Bangui : un réseau de malfrats démantelé dans le 8e arrondissement Des miliciens Antibalaka œuvrant dans le 8e arrondissement de Bangui ont appréhendé ce vendredi matin, deux hommes présentés comme les cerveaux des actes de braquages dans le secteur.

Selon les éléments du groupe qui a mené l’opération ayant conduit à l’arrestation des présumés malfrats, les deux hommes font partie intégrante d’un réseau, piloté par un haut cadre de la présidence de la République, et spécialisé dans la vente des véhicules volés.

Selon les miliciens qui ont mené l’opération de démantèlement, cette chaîne de malfrats est à l’origine de nombreux enlèvements dans les quartiers nord de Bangui de véhicules appartenant à des institutions nationales,  internationales, des organisations non gouvernementales nationales et internationales, mais également des particuliers. 

« C’est depuis longtemps que nous cherchons à arrêter ces hommes. Nous avons accepté de jouer leur jeu afin qu’ils viennent vers nous. Ils ont confirmé que c’est un directeur au niveau de la présidence qui les envoie. Nous avons proposé un chèque de 2 millions de francs CFA pour un achat de véhicule. Ils ont exigé dans un premier temps l’argent, ce que nous avons refusé exigeant d’abord de voir le véhicule afin de leur remettre l’argent. C’est pour cela que ces hommes sont ici », explique l’un des responsables des Antibalaka sous couvert de l’anonymat.

Mais les deux personnes appréhendées, Yvon Makanda et Charles Loudégué, qui se présentent comme étant des officiers des Forces armées centrafricaines (FACA), infirment cette accusation.

« C’est une autorité qui nous a mandaté de lui chercher un véhicule d’occasion pour qu’il achète afin de l’utiliser. Nous suivons les démarches depuis deux semaines. Nous avons été informés d’une voiture occasionnée ici. A notre arrivée, nous sommes pris à partie », indique l’un des présumés.

« Nous n’avons jamais fait ce genre de chose. Je reconnais ne jamais acheter de véhicules dans ma vie et je ne suis pas démarcheur », a-t-il ajouté.

Le cadre de la présidence de la République mis en cause dans cette affaire serait le Directeur des services de la documentation. Il n’a pas encore commenté l’information.

En attendant l’ouverture d’une enquête afin d’établir les responsabilités sur cette affaire, les deux hommes ont été remis aux Forces onusiennes, arrivées sur les lieux.

La traque aux bandits qui est lancée, fait suite à une vaste campagne de sensibilisation menée par Gertrude Sakanga Oaudos, pacificatrice nationale auprès des miliciens Antibalaka.

Des recommandations de l’armée pour une sortie de crise en 19 points Les officiers généraux, supérieurs et sous officiers ont fait mardi au gouvernement de la transition que dirige Mahamat Kamoun une vingtaine de recommandations. Ils entendent ainsi redorer le blason de l'armée nationale afin de redonner confiance au peuple et la faire participer au décollage économique de la République Centrafricaine (RCA).

Les recommandations ont été émises à l’occasion de la clôture de l'atelier de deux jours sur la mise en place des stratégies de sortie de crise qui s’est tenu au Conseil national de transition (CNT, le parlement provisoire).
 
Parmi les 19 recommandations, figurent l'implantation des casernes, des poudrières et magasins d'armes par textes de loi, la mise en place d'un organe technique du pilotage de l'embargo, l'opérationnalisation des Forces armées centrafricaines (FACA) dans un délai raisonnable,  l'intégration des ex-combattants conformément aux critères légaux et en harmonie avec les normes internationales, la restitution des équipements militaires saisis et confisqués par les pays voisins.

La ministre d’Etat en charge de la Défense nationale, Marie Noëlle Koyara, se réjouit de l’engagement des forces de défense et de sécurité à appuyer les forces internationales dans le processus du rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire. « Le fait de voir nos forces aux côtés de la population avec les autres forces opérationnelles sera un très grand réconfort et surtout une grande valeur qu’on va donner à la République Centrafricaine », a-t-elle expliqué.
 
