Conflit intercommunautaire à Boda : des autorités préfectorales reçues par Catherine Samba-Panza La présidente de transition Catherine Samba-Panza a reçu lundi à Bangui plusieurs autorités de la préfecture de La Lobaye (située dans le sud-ouest du pays), venus lui parler de leurs efforts visant à ramener la paix à Boda, une ville déchirée par des conflits intercommunautaires.

Composée d’autorités politico-administratives, de responsables ecclésiastiques et de représentants de la société civile, la délégation a échangé avec la présidente sur les voies et moyens de mettre un terme à cette crise qui perdure, faisant des morts, selon le préfet de la Lobaye, Alexandre Kouroupe Awo.

Les échanges se sont déroulés en présence de conseillers à la présidence et d’officiers de la force africaine et de l’opération française Sangaris.

Le conflit entre musulmans et non-musulmans de Boda dure depuis près d’une année, comme l’a rappelé l’Evêque du diocèse de Mbaïki, Monseigneur Guerrino Perrin, qui faisait partie de la délégation. « Depuis bientôt huit mois, nous menons des démarches pour arrêter le calvaire qu’endure la population. Ce sont des conflits entre les communautés musulmane et non musulmane à cause des peurs de chaque côté », a indiqué le prélat. « Maintenant, la société s’est envenimée, la situation sécuritaire dégradée à tel point que les différents acteurs des violences ne peuvent et ne veulent plus se voir. Donc, il faut enlever tous ceux qui sont à l’origine de ces crimes car un criminel, devant la justice, n’a rien à voir avec être chrétien ou être musulman », a poursuivi l'Evêque.

« Dans l’immédiat, nous aurons une réunion pour prendre des décisions pouvant nous aider à déclencher un processus qui puisse sortir la population de cette crise », a-t-il ajouté.

La présidente Catherine Samba-Panza a promis à ces personnalités de tout mettre en œuvre pour les aider à sortir de cette crise.

Les discussions devaient se poursuivre mardi entre la délégation de Boda et certains membres du gouvernement, parmi lesquels le ministre de la Défense Aristide Sokambi et celui de la Sécurité publique Thierry - Marie Métinkoué.

Il s’agit de définir les modalités d’éventuelles opérations à mener dans un proche avenir.

Nouvelles tensions dans la Ouaka La situation sécuritaire est tendue, particulièrement dans la ville Ngakobo, une localité, abritant le site de la Société sucrière, située à 61 Km de Bambari dans la préfecture de la Ouaka au centre-est du Centrafrique. De nouveaux accrochages opposent depuis mercredi des éléments Antibalaka au groupe d’archers peuhls communément appelés « Anti-population » selon les habitants. Ces combats ont fait plus d’une dizaine de morts et trois blessés par balles dans la localité à en croire plusieurs témoignages locaux. La population est à nouveau plongée dans la psychose.

Les personnes blessées ont été admises à l’hôpital de Ngakobo où elles reçoivent encore des soins médicaux intensifs.

L’assassinat de deux (02) sujets peuls jeudi dernier, par des individus armés non-identifiés dans un village à 8 Km de la ville de Bambari, serait à l’origine de la montée de cette nouvelle spirale de violences.

Cette situation a créé un climat de panique dans la ville de Ngakobo, contraignant la majeure partie des habitants à se réfugier en brousse.

Des sources locales indiquent que ces archers dits « Anti-population » sont repartis ce jeudi matin en brousse à la chasse des habitants et Antibalaka considérés comme leurs ennemis.

Parallèlement à cette situation trouble dans la préfecture de la Ouaka, une tension demeure aussi vive depuis mercredi à Bria, chef lieu de la Haute Kotto. Selon des sources locales, les scènes de terreur des violents affrontements de Bambari ont affecté la population.

Les belligérants en faction dans la localité se regardent depuis mercredi en chien de faïence mais aucun affrontement n’est signalé. Pour l’heure, la situation semble se normaliser.

A titre de rappel, les violences entre ex-Séléka à Bambari ont fait plus d’une vingtaine de victimes dans les rangs des ex-combattants rebelles.

