Bangui : un officier des douanes tué à son domicile par deux hommes armés Le lieutenant des douanes, Virgile Bango, a été tué dans la nuit de mardi à mercredi à son domicile au camp des Castors dans le 3ème arrondissement de Bangui par des hommes armés non identifiés. Le meurtre a eu lieu peu après minuit. 

Selon son épouse, les deux hommes armés ont défoncé la porte principale, puis celle de la chambre à coucher pendant que la victime regardait la télévision. « Ils étaient tous les deux bien armés, lorsqu'ils sont entrés dans la maison, ils ont demandé à mon mari de leur donner de l'argent. Celui-ci a répondu qu'il n'avait pas d'argent, car il venait de payer les frais de scolarité de ses enfants », a raconté l'épouse.

« Le pire s'est produit lorsque l'un d'entre eux a aperçu la tenue de service de mon mari. Voulant s'expliquer, il a été qualifié d'Antibalaka avant d'être abattu », a-t-elle ajouté.

Avant d'entrer chez le lieutenant, les deux hommes avaient pris de l'argent et quelques effets dans une famille voisine.

Gertrude Délaine Toumbitam, une des notables du quartier, estime que le camp des Castors n'est pas protégé. « Nous ne savons pas à qui nous confier. Il était entendu que les forces internationales devaient sécuriser les 3ème et 5ème arrondissements. Il faut qu'ils patrouillent la nuit et interviennent en cas d'appel ».

Dans ce même secteur, un jeune homme avait été tué il y a une semaine. Ces derniers temps, les agresseurs usent de leurs armes pour commettre leurs forfaits malgré la présence des casques bleus du contingent rwandais basé dans la zone.

C'est dans ces conditions que le commissariat de police du 5ème arrondissement a rouvert lundi après plusieurs mois d'inactivité. La cérémonie s'est déroulée en présence des autorités locales et nationales. Selon André Kouradoma, commissaire du 5ème arrondissement, cette réouverture marque un tournant décisif pour la libre circulation des personnes et des biens dans le secteur. « Nous allons commencer par l'éducation, la sensibilisation et le conseil pour ramener cette population à l'ordre et maintenir la sécurité », a-t-il indiqué.

« La hiérarchie va nous donner tout le matériel adéquat pour mener à bien le travail qui nous attend. La circulation sur l'avenue Koudoukou jusqu'au marché Km5 sera assurée par mes éléments pour garantir et permettre à la population de circuler librement », a-t-il ajouté.

La réouverture de ce commissariat avait été au centre d'une rencontre le 25 septembre dernier entre la population, les éléments de la force européenne, EUFOR-RCA et le ministère centrafricain de la Sécurité publique.

L'insécurité, il en est également question dans certaines provinces rurales. La ville de Bouca dans la préfecture de l'Ouham a été secouée mardi par des tirs à l'arme automatique. Selon des informations, tout serait parti d'un malentendu entre les éléments du chef Antibalaka Andilo et les soldats onusiens basés dans la ville. 

Les miliciens, armes au poing, auraient été empêchés par les Casques bleus de prendre part à une réunion de sécurité organisée à Bouca par la préfète de l'Ouham, Clotilde Namboy. Ainsi en colère, ces Antibalaka ont ouvert le feu, obligeant plusieurs personnes à prendre la clé des champs ou à se réfugier à la mission catholique.

« Lorsque Madame le préfet faisait son discours, Andilo est venu avec ses éléments bien armés. Les soldats de la Minusca qui assuraient la sécurité les ont empêchés d'entrer dans la salle arme à la main. Mécontents, ils ont commencé à tirer dans toutes les directions. Nous n'avons encore le bilan exact puisque nous sommes bloqués au niveau de l'évêché. Bangui a été saisi et les militaires français de l'opération Sangaris sont venus de Bouar pour nous protéger », a raconté un témoin joint au téléphone par RNL.
 