La ministre Koyara souhaite voir l'application de ces recommandations dans un bref délai. « Un pays a une grande valeur à partir de ses forces armées. On se donne bientôt rendez-vous dans la mise en application de ces recommandations ».

Les officiers généraux, supérieurs et sous officiers estiment que l'embargo imposé par la communauté internationale est une mesure favorable pour le peuple centrafricain. « Les mesures qui ont été prises par la communauté internationale étaient salutaires. Beaucoup d’armes étaient dissimulées dans les quartiers et ces armes n’ont pas fait bon usage », a fait remarquer le lieutenant-colonel Ghislaine Léa Yangongo, chef de mission en matière de la réforme du secteur de sécurité au ministère de la Défense, soutenant que de nombreuses armes circulent sur le territoire national et ne sont pas utilisées dans les normes.
 
« Il était clair que la communauté internationale prenne des mesures. Ensemble, nous avons réfléchi pour mettre en place des stratégies afin de ramener la plupart de ces armes dans nos casernes en vue de les utiliser au profit de la population centrafricaine », a ajouté le lieutenant-colonel.

La rencontre a regroupé plus de 70 cadres de l'Armé nationale, des autorités de la Mission des Nations Unies en Centrafrique (Minusca), des responsables de la Sangaris, de la Force européenne (Eufor-RCA) et ceux du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Vive tension ce mardi à l’université de Bangui Les étudiants boursiers sont montés au créneau ce mardi 24 février pour réclamer du gouvernement, dirigé par le Premier ministre Mahamat Kamoun, le versement de la totalité des bourses d’études au titre de l’année académique 2013-2014.
 
« Nous sommes là pour revendiquer le paiement de nos anciennes bourses de l’année 2013-2014. Il y a un mois que la liste définitive des étudiants boursiers est bloquée quelque part. A partir d’aujourd’hui, nous n’allons pas céder jusqu’à ce que le gouvernement trouve une solution », a déclaré l’un des leaders de ces manifestations.
 
Les étudiants en colère ont érigé des barricades sur les axes routiers accédant au campus universitaire. Munis de projectiles, barres de fer et de bouts de bois, ces manifestants se sont attaqués aux véhicules et autres engins qui tentaient de forcer le passage.

Un véhicule des Nations Unies a même essuyé des projectiles. L’équipe de patrouille de la Force française Sangaris a également été prise à parti par les protestataires. Pour les disperser, les soldats français de la Sangaris ont fait usage des gaz lacrymogènes. La circulation a été perturbée sur l’avenue des Martyrs et l’avenue Kongowara pendant plusieurs heures.
 
Le ministre délégué aux Finances et au budget, Célestin Yanéndji, dépêché en émissaire du gouvernement sur le campus est rentré en négociation avec les représentants des étudiants en présence du Recteur de l’université de Bangui, Professeur Gustave Bobossi-Sérengbé. Selon le ministre délégué, le gouvernement est surpris par ce mouvement de contestation et attend mettre tout en œuvre pour répondre à la revendication.

Kévin Yabada, président de l’Association nationale des étudiants centrafricains (ANECA) demande à ses pairs d’user de patience.

« Nous sommes à 9 heures, donnez-nous le temps de vite faire. Nous irons avec le ministre qui est lui-même sur le terrain, et si c’est possible [Ndlr : que l’argent soit décaissé] il y a encore du temps [Ndlr : pour payer] », a proposé le président de l’ANECA.

L’appel au calme lancé par Kévin Yabada est aussitôt suivi d’effets. Le mouvement de grève est suspendu en attendant la suite des pourparlers qui devraient aboutir au versement d’un mois de bourse aux ayants droit. Conséquences, les cours sont perturbés dans toutes les filières de l’université de Bangui.

Bientôt le retour des Forces armées centrafricaines La montée exponentielle des récents évènements en République Centrafricaine (RCA) interpelle par son degré de violences et de haines partagées par la population. Le commandement des Forces armées centrafricaines (FACA) est tombé quasiment dans l’oubliette. Les 8.000 militaires qui composent les FACA se sont dissimulés dans la nature, laissant champ libre à deux groupes armés non conventionnels notamment Séléka et Antibalaka, de contrôler et de sévir sur l’ensemble du territoire national.