Cependant, à Bambari, chef lieu cette préfecture, les étudiants de l’Ecole Normale d’Instituteurs (ENI) s’inquiètent pour leur sécurité et demandent aux autorités de la transition de les aider à se soustraire de la ville. Ces étudiants se disent pris entre les feux des échanges de tirs des deux factions rivales de l’ex-Séléka, basées aux alentours de cette institution éducative.

Gina Tatiana Ngbarani, Présidente du collectif des élèves instituteurs de Bambari,  jointe au téléphone par Radio Ndèkè Luka, explique que malgré qu’ils aient été contraints de quitter l’ENI, ils continuent d’errer de site en site.

« Puisque l’ENI se trouve au milieu des deux camps militaires des ex-Séléka, les Mbororos (éleveurs peuhls) sont derrière et les Goula (une des ethnies de la Vakaga) devant, les balles se croisent au-dessus de l’ENI. Dans cette situation, nous avons été obligés de quitter les lieux en catastrophe en direction de l’axe Ippy, puis à la Paroisse Saint Christophe qui s’est dite dans l’impossibilité de nous accueillir. En ce moment, nous nous sommes réfugiés sous des manguiers à l’Eglise CEEBI ou nous n’avons rien à manger (…) », a relaté Gina Tatiana Ngbarani.

Toutefois, un calme précaire est revenu en ce moment à Bambari centre. Les deux adversaires de l’ex-Séléka se sont réconciliés ce mercredi à la Mosquée centrale de la ville.

Les  deux partis en conflit ont finalement décidé de faire la paix en enterrant la hache de guerre. La réconciliation a été rendue possible grâce à la médiation conduite par l’ONG Paix, Réconciliation et Tolérance (PARETO) et la Communauté islamique de Bambari.


Nouvelle tension à Bambari La ville de Bambari à 384 Km de Bangui dans la Ouaka (centre-est) est en proie à une nouvelle tension. Des affrontements opposent depuis lundi les hommes de l’Etat-major commandé par le Général Joseph Zoundéko, constitué en majorité des natifs des ethnies Goula et Rounga de la Vakaga et du Bamingui-Bangoran, aux combattants peuhls du Général Ali Djarass.  Au moins 17 anciens rebelles auraient été tués dans le camp du Général Zoundéko et trois autres grièvement blessés coté peuhls du Général Djarass. Un bilan fait par le porte-parole de l’Etat-major, Ahmat Nédjad Ibrahim.

« Sur le terrain, il y a 17 morts de la part des Goula, un mort et trois blessés coté Général Djarass. Toutefois, le nombre peut dépasser », a expliqué le porte-parole Ahmat Nédjad Ibrahim.

Par contre, du coté du Général Joseph Zoundéko, les responsables revoient les chiffres en baisse. Le Lieutenant Ngapdia Younous, par exemple, parle  plutôt de trois morts et plusieurs blessés.

« Nous sommes étonnés que le porte-parole Ahmat Nédjad Ibrahim donne le chiffre de dix-sept morts dans le camp de l’Etat-major. Je me demande s’il était sur le terrain. Il n’y a ni vainqueur ni vaincu. Dans le camp de l’Etat-major, on a enregistré trois morts. Je ne me suis pas encore rendu à l’hôpital pour avoir le nombre des blessés », a rectifié le Lieutenant Ngapdia Younous.

Les bilans sont contestés et rectifiés par chacun des protagonistes en conflit. Certaines sources locales expliquent qu’il y aurait une vingtaine de personnes seraient tuées.

Les échanges de tirs ont repris depuis ce mardi matin à Bambari. Dans la journée, un hélicoptère de l’Opération Sangaris a survolé le champ du théâtre d’affrontements entre les deux camps militaires de Séléka, selon les témoignages recueillis de certains habitants de la ville.

Cette nouvelle flambée de violences intervient alors que la ville de Bambari peine à se remettre du chaos sécuritaire dans lequel elle est plongée il y a plusieurs semaines.

Par contre, à Cantonnier, ville frontalière avec le Cameroun, les deux groupes d’Antibalaka qui se sont affrontés ces derniers jours ont réussi à se faire la paix.

Ces affrontements ont fait un mort et un blessé parmi les Antibalaka.

Entre-temps, l’accrochage a fait fuir une partie de la population en brousse, d’autres au camp de la MISCA et au commissariat de police.

Selon un habitant de la localité joint au téléphone par Radio Ndeke Luka, tout est rentré dans l’ordre.

