Nations unies sur l’incident. « Alors que les gens fuyaient dans la panique dans toutes les directions, les soldats ont continué à tirer de façon indiscriminée », a-t-il ajouté.

Selon les premiers résultats de l’enquête, au moins 30 personnes ont été tuées et 300 autres blessées dont des enfants, des handicapés, des femmes enceintes et des personnes âgées. Les enquêteurs de l’ONU se sont rendus sur les lieux, une zone de marché, ainsi que dans deux centres médicaux où ils ont parlé avec des blessés.

Le Haut-commissariat précise que les soldats tchadiens impliqués étaient des membres de « l’armée tchadienne » et non de la force africaine en Centrafrique (Misca).

Le contingent tchadien, avec environ 850 soldats est l’un des principaux fournisseurs de la Misca (6.000 hommes au total).

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