Un calme précaire prévaut au PK 5 de Bangui Un calme encore précaire règne dans le 3ème arrondissement de Bangui notamment au KM5 où des tirs à l'arme lourde et légère ont de nouveau retenti ce matin dans le secteur, plongeant à nouveau les habitants dans la psychose. La Mission multidimensionnelle des Nations unies en Centrafrique Minusca, qui a perdu un homme dans les combats, affirme poursuivre la traque de Haroun Gaye, chef de fil de cette milice aujourd'hui recherché par la justice centrafricaine.

« Nous avions envoyé les casques bleus poursuivre leur mission. Il y a eu des tirs dans la matinée mais au moment où je vous parle, les tirs et les grenades ont cessé. Les principales artères qui étaient barricadées sont en voie d'être dégagées. Au niveau de la Minusca, nous pouvons dire que la situation est en train de s'améliorer et nous espérons qu'elle ira beaucoup mieux », a déclaré Hamadoun Touré, porte parole de la Minusca.

Quant au bilan des violences, Hamadoun Touré précise « qu'un élément camerounais de la Minusca a été tué et 8 autres ont été blessés ». Toutefois, renchérit le porte parole de la Minusca, « Tous les casques bleus sont mobilisés pour assurer une forte présence dans le secteur du 3ème arrondissement, afin de protéger les populations ».

Conséquence de ce regain de tension dans le 3ème arrondissement ce lundi, une personne aurait été tuée, une dizaine de femmes et d'enfants selon des informations recueillies par Radio Ndeke Luka seraient touchés par des gaz lacrymogènes.  

« Depuis ce matin, les forces onusiennes sont venues enlevées les barrières devant la mosquée en faisant usage des gaz lacrymogènes. Une dizaine de femmes et d'enfants qui ne supportent pas les effets des gaz sont actuellement au niveau de la Croix rouge. D'autres ont quitté le site pour se rendre au fond du quartier. Nous demandons au gouvernement d'ordonner aux éléments de la Minusca d'arrêter les violences pour ouvrir des discussions avec ceux qui ont érigé les barrières », a souhaité Mahamat Nasser, représentant de la jeunesse du site de la mosquée centrale.

Au sujet de la tension qui prévaut toujours au km5, Abdoulaye Hissène, le vice-président du Rassemblement Patriotique pour le Renouveau de Centrafrique (RPRC) estime, pour sa , que la Minusca a procédé à un désarmement erroné du fait que les conditions du DDR n'ont pas été respectées par cette institution onusienne. « Quand nous avions signé cet accord, il n'y avait pas ce qu'on appelle pré DDR. L'accord que tous les groupes rebelles ont signé et paraphé par le gouvernement et la communauté internationale s'appelle désarmement. Si aujourd'hui les responsables ne veulent pas que ces gens là soient désarmés, nous ne sommes pas responsables. Ils nous ont fait savoir qu'ils vont faire un pré DDR. On a aussi appris que l'Angola a donné 3 millions de dollars pour ce pré DDR, où est l'argent ? Pourquoi n'attend-on pas l'organisation du désarmement ? », s'est-il interrogé.

Le désarmement, conclut Abdoulaye Hissène « est un processus qui a ses règles, ce qu'à fait la Minusca au KM5 n'est pas un désarmement. Les gens sont partis expressément au KM 5 parce qu'il y a un calme et comme nous tendons vers les élections, ils ne veulent pas que ces élections aient lieu. Il y a des gens qui veulent à ce que l'insécurité persiste afin qu'ils gagnent. Cette insécurité est souhaitée ».

Des violents affrontements ont opposé ce week-end au KM5 dans le 3ème arrondissement de Bangui, un groupe armé à des éléments de la Minusca qui ont voulu procédé à l’arrestation de Haroun Gaye, chef d’une milice dans ledit arrondissement. Le bilan provisoire des heurts fait état d’au moins 5 morts dont un casque-bleu de la Minusca.