En deux ans de crise politique et inter-communautaire, la Centrafrique s’est enfoncée dans une spirale d’autodestruction sans précédent. La situation sécuritaire reste très volatile tant à Bangui qu’en province.
 
Aujourd’hui, quelles sont les mesures concrètes prises par les pouvoirs publics pour remédier à l’absence de l’armée ? La  population a-t-elle toujours confiance en son armée ? Quels risques encourt un Etat sans militaires ?

La vision de la réforme des FACA en une force armée républicaine, professionnelle, multiethnique et opérationnelle, reste aujourd’hui, la solution sine qua non à la restauration de la stabilité sur le territoire national. Les Centrafricains l’ont fait savoir plusieurs fois aux autorités de transition qui, elles aussi, multiplient les plaidoyers en faveur de cette restructuration de l’armée.
 
Maintenant que le conflit prend fin, les autorités estiment qu’il est essentiel de réformer le système de sécurité du pays pour permettre aux populations de se sentir en sécurité et d'avoir confiance dans les institutions étatiques.

Déjà, une nouvelle mission européenne destinée à prendre le relais de la force européenne, Eufor-RCA, à partir de mars 2015 est approuvée. La mission se fixera de réformer les services de sécurité (RSS), bref, remettre sur pied l’armée centrafricaine (FACA), avec tout d’abord une mission de conseil stratégique, puis quelques formations.

Le nouveau commandement militaire mis en place par la présidente de transition Catherine Samba Panza mène plusieurs opérations de contrôle d’effectifs pour débusquer les soldats indélicats.

Le ministre d’Etat à la Défense, de la restructuration des armées, Marie Noëlle Koyara, a ouvert ce lundi 23 février un atelier de réflexion sur les stratégies pouvant permettre à l’armée de reprendre le contrôle de la situation sécuritaire.

Le général de division Jean-Pierre Dollewaya, précise que l’élite de l’armée centrafricaine a souhaité mettre en place d’abord les stratégies comportant les thématiques entre autres l'état des lieux du secteur de sécurité, l'interprétation des résolutions y compris l'embargo, la procédure d'intégration et les mesures de confiance.

Parlant des démarches entreprises en perspective de la restructuration des Forces armées centrafricaines, des mouvements sont apportés tant au cabinet ministériel qu’à l’état-major. Des officiers supérieurs des FACA sont nommés par décret présidentiel à des postes de responsabilité.

Le colonel Zéphirin Mamadou du Bataillon de soutien et des services (BSS), est nommé directeur de cabinet du ministère de la Défense nationale et de la restructuration des armées.

Le général de division François Mobebou devient le chef d’état-major des armées. Le chef d’Etat-major sortant, le général de Brigade Jérôme Bouba, occupe désormais le poste d’inspecteur général de l’armée nationale.

Aujourd’hui, 5.500 hommes sont dans la nature. Pour les autorités de transition, ils sont devenus de véritables dangers publics. Aujourd’hui, un hors-la-loi sur trois relève de ce milieu.

Les Forces armées centrafricaines ne sont plus opérationnelles depuis la prise du pouvoir par la coalition rebelle Séléka le 24 mars 2013. La communauté internationale a imposé un embargo pour le réarmement des FACA sous prétexte que c’est une force mono ethnique. Les conflits de 2012 et 2013-2014, ont mis fin à l'armée régulière centrafricaine.

En attendant, ce sont les forces internationales déployées dans ce pays qui assurent la sécurité du territoire.

6 millions F CFA volés chez Ecobank ce jeudi à Bangui Une somme à hauteur de six millions de francs CFA a été volée ce jeudi matin à l’agence Ecobank située à proximité de l’Université de Bangui (1er arrondissement) selon un cadre de la direction de Ecobank Centrafrique. Mais selon des témoignages recueillis sur place auprès de certains témoins, la somme volée serait d’environ 2.950.000 francs CFA. Selon un témoin, l’argent devait être versé par un contribuable qui devait le récupérer à Douala au Cameroun. Le  braquage qui s’est produit aux environs de 8 heures 40 minutes a été attribué à quatre hommes armés non identifiés.