« Les Antibalaka venant de Bangui font trop d’exactions. C’est ainsi que les Antibalaka natifs de la localité de Béloko-Cantonnier ont déclenché ce violent système de défense et de protection de la ville. Les défenseurs affirment que ces actes de violences ternissent l’image des Antibalaka. Les deux groupes rivaux ont été dispersés, séparés par des coups de feu des soldats de la MISCA. Par la suite, ils se sont entendus lors d’une réunion ce lundi pour que le calme revienne », rapporte l’habitant, témoin oculaire sous l’anonymat.

Toujours dans cette région frontalière avec le Cameroun, les voyageurs de l’itinéraire Bouar-Garouamboulaye se plaignent des exactions qu’ils subissent ces derniers temps. Ces voyageurs accusent les hommes armés du Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) du Chef rebelle Martin Koumta Madji, populairement connu sous le sobriquet Abdoulaye Miskine, d’avoir mené plusieurs opérations de vols à mains armées sur les passagers de ce tronçon.

Ousmane Adam, secrétaire général dudit mouvement, réplique que le FDPC est un groupe armé responsable qui ne peut s’en prendre à la paisible population.

« Plusieurs groupes armés foisonnent dans la zone, et ils sèment la désolation parmi la population », a précisé  Ousmane Adam.
 
« Le FDPC demande aux autorités de la transition et la communauté internationale d’ouvrir rapidement une enquête afin de mettre la main sur ces nébuleuses et les traduire devant les juridictions compétentes. Par ailleurs, le FDPC reste toujours disposé à prêter main forte aux autorités et aux forces internationales pour la Centrafrique en vue de la sécurisation des zones ou se base son soutien et mettre à nue ces bandits de grand chemin », a conclu Ousmane Adam, secrétaire général du FDPC dans une interview accordée à Radio Ndeke Luka.

Regain de tensions en Centrafrique Les affrontements opposant mardi et mercredi les forces de l’Eufor à des hommes armés du Km5 dans le 3ème arrondissement ont occasionné plus de cinq (5) morts dont un bénévole de la Croix rouge centrafricaine et plusieurs blessés à Bangui.

Après un calme incertain qui a régné depuis le matin du jeudi dans les quartiers du 3ème arrondissement, la communauté musulmane du secteur est montée aux créneaux.  Plusieurs centaines d’hommes, de femmes, de jeunes et d’enfants ont marché sur l’avenue Barthélemy Boganda pour demander le départ des troupes françaises de l’opération Sangaris. Ces manifestants accusent le contingent français d’être à l’origine de leur malheur.

La colonne des mécontents est partie du Km5 pour prendre fin devant la représentation de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Centrafrique (MINUSCA).

De manière unanime, ces musulmans scandaient des slogans hostiles à la France, lisibles sur des banderoles : « Non à la force Sangaris. Nous voulons le départ de la France de la République Centrafricaine ».

« Nous sommes en colère. On ne comprend pas l’attitude de l’armée française, de l’Eufor française. La France est venue en République Centrafricaine pour protéger le peuple mais pas pour nous massacrer. Hier, il y a eu quatre morts, maintenant, nous totalisons cinq morts. La réconciliation commence à venir, et cela ne rencontre pas l’agrément des Français. Ils sont toujours pour les troubles », ont crié les manifestants composés d’hommes et de femmes. 

Ousmane Abakar, porte-parole de la communauté musulmane, s’en prend au gouvernement centrafricain qui, selon lui, a affiché une indifférence devant leur souffrance.

« Ce qui nous a étonnés, c’est que notre gouvernement a observé un mutisme. Aucun membre du gouvernement n’a ouvert la bouche pour condamner ce que la France a commencé à faire depuis hier contre la population du 3ème arrondissement », a constaté Ousmane Abakar.

A la chute de la marche, les manifestants ont remis un mémorandum à l’adjoint du Représentant du Secrétaire Général des Nations Unies en République Centrafricaine.

Cette manifestation de mécontentement de la communauté musulmane a été quadrillée par les soldats de l’Unité de Police Constituée (UPC) du Burundi et du Maroc pour éviter tout débordement.