Beloko : des attaques des groupes armés font 4 blessés dont 2 casques bleus Un convoi en provenance de Garoua-Boulaï pour la Capitale centrafricaine a encore été attaquée ce mercredi, 29 juillet 2015 après les violents combats qui ont opposé la veille, les éléments bangladais de la Minusca à des hommes armés non identifiés à 15 Km de Béloko faisant deux blessés dont un camionneur.

L'attaque du mardi, 28 juillet 2015 a, elle aussi fait deux blessés dont un grièvement dans les rangs des soldats bangladais de la Minusca chargés de l'escorte des convois en direction du Cameroun. Les éléments de la force onusienne blessés ont automatiquement été rapatriés sur Bangui dans la même journée d’hier à bord d’un hélicoptère de la Minusca.

Sous couvert de l'anonymat, un habitant de Beloko explique « les convois qui ont quitté Bangui pour Garoua-Boulaï le samedi dernier sont tombés hier dans une embuscade à 18 Km de Beloko. Un hélicoptère de la Minusca est arrivé dans la zone pour rapatrier à Bangui, les militaires du contingent bangladais de la Minusca qui sont blessés dans les combats d'hier. Cependant, le convoi en provenance du Cameroun a lui aussi quitté Garoua-Boulï pour Bangui », ajoutant par ailleurs qu'une accalmie encore précaire règne ce mercredi, 29 juillet 2015 dans cette région centrafricaine frontalière du Cameroun.

Ce mercredi, 29 juillet 2015, le convoi qui a quitté Bangui samedi dernier pour le Cameroun a finalement traversé la frontière alors que les convois en direction de  Bangui ont fait le chemin inverse.

La Minusca visée

Du côté de la Minusca dont les éléments ont été blessés lors de cette attaque, le colonel Adolphe Manirakiza, porte parole militaire de la Minusca précise que ce n'est pas le convoi qui a subi des tirs mais des éléments de la Minusca – en patrouille qui ont été visés : « Effectivement il y a des casques bleus en patrouille qui ont été attaqués. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que parmi les mesures qu'on a prises, avant le départ de tout convoi, on envoie une équipe de notre patrouille s'assurer s'il n'y a pas de points qui cachent quelques bandits armés qui s'apprêtent à attaquer les convois et c'est sur cette patrouille que les malfaiteurs ont tiré mais pas sur le convoi en soi ».

Colonel Adolphe Manirakizi rappelle que des garanties de sécurité ont été données aux transporteurs en grève avant que le convoi ne quitte Bangui pour le Cameroun : « Nous avons pris des mesures rassurantes sur la route principale N°1 et les camionneurs qui ont menacé de cesser tout trafic sur le tronçon ont été convaincus des mesures de sécurité qui ont été prises », explique-t-il.

Problème diplomatique

Alors que les transporteurs centrafricains reprennent les activités sur cet axe stratégique pour l'économie aussi bien centrafricaine que camerounaise, les transporteurs camerounais ont – eux décidé de procéder à compter de ce 29 juillet 2015, à un blocus du corridor Douala-Bangui suite à une attaque rebelle dans les environs de Beloko en territoire centrafricain et qui a officiellement fait 4 morts et 11 blessés. Cette information a été rendue publique par le ministre camerounais des Transports, Robert Nkili, à la suite d’une réunion avec le Syndicat des chauffeurs professionnels du Cameroun.

Conscients du fait que la sécurité des transporteurs est plus qu'un problème de sécurité mais bien un problème diplomatique, les camionneurs camerounais exigent avant toute reprise d'activités « des garanties de sécurité » de la part du gouvernement camerounais et « l’activation de l’action gouvernementale, côté centrafricain, aux fins de la mise en place d’un cadre de concertation au plus haut sommet du Cameroun et de la RCA, avec l’implication de la Minusca ».

Un mini sommet Centrafrique-Cameroun-Minusca – à la demande des autorités camerounaises pourrait se tenir mi-août sur cette question d'insécurité sur le corridor Bangui-Douala.