Il n'a pas été possible de joindre Andilo.

Bangui : un mort lors d'affrontements intercommunautaires le week-end Les 3ème et 6ème arrondissements de Bangui étaient en ébullition samedi et dimanche. Une personne a été tuée et plusieurs maisons incendiées lors de violents affrontements entre musulmans et non-musulmans.

Tout serait parti samedi en fin d'après - midi, selon des sources locales. Des hommes armés ont attaqué un établissement commercial au KM 5 dans le 3e arrondissement, donnant à des jeunes le prétexte de se livrer à des pillages dans les quartiers de Béa Rex, Kpétènè et Fatima.

Les tirs ont gagné en intensité dimanche, forçant plusieurs familles à quitter leurs habitations.

Le Premier ministre Mahamat Kamoun qui s'est rendu dimanche au KM 5, a assuré que les  responsables allaient être vite traduits en justice. « Le gouvernement ne saurait rester indifférent, il a décidé avec le concours des forces internationales d'intensifier les actions visant à traquer, arrêter et traduire en justice tous les fauteurs de trouble et auteurs présumés de crimes et de délits de quelque bord que ce soit », a promis le chef du gouvernement. 

Par la même occasion, Mahamat Kamoun a reconnu que les conclusions du forum de Brazzaville n'étaient respectées à la règle. « Force est de constater qu'en dépit de l'accord de cessation des hostilités signé à Brazzaville, les évènements survenus depuis 48 heures au Km5 et ceux signalés quelques jours    auparavant à Dékoa, aux Mbrés, à Boali, Alindao et samedi dernier à Damara illustrent bien la mauvaise foi de certains signataires », a-t-il déploré.

Dans un communiqué, la force européenne, EUFOR-RCA a, elle aussi, promis de tout en œuvre pour ramener la paix et la sécurité dans un délai raisonnable.

Le même jour dans l'Ouham Pende (nord), plusieurs personnes ont été blessées et des maisons incendiées au village Pougone à 37 Km de la ville de Paoua, lors d'une attaque attribuée par des témoins à des éléments du mouvement Révolution Justice (RJ), du commandant Armel Ningatoloum Sayo.

Selon des sources locales, les jeunes de Pougone avaient décidé de chasser les hommes armés de la RJ qui s'étaient illustrés dans des rackets sur les voies routières. En représailles, ces éléments RJ seraient passés à l'assaut un peu avant l'aube, comme le raconte un villageois.

« Ce sont réellement les éléments du groupe RJ qui ont brûlé les maisons vers quatre heures du matin. Ils avaient été chassés par les habitants du village pour cause de racket des véhicules de transport en provenance de Mbaïboum (Ndlr : marché hebdomadaire). Un véhicule verse la somme de 120.000 francs CFA. Nous en avons parlé avec le commandant de la Minusca mais à défaut de carburant, il n'a pas pu effectuer le déplacement ».

Joint au téléphone, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Armel Ningatoloum Sayo, chef de file de la RJ,  a rejeté toutes les accusations portées contre ses hommes. Le commandant de la RJ a précisé que les membres de son mouvement étaient casernés conformément aux textes en vigueur. « Aucun élément de la RJ n'agit de son propre gré. Les éléments œuvrent pour préserver l'intégrité territoriale et sécuriser les populations. A l'heure actuelle, tous les éléments de la RJ sont sous contrôle, ils attendent le processus de Désarmement-démobilisation et réinsertion (DDR) », a-t-il déclaré à RNL.

Bozoum : les Antibalaka accusés de commettre diverses exactions Braquages, vols, intimidations, rackets : les habitants de Bozoum, dans la préfecture de l'Ouham Péndé, n'en peuvent plus.

Certains parmi eux accusent les Antibalaka mais ces derniers démentent.