Selon un autre témoin, présent aux guichets au moment de l’attaque, trois des bandits armés, arrivés à la succursale Ecobank à bord d’un véhicule 4x4, se sont présentés aux guichets intimant l’ordre au personnel de leur donner de l’argent.
 
« On était quinze clients à l’intérieur. Aussitôt, deux personnes ont fait leur entrée dans la salle. L’un portait une casquette avec des sparadraps à la joue, l’autre en culotte. Ils ont été reçus par un gendarme qui voulait savoir ce qu’il pouvait faire pour eux. Ceux-ci n’ont pas répondu. Un troisième est encore entré, masqué jusqu’au visage et tenant un AK47. « Que personne ne bouge », a dit ce dernier. Immédiatement le gendarme s’est retourné pour chercher à arracher l’arme », a expliqué le client qui n’avait pas pu faire son opération bancaire.

L’un des trois braqueurs qui portait une kalachnikov a été immobilisé à l’intérieur par un gendarme en poste à l’agence, déclenchant une bagarre avec les autres brigands.

« La bagarre a commencé et le gendarme a réussi a enlevé le chargeur de l’arme. Pendant ce temps, le brigand l’a frappé avec l’arme qu’il a en main. Les deux autres qui étaient devant la caissière ont sorti leurs pistolets et l’ont braqué. Nous avons pu sortir grâce au gendarme qui était à l’intérieur. Celui qui est dehors a pris fuite », s’est indigné une dame qui se trouvait dans la salle.

Le véhicule des braqueurs, après le forfait, a pris la direction de l’avenue de l’Indépendance avant de faire demi tour et d’emprunter l’avenue des Martyrs en allant vers l’hôpital communautaire.

Le Directeur général de Ecobank Centrafrique et plusieurs cadres de cette institution bancaire sont arrivés sur les lieux. Aucune déclaration n’a été faite à la presse. Une décision à huis clos a été prise et la succursale a été automatiquement fermée.

Avant l’opération de fermeture, de passage devant l’agence Ecobank, le Premier ministre, Mahamat Kamoun, s’est arrêté pour s’imprégner de la situation.

Le ministre de la Sécurité publique, Nicaise Samedi Karnou, est également passé mais n’a pas voulu se livrer à la presse qui s’apprêtait à le questionner.

Le procureur général, Ghislain Grézénguet, informé de cet acte, est venu échanger avec les responsables d’Ecobank aux fins d’ouvrir une enquête et traquer les auteurs.

Ce jeudi aux environs de 12 heures en face du commissariat du 8e arrondissement, le receveur d’un bus de la Société de nationale de transport urbain (SONATU) a été agressé par huit hommes qui l’ont dépouillé d’une somme de 80.000 francs CFA.

Déjà hier nuit, dans le 4e arrondissement, un conducteur de taxi a été tué et cinq taxis ont été emportés par les agresseurs, tous des hommes armés. L’acte s’est produit aux environs de 20 heures au quartier Fouh.

Le secrétaire général du syndicat des conducteurs des taxis et bus, René Pierre Sokambi-Kandjia, a décrié la situation et appelé ses pairs à plus de vigilance. Il exhorte les autorités de la transition, en particulier le ministère de la Sécurité publique, à prendre ses responsabilités.

Braquage à Bangui : un véhicule de la gendarmerie volé Un véhicule de la gendarmerie, à bord duquel se trouvaient deux gendarmes, a été volé mardi après midi par des hommes armés dans le 4e arrondissement, le bastion des miliciens Antibalaka.
 
Le véhicule aurait été aperçu, selon certaines sources, dans la même nuit à Damara dans l’Ombella M’Poko en direction de la ville de Bouca dans l’Ouham. « Il était environ 22h 43 mn, lorsque nous avons aperçu le véhicule sur lequel il est écrit ‘‘Gendarmerie’’. Le véhicule roulait à toute vitesse et a pris la route de Bouca avec deux éléments à bord, le chauffeur et une autre personne », a indiqué ce mercredi au téléphone un témoin à Damara.
 
RNL attend les explications du directeur général adjoint de la gendarmerie nationale qui a promis donner des explications sur les circonstances de ce braquage.