Rapt à Baboua : ouverture des négociations Les négociations sont ouvertes à Baboua dans la Nana Mambéré (ouest de la Centrafrique) entre les ravisseurs du Maire et du Sous-préfet de la ville kidnappés dimanche dernier par des hommes armés. Aujourd'hui, les ravisseurs sont identifiés, les autorités locales préfectorales ainsi que le gouvernement de la transition sont entrés en discussion afin d'obtenir la libération des otages. 

« Les otages sont toujours aux mains de leurs ravisseurs. Nous avons pris des contacts humains et le gouvernement aussi est en train de se battre pour que ces otages soient libérés. Il y a un effort qui se fait au niveau de la préfecture tout comme au niveau du gouvernement », a confirmé à RNL le préfet de la Nana Mambéré, Frédéric Ouagonda.

La sensibilité de la question et l'engagement des négociations avec les hommes armés nécessite une finesse et plus de diplomatie pour aboutir à des résultats probants et concluants. Politique utilisée par le préfet Ouagonda qui souhaite ne pas dévoiler l'identité des ravisseurs.

« Généralement, dans ces conditions et avec l'expérience que j'ai eue avec la première prise d'otages, ils les font déplacer de temps en temps. Etant donné que nous sommes en train de nous battre pour trouver une solution, je souhaiterais rester dans la discrétion pour ne pas capoter l'effort qui se déploie actuellement ».

Pour le préfet de la Nana Mambéré, ces hommes en armes souhaitent une protection en vue de leur réinsertion dans la société. Seulement, la procédure mise en place n'est pas la bonne. « Ce sont toujours les mêmes revendications : nous avons passé beaucoup de temps en brousse nous voulons sortir. Etant donné que ce sont des gens qui ont mené des actions contre la sécurité, ils souhaiteraient avoir des couvertures, mais avoir une couverture, ce n'est pas toujours de commettre des exactions », a  ajouté le préfet.

Le 19 juillet dernier le Maire, le Sous-préfet de Baboua et un pasteur de la localité ont été kidnappés par les hommes armés qui se réclament du « Groupe d'attaque de l’Église de Fatima ».

Un Communiqué de presse signé le 21 juillet d’un certain Colonel Abakar Sambla, qui dit être auteur de l’attaque de l’Église catholique de Fatima à Bangui le 28 mai 2014, déclare que l’enlèvement du Maire et du Sous-préfet de Baboua constitue une exigence pour revendiquer le versement de la somme de 350 millions de francs CFA promise par une personnalité proche du Chef de l’État de la transition après l'attaque de l’Église.

Le Groupe conditionne la libération des otages au versement de la totalité du montant annoncé, remettant en cause l'accusation portée contre les hommes du Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC).

Le gouvernement de la transition avait condamné lundi les multiples rapts sur le tronçon Bouar-Béloko mettant en garde les assaillants.

Le CGPAP hausse le ton

La coordination générale des partis et associations politiques (CGPAP) a réagi jeudi 23 juillet suite à l'enlèvement dimanche dernier par des hommes armés non identifiés des autorités locales de la ville de Baboua dans la Nana Mambéré.

Davy Yama, porte-parole de cette coordination, exige aux autorités centrafricaines en partenariat avec les forces onusiennes de mettre les bouchées doubles en vue d'assurer la sécurité sur le corridor Bangui-Douala, vital pour l'économie nationale.

« Nous saisissons cette occasion pour demander au gouvernement et aux forces internationales de tout mettre en œuvre pour obtenir la libération de ces compatriotes et de tout faire pour intensifier les actions de sécurisation de ce corridor qui est vital pour notre économie nationale et sécuriser aussi l'ensemble du territoire national pour permettre la libre circulation des citoyens centrafricains ».

La coordination générale et associations politiques condamne avec la dernière rigueur ce rapt et somme la mise en liberté des otages. « Nous tenons à condamner cet acte crapuleux et irresponsable de la part des ennemis de la paix. Nous voulons aussi saisir cette occasion pour exiger la libération immédiate et sans condition aucune de ces compatriotes », a martelé Davy Yama.