Dans cette ville où l'autorité de l'Etat n'existe presque plus, c'est la loi du plus fort qui règne. Les habitants se disent abandonnés à leur triste sort, se plaignent des mauvais comportements infligés par des hommes armés qui circulent librement dans la ville.

Victime de ces exactions, Michel Zinanone, délégué des conducteurs de taxi-motos de la ville, a présenté lors d’une mission effectuée à Bozoum la semaine dernière, une liste de griefs lors d'une rencontre élargie initiée par la Commission Justice et Paix de la paroisse Saint- Michel de Bozoum. « Nous sommes confrontés à d'énormes difficultés occasionnées par les hommes en armes. Ils nous empêchent de travailler comme nous le désirons. Ils érigent des barrières dans la ville et nous obligent à leur verser des sommes d'argent qui nous dépassent », s'est plaint le délégué.

Les vendeurs de produits pétroliers ne sont pas épargnés, comme l'explique leur représentant, Malick Atobaye. « Ce sont les camionneurs camerounais qui nous aident dans le transport de nos produits. Une fois à Bozoum, les Antibalaka les identifient à des musulmans qui n'ont pas le droit de fouler le sol. Ils menacent de les tuer ou d'incendier les véhicules ».

Le commandant des Antibalaka de Bozoum, Godlive Amoda, ne nie pas les faits mais les impute à de faux Antibalaka. Il promet cependant la contribution de son mouvement. « Il y a effectivement des faux Antibalaka qui commettent des exactions. Une structure conjointe Antibalaka-gendarmerie-police est en place pour aider les forces de sécurité à retrouver les fauteurs de trouble », a-t-il indiqué.

A Bangui, la Mission multidimensionnelle de stabilisation de la République Centrafricaine (MINUSCA) a annoncé mercredi que plus de 1000 policiers étaient déjà déployés dans les huit arrondissements de la ville pour tenter de rétablir de la paix et la sécurité. Ils devront travailler en étroite collaboration avec la police et la gendarmerie centrafricaines.

Selon le Haut commandant de cette police onusienne, le commissaire Luis Carrilho, la MINUSCA est déterminée à mettre fin à l'impunité des criminels dans le pays. « S'il y a quelqu'un qui a commis un fait qui est un crime, il faut l'arrêter et l'amener en justice en coordination avec la police centrafricaine, la gendarmerie nationale. Car, ensemble, nous pouvons faire la différence au niveau sécuritaire pour la population de la République Centrafricaine », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Le fonctionnaire des Nations unies a appelé toutes les institutions à jouer pleinement leur rôle. « C'est un message de sécurité et de justice. La police doit faire ce qu'on doit attendre de la police. C'est travailler ensemble avec les autorités judiciaires, administratives », a-t-il dit.

Centrafrique : plus d'une dizaine de personnes tuées depuis lundi Les dernières 48 heures ont été meurtrières en Centrafrique où au moins une dizaine de personnes ont été tuées par des hommes armés.

Au quartier Yakité dans le 3e arrondissement de Bangui, un jeune homme appelé  Désiré Koyagbada, alias ''Gborossangui'' a été tué dans la nuit de mardi à mercredi. Son corps a été retrouvé ce mercredi dans la concession familiale.

Interrogé, le père du jeune homme, Jean de Dieu Ndoumboungou, a imputé le meurtre à des hommes armés qu'il n'a cependant pas pu identifier. « Vers 23 heures, les voleurs sont montés sur la toiture pour enlever les tôles, j'ai crié et mon enfant a pris un sifflet pour alerter les voisins et c'est là qu'ils ont tiré sur lui », a expliqué le père éploré.

La veille, à Ouango Sao, dans le 7e arrondissement de la capitale, deux éléments Antibalaka en étaient venus aux mains. La bagarre s'est soldée par des blessures à l'arme blanche. La victime reçoit encore des soins à l'hôpital. Selon des sources, le différend qui oppose les deux hommes remonterait à plusieurs mois. « Effectivement une altercation est née entre deux Antibalaka. Les faits remontent à quelques mois. L'autre a retrouvé son belligérant au port Sao et a sorti son couteau pour le poignarder en trois endroits différents », a expliqué l'adjudant Noël Dieudonné Tagossa, commandant de la brigade de Landja.