L’insécurité demeure aussi une préoccupation dans les zones périphériques de Bangui. Au moins trois personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans la nuit du mercredi par une grenade explosée dans une buvette au Pk 12 à la sortie nord de Bangui dans la Commune de Bégoua. Une rixe entre deux hommes armés a été à l’origine de ces dégâts humains.

« J’allais vers le pont bascule sur la route de Boali. Un homme qui courait, entrainant une foule de personnes derrière lui, témoignait qu’il a poignardé quelqu’un avant de s’enfuir.  Quelques instants après, un autre individu au corps couvert de sang est venu avec une grenade à la main, nous obligeant à nous éloigner précipitamment. De retour, j’ai constaté trois corps inertes qui gisaient au sol », a clarifié un témoin oculaire sous l’anonymat.

La tuerie mercredi du volontaire de la Croix Rouge Centrafricaine lors des événements du Km5 a suscité la réaction du Comité International de la Croix-Rouge (CICR).

A travers un communiqué de presse publié mercredi, le CICR s’est dit profondément indigné par ce crime absurde.

Cette organisation a une fois de plus lancé un appel pressant à toutes les parties en conflit de garantir la sécurité du personnel humanitaire et de s’abstenir de s’en prendre à des volontaires de la Croix rouge.

Rappelons que la semaine dernière, des échanges de tirs ont eu lieu toujours dans cette commune de Bégoua entre Antibalaka et combattants de l’ex-Séléka basés au camp militaire RDOT. Une situation qui avait paralysé les activités dans le secteur pendant quelques jours.

D’autres tensions entre Antibalaka ont été également signalées ce matin au village Ndjongo-Mpoko, une localité située à environ 7 Km de Bangui dans la commune de Bimbo. Cette situation a coûté la vie à l’un des membres de cette milice. En conséquence, toutes les activités sont restées paralysés dans la localité, car les habitants se sont tous refugiés en brousse. 

Certains témoins rapportent que l’incident serait parti d’une discussion entre deux des responsables de ce groupe armé.

« Un élément Antibalaka qui s’est dit exaspéré par les ordres de son chef a choisi la voie de menace à main armée de grenade. Ses compagnons d’armes lui ont tiré dessus pour limiter les dégâts qu’aurait causés l’explosion de la grenade. Il est tombé raide mort », a expliqué un habitant toujours sous le couvert de l’anonymat.

Du coté de la coordination du mouvement des Antibalaka, les responsables affirment qu’il s’agit plutôt de groupes de bandits qui sévissent dans le secteur et non des Antibalaka.

« J’ai constaté que le secteur de Mpoko-Bac à Guitangola regorge de bandits de grand chemin. Je suis entrain de voir avec la coordination comment faire pour mettre un terme aux aventures de ceux qui se disent Antibalaka », a averti Sylvestre Yagouzou, coordonnateur-adjoint des Antibalaka, chargé des opérations.

Dans la Nana Mambéré, l’insécurité compromet en ce moment la libre circulation des personnes et des biens sur l’axe Bouar Garouamboulaï. En l’espace d’une semaine, trois cas de braquage ont été enregistrés entre les villages Fôrô et Zoukombo.

« Des véhicules en provenance de Bouar sont tombés dans une embuscade. Beaucoup de voyageurs ont été dépouillés cette semaine de tous leurs biens par plus d’une quinzaine d’hommes armés de Kalachnikovs et de lance roquettes. Ces hommes seraient des éléments du chef rebelle Abdoulaye Miskine. De grosses sommes d’argent ont été emportées sur les commerçants par ces malfrats. Ces problèmes seraient résolus lorsque les Forces Armées Centrafricaines (FACA) et la police seraient réhabilitées », selon des témoignages rapportés par le correspondant de Radio Ndèkè Luka dans la région.

Affrontements inter Anti-balaka à Bangui Des affrontements opposent depuis plus de 72 heures des Antibalaka entre eux  à Boy-rabe dans le 4e arrondissement de Bangui.  Le groupe des Antibalaka constitué en majorité d’éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) ont du mal à digérer les agissements de leur compagnon d’arme Andilo et sa bande qu’ils considèrent comme des civils qui excellent dans des comportements désobligeants.

A en croire plusieurs sources concordantes à Bangui, l’humiliation infligée en public par Andilo à un des FACA et la récupération d’un véhicule ravi par ce dernier, ont été à l’origine de ces heurts.