Mardi en fin d’après midi, une partie du 4e arrondissement a été le théâtre des tirs à l’arme automatique. Cette situation a plongé la population dans la psychose généralisée.

Par ailleurs, la tension est montée d’un cran mardi au centre-ville, la situation a occasionné des débandades.

Le véhicule de Mahamat Ousmane Mahamat, ancien ministre de l’Urbanisme, a été attaqué par un groupe de jeunes surexcités, assimilés à des enfants de la rue. Le préfet de la Ouaka, El Hadj Abakar Ben Ousmane, se trouvait à bord de ce véhicule. Il était accompagné de deux aides de camp de l’ancien ministre qui assuraient sa sécurité.

Les vraies raisons de cette agression ne sont pas encore élucidées. Certaines sources parlent d’une suspicion des aides de camp comme étant des ex-combattants Séléka.

Joint au téléphone par RNL, Mahamat Ousmane Mahamat regrette et condamne cet incident. « Mon véhicule de commandement était à la disposition du préfet de la Ouaka, El Hadj Abakar Ben Ousman avec deux aides de camp détachés pour assurer sa sécurité. Arrivé hier mardi au rond point centre ville, le véhicule a connu une panne de carburant. L’aide de camp était descendu pour aller acheter du carburant laissant son arme dans le véhicule, le préfet était rentré à Ecobank et le chauffeur resté dans la voiture », a-t-il expliqué.

Les rapprochés de l’ancien ministre ont eu la vie sauve grâce à l’intervention des forces internationales dépêchées sur les lieux. « (…) la voiture a été prise d’assaut par un groupe de jeunes (…) en présence des éléments de la gendarmerie nationale. C’est la Minusca qui a intervenu pour sauver les aides de camp », a regretté l’ancien ministre. 

Mahamat Ousmane Mahamat rassure qu’il dispose d’une autorisation de port d’arme délivrée par l’état-major des Forces armées centrafricaines (FACA). 

Ce mercredi, la tension a baissé à Bangui après la montée en puissance de l’insécurité de ces dernières heures.

A Bambari dans la Ouaka au centre-est de la Centrafrique, une accalmie règne dans la ville après la journée mouvementée de mardi.

Les pro-Séléka, fidèles au général Ali Daras, s’opposent au départ sous pression et au désarmement de leur chef et maintiennent leurs positions dans les locaux de la Douane qu’ils occupent jusque-là.

L’hôpital de Bambari, menacé de prise d’assaut par ces éléments armés, est sous contrôle des Forces internationales. Mais, les esprits sont toujours hantés par la peur.

Le général Ali Daras et ses hommes, qui ont signé un accord de paix, sont toujours retranchés dans leur nouvelle base de l’Elevage située à l’extrémité est de la ville de Bambari.

Ali Daras quitte la Cour d’appel de Bambari : mécontentement des Musulmans La situation reste volatile et très précaire depuis le départ du général Séléka Ali Daras de la Cour d’appel de Bambari dans la Ouaka (centre-est) de la République Centrafricaine. Selon les témoignages, des barrières érigées par les jeunes Musulmans et ex-Séléka, depuis vendredi dans la ville, ont été démantelées par les forces internationales et les Casques bleus du contingent congolais.

« La situation à Bambari reste tendue. (…) des barrières illégales ont été érigées par les Musulmans et des ex-Séléka en face de la Cour d’appel et sur le pont du marigot Boukako sur l’axe Bangassou. Lundi, les barrières ont été démantelées par les forces Sangaris et des jeunes déplacés internes », a témoigné un déplacé sous couvert de l’anonymat. 

« Lors du démantèlement du pont de la Ouaka, des jets de grenades ont fait deux morts et quinze blessés parmi les déplacés internes », a ajouté un témoin des évènements.

« Depuis trois jours, les Musulmans ont envahi la Cour d’appel abandonnée par Ali Daras et ses hommes », a expliqué sous l’anonymat un membre de la société civile joint au téléphone. « Au niveau du pont de la rivière Ouaka, personne ne peut traverser, les manifestants empêchent tout le monde d’aller de l’autre côté de la rive pour se ravitailler en nourriture. Ils jettent des projectiles sur quiconque essaie de discuter », a-t-il ajouté.