Il a précisé que les jours du blessé n'étaient pas en danger.

Aux Mbrès, dans la préfecture de la Nana-Grébizi dans le nord de la République Centrafricaine, dix personnes ont été tuées mardi et deux autres grièvement blessées. L'incident s'est produit au village Mbata à 47 mm de Kaga Bandoro sur l'axe des Mbrès.

Par ailleurs, une dizaine de personnes, dont des femmes, ont été prises en otage et des habitations incendiées.

Les témoins attribuent l'attaque à un groupe de douze Antibalaka en provenance de la sous-préfecture de Mala dans la Kémo, sous le commandement d'une femme. L'ONG humanitaire Save the Children a transféré les blessés à Kaga-Bandoro.

« C'est à quatre heures du matin que des Antibalaka en provenance de l'axe Mala ont attaqué les habitants du village Mbata situé à 45 Km sur la route des Mbrés. Neuf personnes, parmi lesquelles des enfants, ont été tuées sur le champ. Trois autres grièvement blessées ont été conduites à l'hôpital préfectoral des Mbrés pour des soins. C'est à l'hôpital que l'une d'entre elles va mourir  des suites de ses blessures », a raconté un témoin joint au téléphone par RNL. 

Selon ces témoignages, les assaillants ont par ailleurs emporté des vivres et d'autres biens appartenant aux villageois. Les Antibalaka auraient agi, selon plusieurs sources, en représailles à une opération menée par les habitants pour récupérer des motocyclettes, des cabris et d'autres biens qui avaient été volés au cours d'un récent de braquage.  

Ce drame survient deux semaines après celui du village Kanga, situé à 50 Km de Kaga-Bandoro où des Antibalaka avaient infligé coups et blessures à deux commerçants, avant d'emporter tous leurs biens.
 
Joint au téléphone, le colonel Mahamat Anour, de l'ex-Séléka, a confirmé ces informations, en soulignant qu'il avait dépêché des hommes à la recherche des otages.

Au village Ngakobo dans la préfecture de la Ouaka (centre-est), c'est le Premier adjoint au maire, Fidéle Gaza, qui avait été tué lundi par des hommes qui ont réussi à prendre la fuite.

Ouaka : un responsable administratif local tué par des hommes armés Le premier vice-président de la mairie du village industriel de Ngakobo à 61 km (sud-est) de Bambari, dans la préfecture de la Ouaka, Fidèle Gaza, a été tué lundi par des hommes armés assimilés à d'ex-Séléka. L'acte s'est produit au centre-ville, contrôlé par les ex-éléments de cette ancienne rébellion. 
 
Joint au téléphone par RNL, un témoin des faits qui a requis l'anonymat, retrace les circonstances de cette tuerie. « C'était aux environs de 8 heures que des éléments armés de l'ex-Séléka en provenance de Bambari sont arrivés à Ngakobo. Ils se sont dirigés vers le site où sont refugiés le personnel de la Société centrafricaine de sucrerie (SUCAF) et certains habitants du village. A l'entrée du site, ils ont rencontré le maire Fidèle Gaza et son neveu. Sur le champ, l'un d'eux lui a tiré une balle et celui est tombé mort », a expliqué cet habitant.
 
« Le personnel et les autres réfugiés sur le site sont abandonnés à leur triste sort et sont obligés de regagner la brousse pour se protéger », a ajouté source.

Ces accusations sont cependant rejetées par le chef d'état-major de l'ancienne coalition Séléka, le général Joseph Zoudéko, qui explique que le responsable administratif était également recherché par des Antibalaka.
 