Réaction de la Minusca

La Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation de la Centrafrique, Minusca se dit très préoccupée par la montée croissante de l'insécurité sur le corridor Bangui-Béloko. Dans un communiqué publié ce 22 juillet, cette mission annonce des dispositions prises à l'issue d'une réunion de sécurité tenue ce 21 juillet à Bouar dans la Nana Mambéré.

Le communiqué précise que des patrouilles régulières seront menées dans le secteur et particulièrement dans la partie située entre Béloko-Baboua, avant d'appliquer les mesures arrêtées de commun accord avec la Force de la Minusca, les syndicalistes et les transporteurs au cours des réunions tenues les 9 et 11 juin dernier à Bangui.

Par ailleurs le Commandant de la Force de la Minusca, le Général Martin Tumenta, a réitéré le renforcement de la collaboration entre tous les acteurs en matière de sécurité pour démanteler définitivement ces groupes armés.

Le FDPC dément être à l'origine des rapts sur l'axe Bouar-Garoua-Mboulaï Le Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC), de Martin Koumtamadji alias Abdoulaye Miskine dément être à l'origine des exactions qui se mènent ces derniers temps sur le tronçon Bouar-Garoua-Mboulaï. Un « lieutenant » de ce mouvement armé, joint par Radio Ndeke Luka ce 21 juillet 2015 réfute les accusations portées à leur endroit.

Démenti

«  Nous appartenons au FDPC du général de division Abdoulaye Miskine. Nous nous trouvons sur l'axe Bouar Garoua-Mboulaï. Sur ce tronçon, on y retrouve d'autres groupes armés qui commettent autant d'exactions qui sont attribuées par le gouvernement aux éléments du FDPC alors que beaucoup savent que  nous sommes un groupe politico-militaire clairement identifié », a déclaré le lieutenant Dieudonné Béoroféï du FDPC.

Ce dernier renvoie la balle dans le camp du gouvernement et s'interroge : «  est-ce que le gouvernement centrafricain a cherché à désarmer les rebelles aussi bien de la Seleka que des Anti balaka qui, depuis lors, continuent de faire usage de leurs armes sur toute l'étendue du territoire centrafricain ? ».

Ce mardi, 21 juillet, un véhicule en provenance de Bouar pour Béloko à la frontière du Cameroun a été attaqué par une bande armée. Le 19 juillet déjà, le Sous-préfet et le Maire de la ville de Baboua puis un pasteur ont été enlevés par des bandits armés assimilés aux éléments du FDPC.

Trait d'union, moyens de pression

Le pasteur qui a été enlevé le même jour que les responsables de la Sous-préfecture de Baboua est aujourd'hui utilisé comme le "trait d'union" entre les populations de Baboua et les ravisseurs.  Tandis que les autorités locales de la ville de Baboua sont encore aux mains des ravisseurs, ils sont utilisés par ceux-ci comme un « moyen de pression » sur les autorités centrafricaines qu'ils invitent à satisfaire leurs revendications qu'ils auraient fait remettre aux autorités locales de Baboua pour les autorités de la transition via le ministre résident de la Nana-Mambéré.

A propos de ces multiples rapts,  le gouvernement centrafricain a, ce lundi, 20 juillet 2015 condamné l'acte avant de mettre en garde les assaillants. L'OCDH par la voix de Me Mathias Barthélemy Morouba, a pour sa part demandé aux forces internationales de s'assumer en assurant la sécurité des Centrafricains qui empruntent cet axe. Les forces de la Minusca, précise Mathias Barthélemy Morouba ont - au travers des différentes résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU - la charge de la protection civile dans le pays.

Selon les informations recueillies auprès des populations de Baboua, il en ressort que l'axe Bouar-Garoua-Mboulaï est aujourd'hui devenu très dangereux à cause des hommes armés qui y sévissent sans craintes. Lesquels ne cessent de rendre la vie difficile aux usagers de ce tronçon qui relie la République Centrafricaine au Cameroun. Sachant que la RCA - pays sans littoral dépend principalement du Cameroun pour son approvisionnement.