Du coup, les déplacés internes de la ville, localisés au centre administratif, éprouvent des difficultés à avoir de l’eau potable et même de la nourriture. Les organisations humanitaires, qui traitent et leur fournissent de l’eau de consommation, sont empêchées par des manifestants de circuler.

« Les déplacés internes manquent d’eau et de nourriture. L’ONG Triangle international éprouve des difficultés à les ravitailler », a précisé une habitante du site sous contrôle des forces internationales.

Selon une autre source de la société civile, « Les Musulmans ne sont pas d’accord du départ d’Ali Daras qui les a laissés dans une situation désastreuse et à la merci des Antibalaka ».

D’après d’autres sources locales, il n’est pas facile de donner le bilan exact des dégâts humains.

Les Casques bleus Congolais, appuyés par les soldats français de l’opération Sangaris, contrôlent depuis ce mardi la ville, après avoir repoussé les manifestants de la Cour d’appel. Selon des témoins, les Musulmans sont encore visibles à la direction de la douane de Bambari.

L’hôpital régional et universitaire de Bambari aurait été pris d’assaut, selon des sources, ce mardi par les jeunes musulmans armés. Le général Ali Daras et ses éléments se sont retirés de la Cour d’appel sur instruction des Forces internationales et se trouveraient toujours dans la ville de Bambari.

Au moins 3 morts ce week-end à Bangui Le week-end a été mouvementé à Bangui la capitale centrafricaine. Au moins 03 personnes ont été tuées à l’arme blanche au Pk5 dans le 3e arrondissement, fief des musulmans. La communauté musulmane a réagi en représailles à l'assassinat samedi en fin d’après midi d'un membre de leur communauté devant la Primature par des individus non identifiées.
 
« Un jeune musulman a été tué samedi soir devant la Primature en plein centre administratif par des individus armés non identifiés. A la vue du corps qui a d’abord été déporté au Camp Béal où sont basés les ex-combattants Séléka, puis conduit à nous et déposé à la mosquée, les musulmans de Pk5 sont rentrés dans tous leurs états », a rapporté Abakar Ousmane, porte-parole des musulmans.
 
La violence a connu une ascension exponentielle, bien que les circonstances dans lesquelles le jeune musulman a trouvé la mort samedi soir, ne soient pas vraiment élucidées.
 
« La victime est un combattant ex-Séléka caserné au Camp Béal (Camp militaire non loin de la Primature). Il venait, muni d’un couteau, pour braquer une moto. Le propriétaire de la moto, plus fort que lui, l’a mis à terre, a récupéré le couteau et l’a poignardé dans le cou. Il en est mort par la suite », a expliqué sous l’anonymat, un habitant du quartier 200 villas voisin au Camp Béal et à la Primature, qui affirme avoir suivi la scène.
 
Cette version a été confirmée par des sources hospitalières.
 
L’incident a été mal accueilli au sein de la communauté musulmane de Pk5 qui, en représailles, a donné la mort à deux personnes en déplacement dans le secteur le soir même.
 
« Mon neveu, un vendeur d’éventails s’est rendu samedi soir aux environs de 18 heures au Pk5 pour livrer des pacques d’eau. Il a été tué atrocement. Les bourreaux l’ont décapité, éventré et dépiécé ses membres supérieurs. Des connaissances l’ont transféré à la morgue et nous ont alerté par la suite », a expliqué l’oncle de l’une des victimes, âgé de 17 ans à RNL.
 
La tension s’est dégénérée dimanche matin avec de nombreuses autres scènes de violences. Trois leaders de cette communauté musulmane dont un ministre en fonction qui tentaient de calmer les manifestants, ont même été temporairement séquestrés avant d’être relâchés.
 
Réactions dans d’autres quartiers de Bangui

Des jeunes armés assimilés aux miliciens Antibalaka du quartier voisin de Fatima, ont menacé d’attaquer le quartier Pk5 en représailles, mais ont renoncé à ce projet. Dans les 4e et 8e arrondissements, des miliciens Antibalaka se sont livrés pendant un moment à des tirs sporadiques, bloquant temporairement la circulation.