« Cette tuerie nécessite une enquête pour établir et déterminer les responsabilités sur la mort du Premier vice-président. Mais dire que ce sont les ex-Séléka, il n'y a aucune preuve. Le notable était également menacé par les Antibalaka qui l'accusaient de cohabiter avec les musulmans », a dit Zoudéko.

« Si ce sont les ex-Séléka, ils seront traduits en justice pour répondre de leurs actes. Car, il ne faut pas laisser de tels actes impunis. La Minusca est déjà opérationnelle, tôt ou tard, les auteurs seront poursuivis », a-t-il ajouté.
 
A Bangui, une brigade type anti-criminelle est au service de la population
 
160 gendarmes et 90 policiers de la deuxième session de formation en unité de police de type brigade anti-criminelle viennent de recevoir leurs diplômes après trois mois de formation à l'Ecole nationale d'administration et de la magistrature (ENAM).
 
L'objectif est de mettre au service de la population centrafricaine, une police digne de ce nom comme l'explique le capitaine de police, Bienvenu Zokoué, directeur de la Compagnie nationale de sécurité (CNS). « Il était important de créer une force d'intervention rapide à la fois des forces de sécurité intérieure, de la police et de la gendarmerie », a indiqué l'officier de police.
 
Selon le capitaine Zokoué, « il va falloir avoir une force bien formée et qui peut être capable de passer d'une mission de lutte contre la violence urbaine à une mission de rétablissement de l'ordre public ». 
 
Les éléments de la deuxième session de formation ont été dotés de 18 véhicules. La répartition prévoit 8 véhicules de patrouilles d'intervention et de commandement et 10 autres qui sont affectés au transport de troupes. Cette formation a été financée par l'Union européenne.
 
Plusieurs personnalités du pays dont le Premier ministre de la transition Mahamat Kamoun, les forces de la MINUSCA et de l'EUFOR ont assisté à cette remise de diplômes.

Les familles des passagers enlevés dimanche demandent une intervention du gouvernement Les parents des dix passagers enlevés dimanche par un groupe armé dans la Nana-Mambéré, à la frontière avec le Cameroun, demandent aux autorités de transition d’entamer des négociations avec les ravisseurs. Les dix otages, dont deux femmes, sont entre les mains du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) de  Martin Koumta-Madji, également connu sous les noms d’Abdoulaye Miskine.

Des éléments armés du FDPC ont pris les dix passagers en otage après avoir brûlé le véhicule qui les transportait.

Contacté par RNL, Ludovic, frère cadet du propriétaire du véhicule, a demandé que des stratégies soient mises en œuvre pour libérer les captifs le plus tôt possible. « Nous demandons solennellement au gouvernement de déployer des efforts dans les 48 heures pour ramener nos frères pris en otage », a-t-il indiqué.

Natacha, l’épouse de l’un des otages, a aussi expliqué que la force Sangaris a été touchée dès l’annonce de la nouvelle.

Le ministre de la Sécurité publique, le général Thierry-Marie Mintékoé, a confirmé la prise d’otages mais n’a pas voulu en dire davantage.

Les ravisseurs exigent du gouvernement de transition qu’il intervienne d’urgence pour obtenir la libération rapide de Martin Koumta-Madji  en détention au Cameroun. « Notre unique préoccupation reste et demeure la libération de notre patron arrêté le 16 septembre 2013 au Cameroun. Le gouvernement centrafricain a déclaré ne pas avoir déposé de mandat d’arrêt contre notre chef », a expliqué à RNL l’un des hommes du FDPC, joint au téléphone mercredi.

Pendant ce temps, dans la préfecture de l’Ouham Péndé (nord du pays), la population dénonce diverses violations quotidiennes des droits de l’homme : braquages, passage à tabac, vols à main armée, kidnapping, extorsion de fonds.

Au marché de Posso situé à 7 kilomètres de Bozoum, un jeune homme de 23 ans a été sévèrement battu dimanche par des hommes armés se réclamant des Antibalaka.