Rapt du Sous-préfet et du Maire de Baboua Le Sous-préfet et le Maire de la sous-préfecture de Baboua dans la Nana-Mambéré ont été kidnappés par une bande armée assimilée aux éléments du Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) de Martin Koumtamadji alias Abdoulaye Miskine. Les faits se sont produits le dimanche 19 juillet 2015 aux environs de 17 heures à Goré, village situé à 35 Kms de Baboua.

Selon les informations recueillies par Radio Ndeke Luka, les autorités locales de cette Sous-préfecture s'étaient rendues à Bouar pour prendre part à une rencontre avec le ministre résident de la Nana-Mambéré en mission dans la localité. Un témoin qui requiert l'anonymat précise que "C'est depuis hier(dimanche) aux environs de 17 h que les populations de Baboua ont appris la mauvaise nouvelle du rapt des autorités locales de notre ville qui revenaient de Bouar alors qu'elles avaient pris part à une réunion avec le ministre résident de la Nana-Mambéré. Ils ont été surpris par les coupeurs de route basés vers Fambélé à environ 34 km de Baboua dans un petit village appelé Goré. Et c'est ici que les malfrats leur ont mis la main dessus ".

Ce témoin ajoute par ailleurs que les éléments de cette bande armée, avant de se retirer dans la brousse avec les deux personnalités, ont laissé entendre qu'ils vont les maintenir jusqu'à ce que le gouvernement puisse satisfaire leurs revendications (sans pour autant évoquer ces revendications).
 
Réactions

Devant ce challenge, le gouvernement a aussitôt réagi. Par le truchement de son porte parole - le ministre en charge de l'Administration du territoire et de la décentralisation, Bachir Walidou Modibo, il condamne cet acte. « Il y a une règle internationale qui veut qu'on ne parle pas beaucoup de tout ce qui est en rapport avec le kidnapping, les prises d'otage. Cependant, je ne m’empêcherais pas de vous dire que le gouvernement est au courant de cette affaire dès les premiers instants et condamne fermement ce genre d'action. Nous voudrions dire et faire entendre à tous que ce type d'action est à bannir absolument sur notre territoire ».


Du Côté des organisations de défense et de promotion des droits de l'homme, l'Observatoire Centrafricain des droits de l'Homme (OCDH), dénonce. « Nous dénonçons cet acte de barbarie pour certains de nos compatriotes qui pensent que la meilleure solution aujourd'hui, c'est de prendre les armes pour perturber la quiétude des populations », a déclaré Me Mathias Barthélemy Morouba.


Responsabilités


Face à une telle réalité, le Coordonnateur de l'OCDH demande que les forces internationales prennent leurs responsabilités pour assurer la sécurité des Centrafricains. « Il faudrait que les forces internationales qui assurent la protection des personnes civiles puissent prendre leurs responsabilités. Nous ne pouvons pas comprendre qu'ils sont là lourdement armés et chaque jour, c'est le peuple qui souffre ».


A défaut, que l'armée centrafricaine entre en scène : « Nous demandons que notre armée puisse sillonner ces zones là afin de mettre hors d'état de nuire tous ceux qui pensent qu'ils doivent continuer à perturber la quiétude des centrafricains », a souhaité Me Mathias Barthélemy Morouba.


Il y a quelques jours, les hommes armés ont fait une incursion au village Zoukombo situé à environ 30 Kms de Béloko, ville frontalière avec le Cameroun. Bilan de leur attaque, un chauffeur camerounais tué, 5 passagers centrafricains blessés par balle dont un bébé et une femme, 7 captifs dont 2 douaniers libérés quelques heures plus tard et un véhicule de l’église Luthérienne brûlé.

C'est depuis plus de deux semaines que ces hommes armés ont repris des attaques surprises dans la zone menaçant même de faire sauter des ponts sur l'axe Garoua-Mboulaï-Bangui afin de couper la liaison avec le Cameroun voisin. Un regain de tension qui intervient


L'auteur de l'échec de l'attaque de Radio nationale traqué par des hommes armés Des hommes armés non identifiés ont fait irruption dans la nuit de lundi à mardi aux environs de 2 heures au domicile d'un gendarme domicilié au quartier Galabadja-sinistré secteur -Guimowara dans le 8ème Arrondissement de Bangui.