Cette situation conflictuelle s’avère préoccupante pour les responsables de cette milice armée. Joachin Kokaté, conseiller spécial chargé des affaires extérieures des Antibalaka et chargé du Désarmement-Démobilisation-Réinsertion (DDR) à la Primature, a expliqué ce dimanche à Radio Ndèkè Luka que des mesures sont prises pour mettre fin aux crépitements d’armes.

« Nous avons pris des décisions fermes pour punir et sanctionner ceux qui ne veulent pas respecter l’accord de cessation des hostilités signé à Brazzaville. Ceux qui continuent de prendre les Centrafricains en otage et ceux qui ne veulent pas respecter les institutions de la République, seront purement et simplement sanctionnés et traités comme tels », a prévenu le conseiller.

Joachin Kokaté estime que la République Centrafricaine jouit d’autres possibilités pour ramener la paix sur l’ensemble du territoire national. « Si nous n’arrivons pas nous-mêmes à leur mettre la main dessus, nous serons obligés de recourir aux forces internationales amies du Centrafrique, Misca, Sangaris et Eufor, appuyées par les forces de défense et de sécurité du pays, afin de rétablir l’ordre et l’autorité de l’Etat », a-t-il mis en garde.

Il importe de signaler que les armes ont repris dans la matinée de ce dimanche malgré l’appel à l’ordre lancé par le conseiller spécial chargé des affaires extérieures des Antibalaka et chargé du DDR en général.

Batangafo : affrontements meurtriers entre soldats français et ex-Séléka Des affrontements meurtriers ont opposé lundi des soldats français de l'opération Sangaris à d'ex-rebelles Séléka à l'entrée de la ville de Batangafo, dans le nord de la Centrafrique.

Selon le chargé de la communication de la Sangaris joint au téléphone par RNL, l'opération française s'est trouvée dans l'obligation d'ouvrir le feu, en ripostant à une attaque d'ex-Séléka lourdement armés.

Il est difficile d'établir un bilan exact mais, selon certaines sources, il y aurait eu plusieurs morts et de nombreux blessés.

Les affrontements ont duré des heures et les soldats français ont fait usage de moyens militaires importants, dont deux hélicoptères de combat.

L'opération Sangaris explique que certains de ses hommes sont déployés à Batangafo pour faire cesser les exactions et protéger la population civile.

Pour sa part, le commandant de zone de la Séléka à Batangafo, Mahamane Loupe, rejette la responsabilité aux troupes françaises.

« Deux de nos véhicules de renforts en provenance de Kabo ont été pilonnés par l'aviation française et on déplore un mort », a-t-il indiqué à RNL. Il a ajouté que trois Français avaient été tués.

Mahamane Loupe nie par ailleurs que des ex-Séléka de sa zone aient commis des exactions contre la population.

Mardi, des soldats français étaient encore présents dans la ville alors que les ex-Séléka  s'étaient retranchés dans leur base au niveau du commissariat de la localité.

Pendant ce temps, dans les autres villes de provinces, des organisations de la société civile mettent les bouchées doubles dans le cadre de leurs efforts visant à ramener la paix et la sécurité.

A Bambari, dans la Ouaka, (centre-est), l'ONG Paix-Réconciliation-Tolérance (PARETO) mène depuis la semaine dernière une médiation entre les communautés locales déchirées par la haine et la violence. « Nous sommes à un niveau important aujourd'hui. Les communautés, chrétiennes et musulmanes, sont prêtes à revenir à de meilleurs sentiments », a estimé Béni Diogo Kouyaté, vice-coordonnateur de PARETO.

Une rencontre regroupant toutes les sensibilités de la localité, les autorités religieuses ainsi que des représentants des ex-Séléka et des Antibalaka est prévue ce mardi à Bambari.

Une campagne similaire a été organisée le week-end dans le Mbomou (sud-est) par l'ONG Search for Common Ground, qui a lancé des appels au pardon, à la paix, à l'amour du prochain.

Accord de cessation des hostilités : discorde au sein de l’ex-Séléka La signature de l’accord de cessation des hostilités de Brazzaville soulève une contestation au sein de l’ancienne rébellion Séléka. Une partie des membres du bureau politique du Front populaire de renaissance de Centrafrique (FPRC), l’ex-coalition, se désengage de cet accord.
 