Selon la victime, ces éléments, qui ont érigé des barricades, exigent de l’argent de chaque passant : 250 francs CFA pour les piétons, 500 francs CFA pour les passants à vélo et 1000 francs CFA pour les motocyclettes et les hommes d’affaires.

Toujours selon ce jeune homme, d’autres hommes armés abattent porcs et caprins.

La nouvelle mission de l'ONU en Centrafrique est entrée en fonctions La Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA) a commencé sa mission officiellement lundi. La cérémonie marquant le transfert de responsabilités entre la force africaine (MISCA) et la MINUSCA s'est déroulée, à Bangui, en présence de la présidente de la transition, Catherine Samba Panza et de la présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini Zuma.
 
Le commandant de la nouvelle opération, le général Martin Toumenta Chumo, a été investi par le secrétaire général adjoint chargé des opérations de maintien de la paix des Nations unies, Hervé Ladsous.

Lors de la conférence de presse organisée après la cérémonie, Hervé Ladsous a souligné que les droits de l'homme étaient massivement violés en Centrafrique et que les coupables seraient traduits en justice.  « La communauté internationale est unie et déterminée ; il n'y aura pas d'impunité. Tous ceux qui ont du sang sur les mains seront d'une manière ou d'une autre traduits en justice selon la nature des crimes qui ont été commis », a-t-il promis.

« Ne ménager aucun effort pour faciliter la tenue d'élections libres »

Pour sa part, la présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini Zuma, a réaffirmé l'engagement de son institution à soutenir Bangui et a exhorté les Centrafricains à relever les défis actuels. «Aujourd'hui plus que jamais, les acteurs politiques centrafricains se doivent de faire preuve d'esprit de responsabilité et d'attachement à l'intérêt supérieur de leur pays », a-t-elle déclaré.

Nkosazana Dlamini Zuma a également attiré l'attention des autorités de la transition sur la nécessité d'organiser un processus électoral libre et transparent. « S'agissant plus particulièrement du gouvernement de transition, il est urgent qu'il accélère la mise en œuvre des tâches pendantes de la transition. Il ne doit ménager aucun effort pour faciliter la tenue d'élections libres, régulières et transparentes qui marqueront la restauration de l'ordre constitutionnel et ouvriront la voie à la réintégration de la République Centrafricaine dans la famille de l'Union africaine », a-t-elle dit.

Des troupes venant d'une dizaine d'Etats africains et européens sont déjà sur place et intègrent la MINUSCA. L'opération française Sangaris et le contingent de la force européenne vont, quant à eux, appuyer la force onusienne.

 La MINUSCA constitue la troisième opération de maintien de la paix de l'ONU en Centrafrique après la Mission des Nations unies en République Centrafrique (MINURCA) et la Mission inter-africaine de surveillance des Accords de Bangui (MISAB), créée le 31 janvier 1997 par une coalition de pays africains, déployée le 8 février 1997 et autorisée le 6 août 1997 par la résolution 1125 du Conseil de sécurité de l'ONU.
 
Un groupe armé menace d'exécuter une dizaine d'otages

Dimanche, alors que Bangui attendait la prise de fonction de la MINUSCA, dix passagers ont été pris en otage sur l'axe Bouar-Mboulaye, dans la Nana-Mambéré par des éléments des Forces démocratiques du peuple centrafricain (FDPC) d'Abdoulaye Miskine. Le véhicule qui les transportait a été brûlé sur les lieux.

Les agresseurs réclament la libération d'Abdoulaye Miskine, arrêté le 16 septembre 2013 et détenu au Cameroun.

Les otages, parmi lesquels deux femmes, se trouveraient actuellement dans la localité de Bidi à la frontière avec le Cameroun.