Un calme relatif est revenu en fin de soirée, suivi de la reprise de la circulation dans les quartiers nord. Tandis qu’au Pk5, les commerces sont restés fermés et, la circulation bloquée toute la journée.

Le président de la Communauté islamique de Centrafrique (CICA) est intervenu pour déplorer ce regain de violence.  « Les ennemis de la paix ont encore mis en mal les efforts de cohésion sociale en cours en République Centrafricaine. Nous devons chercher les auteurs de ces crimes pour les soumettre en justice. Nous devons éviter les tensions inter-communautaires », a déclaré l’Imam Oumar Kobine Layama.

« Nous appelons aussi le gouvernement à prendre ses responsabilités pour protéger la population, faire arrêter les auteurs de ces violences et les traduire en justice », a-t-il ajouté.

Les autorités de transition, elles, ne se sont pas encore prononcées sur cet incident.

Des bâtiments publics repris par les forces internationales à Bria La Ville de Bria (Haute Kotto, 600 kilomètres de Bangui) dans le nord-est de la République Centrafricaine (RCA) a été ébranlée mardi matin par des tirs d'armes lourdes et automatiques des soldats des forces internationales.

Les positions des ex-combattants Séléka ont été attaquées aux environs de 05h 30. Des frappes aériennes de grande envergure, menées par les forces internationales, ont visé les sites occupés par ces ex-rebelles. « L’opération consiste à la reprise de certains édifices publics à Bria, occupés illégalement par les éléments armés ex-Séléka du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) », a indiqué un communiqué de presse de la Minusca.

Des sources locales parlent des morts et des blessés mais ne donnent pas encore de bilan précis. Les frappes ont été menées par les Casques bleus de l'ONU avec l’appui logistique de l'opération française Sangaris.

Les sites occupés par ces ex-combattants Séléka,  cibles de cette frappe, sont entre autres les résidences du préfet, du sous-préfet, le tribunal, le commissariat de police. Difficile de mesurer l’ampleur des dégâts matériels pour l'instant.

De source hospitalière, on parle de 4 blessés. Un porte-parole de la Séléka, Mahouloud Moussa Moctar, annonce avoir connaissance d’au-moins 4 morts, civils et combattants Séléka, déposés à la Mosquée centrale de Bria. 

Pour la Minusca, « cette opération, intervenue après le refus répété des groupes armés d’évacuer pacifiquement les emprises de l’Etat, vise, entre autres, à mettre fin à l’existence d’une administration parallèle et à assurer davantage la protection des civils ».
 
Selon des témoignages locaux, les forces internationales ont occupé tous les points stratégiques de la ville. Aucune présence d’ex-combattants n’était visible toute la matinée. Ils ont fondu dans la nature, mêlés à la population, selon les témoins. 

L’attaque permet de faire appliquer les mesures de confiance en vue de désarmer les combattants, de lever les barrières illégales érigées par ceux-ci, et de mettre fin aux désignations anarchiques à des postes de responsabilité.
 
Vendredi dernier, le général Arda Hakouna qui s'est autoproclamé chef d’état-major de la région militaire du nord-est, a nommé de nouvelles personnalités à la tête de la délégation spéciale de la ville de Bria, une situation perçue par la population comme le déclencheur de l'attaque.

L'opération d’envergure devrait également permettre la restauration de l’autorité de l’État, à savoir, récupérer les édifices publics sous contrôle des Séléka, les régies financières (douanes, impôts, mines)…, et permettre aux fonctionnaires et agents de l’Etat démis de leur responsabilité de reprendre le travail.

« Cette initiative a également pour objectif de permettre la tenue des consultations populaires à Bria en donnant aux citoyens la possibilité de s’exprimer librement sur ce qu’ils pensent être les racines de la crise centrafricaine et leur vision de l’avenir », a aussi précisé le communiqué de la Minusca.

A la mi-journée, les hélicoptères survolaient encore la ville… la situation est sous contrôle des forces internationales. Des blindés sont positionnés à tous les coins des rues… la circulation est limitée, seuls des groupes de badauds formés spontanément sont visibles à certains endroits… la majeure partie de la population est restée chez elle. Les rues sont désertes, les commerces sont restés fermés ont indiqué des témoins joints par RNL.


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