Selon Ahmat Mal-Mal Essene, secrétaire général adjoint du bureau politique du FPRC, « notre délégation a effectué le déplacement de Brazzaville, non pour aller signer un quelconque accord mais pour présenter seulement les recommandations de l’assemblée générale de Birao, qui se résument en ces trois points : la délocalisation des communautés musulmanes menacées dans le nord de la Centrafrique, la partition du pays, la démission de la présidente de la transition ».

Selon Ahmat Mal-Mal Essene, une assemblée générale se tiendra pour décider du sort des membres du bureau politique ayant signé l’accord de cessation des hostilités. « Le mandat donné à la délégation de Brazzaville n’a pas été respecté », selon la base du bureau politique du FPRC.

Au sujet de leur participation au prochain gouvernement en cours de remaniement, le secrétaire général adjoint a indiqué que « l’ancienne coalition rebelle n’a jusque-là donné mandat à quiconque de se présenter au poste de Premier ministre ni de prétendre à un quelconque portefeuille ministériel au nom du mouvement ».

Le contestataire cependant exige l’implication de la population du nord-est dans la gestion de la chose publique. « Nous voulons une large ouverture s’étendant à la population du nord-est afin de prendre part au débat et poser la problématique de la gouvernance musulmane », a demandé Ahmat Mal-Mal Essene.

« Aujourd’hui nous réclamons un mandat de 5 ans. Si on accepte cette option c’est qu’on veut la paix, mais si on ne l’accepte pas, chacun reste chez lui et gère une portion de territoire », a-t-il poursuivi.

Les délégués de l’ex-coalition Séléka à Brazzaville se disent conscients du rejet de la signature de l’accord de cessation des hostilités par la base. Ils justifient leur acte par ce qu’ils appellent ‘‘être  conformés’’ à l’ordre du jour du Forum. « Si la base ne nous a pas permis d’aller signer, nous avons pris notre responsabilité en tant que politicien pour signer cet accord avec les autres et revenir au pays mettre nos éléments en garde contre toute exaction afin d’attendre ce que nous dira le prochain dialogue de Bangui », explique Mahamat Abrass, conseiller politique du bureau politique du FPRC.

Le Forum de Brazzaville avait décidé que toutes les questions institutionnelles et politiques se discutent à Bangui.

Par ailleurs, le parti du Forum démocratique pour la modernité (FODEM) a recommandé samedi aux belligérants le respect de leurs engagements. Stéphane Pentchoaki, président du FODEM, estime que le Forum de Brazzaville est une grande étape dans le processus du rétablissement de la paix en Centrafrique. Il demande aux groupes armés, ex-coalition Séléka et Antibalaka, de respecter le document signé. « Que les parties prenantes signataires de l’accord de cessation des hostilités puissent tenir leurs engagements pour que le peuple puisse aspirer enfin à cette paix », a souhaité Stéphane Pentchoaki, invitant en même temps la communauté internationale à s’investir davantage et à veiller à ce que les engagements soient tenus pour finir avec ce cycle de violence.

Jeudi au cours d’une conférence de presse à Bangui, le Groupe des partis politiques républicains travaillistes et libéralistes (GPP-RTL) a apprécié à sa juste valeur la signature de la cessation des hostilités.

Premières violations de la cessation des hostilités A peine une semaine après la signature de l'accord de la cessation des hostilités de Brazzaville, des Antibalaka et des ex-Séléka se sont affrontés mardi à Batangafo dans le nord de la Centrafrique. Jusqu'à jeudi, il était difficile de donner un bilan exact des dégâts tant matériel qu’humain. Certaines sources parlent d’une vingtaine de morts et plusieurs blessés. Un chiffre surement revu à la hausse.

Premier à monter au créneau, l'état-major de l'ex-coalition Séléka a accusé les Antibalaka d'avoir déjà violé à plusieurs reprises la cessation des hostiités. « L'accord a été violé juste après sa signature. Le 23 juillet, à Dékoa et à Boda, des musulmans ont été attaqués par des Antibalaka. Du 29 au 30 juillet, ils ont encore attaqué notre base de Batangafo », a  indiqué à RNL, le porte-parole des ex-Séléka, Ahmat Nedjad Ibrahim.