Interrogé par RNL, un leader de ce groupe armé qui a requis l'anonymat a expliqué que son mouvement demandait à Bangui d'ouvrir des négociations avec les autorités camerounaises en vue de la libération de Miskine. Il a menacé  d'exécuter les dix otages en qu'en cas de réticence de la part du gouvernement.

Bambari : les mouvements de l’ex-Séléka inquiètent la population Les mouvements inhabituels de combattants ex-Séléka dans la ville centrafricaine de Bambari (centre-est) inquiètent la population locale. Et les spéculations vont bon train. Pour certains habitants, il s’agirait d’opérations d’évacuation d’ex-Séléka admis à l’Hôpital régional et universitaire de Bambari. Pour d’autres, l’ancienne rébellion serait en train de transférer son état-major à Kaga Bandoro, dans le nord du pays.

« Depuis jeudi, les Séléka sont en mouvement dans l’optique de quitter la ville. Ils ont équipé leurs véhicules d’armes lourdes », a raconté à RNL un témoin joint au téléphone. Cet habitant, qui a préféré garder l’anonymat, a par ailleurs indiqué que ces combattants Séléka s’étaient rendus dans l’après-midi à leur base située à la Cour d’appel pour récupérer leurs effets et évacuer un de leurs officiers, « le général Bourouma », amputé des deux jambes.

« Ce vendredi matin, un avion chasseur et un hélicoptère de combat ont survolé la ville. Actuellement la population est dans une psychose généralisée », a ajouté la source soulignant cependant qu’aucun tir n’avait été entendu.

Contacté par RNL, le général Joseph Zoundéko, chef d’état-major des ex-combattants Séléka dans la région, a reconnu l’évacuation d’ex-Séléka malades et qualifié le reste de rumeurs sans fondement.

« Tous les cas de fractures sont transportés à Bria », a indiqué le général Zoundéko, expliquant craindre qu’ils ne soient amputés de leurs membres s’ils étaient transférés à Bangui, la capitale.

La semaine dernière, un regroupement d’hommes armés de l’ex-Séléka au chef-lieu de la préfecture de la Ouaka avait semé la panique parmi la population.

Bangui : trois femmes tuées dans un accident de la route, un véhicule officiel brûléTrois femmes ont trouvé la mort sur le coup jeudi à Bangui lorsque la motocyclette qui les transportait a été heurtée par un véhicule officiel. Une foule de gens en colère a aussitôt mis le feu sur le véhicule.

L'accident s'est produit à l'intersection de l'avenue Koudoukou et de la ruelle en face du Bar dancing Olympia (ex-Bamboula) au quartier Malimaka, dans le 5ème arrondissement.

Un véhicule BG 75 du ministère de la Sécurité publique en mission de sensibilisation dans le secteur a percuté le taxi-moto à bord duquel se trouvaient les trois femmes. Deux des trois corps sans vie ont été transportés à l'une des morgues de la capitale centrafricaine, tandis que la dépouille de la troisième femme est restée allongée sur le trottoir.

Pour sa part, le conducteur de la moto, blessé, serait actuellement hospitalisé.

Selon les témoins interrogés, le véhicule, qui transportait des policiers, était en excès de vitesse. « Ces policiers accompagnaient leur ministre dans une mission. De retour, le chauffeur du véhicule a roulé à grande vitesse à l'étonnement de tous ceux qui le voyaient. Pendant ce temps, sur la ruelle Bamboula, un conducteur de taxi-moto transportant trois femmes sortait. Le véhicule les a renversés, tuant les trois femmes du sur le coup», a raconté un de ces témoins à RNL.

« Les gens du quartier sont sortis et ont décidé sur le champ de brûler le véhicule en guise de protestation », a-t-il ajouté.

Une unité de police de la force africaine (MISCA) ainsi des éléments de la force européenne, Eufor, se sont dépêchés sur les lieux, afin de prévenir tout autre débordement.

Interrogé pat RNL, le ministère de la Sécurité publique s'est refusé à tout commentaire.

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