Il a appelé l'Union africaine (UA), la Communauté d'Afrique Centrale et, en particulier, le président congolais Denis Sassou Nguesso, médiateur dans la crise centrafricaine, à « prendre les toutes mesures possibles » pour faire respecter l'accord de Brazzaville.

Ces accusations ont été cependant balayées du revers de la main par les responsables de la milice Antibalaka « C'est faux. Avant de nous rendre à Brazzaville, nous avons demandé aux Antibalaka de cesser d'agresser les Séléka. Après la signature, nous n'avons pas à faire quoi que ce soit », a réagi Brice Emotion Namsio, porte-parole des Antibalaka.

Par ailleurs, le mouvement ''Révolution Justice'' (RJ) affirme que certains de ses membres ont été attaqués par un groupe armé mercredi à Paoua, dans l’Ouham-Péndé (nord-ouest) alors qu'ils rentraient de Bossembélé, dans l’Ombella-Mpoko. Selon RJ, l’agression a fait un mort et quatre blessés. « Des hommes en armes ont intercepté notre véhicule. Les 160 passagers ont été systématiquement fouillés et dépouillés de tout bien. Nous avons été lynchés et l'un d'entre nous a été fusillé dans sa fuite », a témoigné l'un des hommes de la ''RJ''.

Mardi dernier, le mouvement ''Révolution Justice'' a annoncé qu'il mettait fin à la marche pacifique qu'il effectuait en direction de Bangui, depuis début juillet.

Le chef du mouvement, le « commandant » Armel Sayo, a expliqué que sa décision visait à donner une chance à la paix.

La marche avait été présentée comme une façon de dénoncer pacifiquement l'insécurité dans le nord de la Centrafrique. Après la décision du commandant Armel Sayo, les éléments qui participaient à la marche se sont  regroupés à Bossémbélé avant de regagner leurs localités.

Les Antibalaka annoncent leur dissolution Regagner les casernes pour ceux qui étaient dans l'armée, s'inscrire dans le processus de démobilisation pour les autres, c'est l'appel lancé mercredi aux Antibalaka par l’un des leaders des Antibalaka.

« M'étant brutalement rebellé pour protester contre les exactions des Séléka sur la population civile et ayant obtenu le départ de Michel Djotodia, suivi de la signature de l'accord de cessation des hostilités de Brazzaville, le 23 juillet 2014, je pense qu'il est impérieux de tout mettre en œuvre pour consolider la paix et la sécurité en RCA », a déclaré mercredi à la presse le capitaine Gilbert Kamezou-laï.

«Je demande aux frères d'armes ‘‘FACA (Forces armées centrafricaines) Antibalaka’’ de déposer les armes et de regagner les casernes sans exception », a poursuivi le capitaine annonçant ainsi la dissolution de son mouvement. « Aux patriotes civils Antibalaka, à qui je jette des fleurs pour leur sens patriotique, je leur demande de se regrouper pour leur enregistrement, en attendant le processus du DDR » (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion), a ajouté le leader de la milice.

Le capitaine Kamezou-laï est allé plus loin, en reconnaissant les crimes de certains membres des Antibalaka. « Je demande pardon au peuple centrafricain pour les abus dont ils ont fait l'objet de la part d'Antibalaka véreux », a-t-il déclaré.

Il a ajouté qu'il était désormais, en tant que membre des FACA, à la disposition de la nation. « Après cette déclaration, je me mets à la disposition du haut commandement de mon pays pour le servir », a-t-il dit.

Selon lui, tous les Antibalaka doivent respecter cette instruction sous peine d'être « traités comme des bandits » par les forces de l'ordre et de sécurité.

Antibalaka et Séléka ont signé le 23 juillet dernier à Brazzaville, au Congo, un accord de cessez-le-feu aux termes duquel ils s'engagent « à cesser toute hostilité et toute entrave à l'exercice de l'autorité de l'Etat, de la libre circulation des biens et des personnes ». Les signataires  doivent par ailleurs s'abstenir « de toute action visant à nuire à la concorde nationale ».

Les responsables des Antibalaka organisent par ailleurs de mardi à jeudi des séances de conscientisation dans certains quartiers de la capitale Bangui. Partout, le mot d'ordre est RECONCILIATION NATIONALE.

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