Il s'agit en fait de la famille du gendarme en poste à la COLALU (Aluminium de Centrafrique) qui, lors de l'attaque de la Radio nationale dans la nuit du mardi 7 juillet 2015, avait réussi à faire exploser une grenade qui a mis en débandade les assaillants.

Ces hommes armés non identifiés ont fouillé à fond le domicile dudit gendarme, tout en proférant des menaces aux membres de sa famille avant d'emporter une somme d'argent. « A 2 heures du matin, j'ai entendu des gens appelés mon mari CB. Je pensais que c'était les parents proches qui voulaient le voir. Dès que je suis sorti, l'un d'eux m'a poussée tout en me demandant où se trouve mon mari. Je leur ai dit qu'il n'est pas à la maison, c'est alors qu'ils m'ont frappé m'accusant de vouloir le cacher. Ils sont rentrés et ont fouillé la maison me demandant s'il y avait de l'arme, mais il n'y en avait pas », a confié sous le couvert de l'anonymat l'épouse du gendarme.

« Sécurité de ma famille »

« Ensuite, ils se sont rendus dans ma chambre, celle des enfants. Leur chef m'a crié dessus demandant à ce que je leur remette les 300.000 Fcfa que le ministre a remis à mon mari.Je ne sais pas si mon mari a reçu quelque chose mais je pense qu'il n'a rien reçu. Ils ont seulement trouvé la somme de 90.000 Fcfa pour l'alimentation de la famille. A leur sortie, l'un d'eux voulait coucher avec moi quand son chef l'a rappelé à l'ordre. Je demande aux autorités de la Gendarmerie ainsi que la Présidente de la Transition d'assurer la sécurité de mon mari ainsi que celle de ma famille », a-t-elle ajouté.

La famille de cet élément de la gendarmerie centrafricaine estime que c'est l'acte de bravoure de leur fils lors de l'attaque de la Radio Nationale qui est à l'origine de la visite nocturne de ces hommes armés.

La mère du gendarme qui requiert elle aussi l'anonymat, demande aux autorités du pays de tout mettre en œuvre pour protéger sa famille du danger qu'elle affronte en ce moment.

«  Quand je suis sortie de la maison, j'ai trouvé ma belle-fille toute nue car elle a été déshabillée par les assaillants qui venaient chercher mon fils. Je les ai entendus l'appeler CB en lui demandant de sortir ici se battre avec eux car à la radio nationale, il s'est battu contre eux et ils n'ont pu lui rendre la monnaie. Ils sont venus pour le match retour, qu'il sorte. Je demande aux autorités de la République de nous sécuriser car nous sommes en danger ».

L’attaque perpétrée par un groupe de personnes armées contre la radio nationale le mardi 7 juillet 2015 avait été condamnée par le réseau des organisations des droits de l'homme en RCA. Me Mathias Barthélemy Morouba, coordonnateur national adjoint du Réseau des ONG des droits de l’Homme avait interpellé les autorités centrafricaines sur la nécessité de protéger la Radio Centrafrique au même titre que les autres institutions de l’État.

Le magistrat Dominique Saïd-Paguindji, Procureur Général près la Cour d'Appel de Bangui, avait annoncé le 08 juillet 2015, l'ouverture d'une enquête aux fins d'identifier les auteurs présumés de cet acte.



Le chef d'état-major des armées présente sa lettre de démission Le chef d’état-major général des armées, le général de division François Mobébou aurait remis depuis jeudi dernier sa lettre de démission au Chef d’État de la transition, Catherine Samba Panza, selon des sources proches de l'exécutif. L'officier général n’apprécie pas la collaboration entre l’état-major des FACA et le Palais de la Renaissance.

Dans sa lettre de démission, le général épingle le jeu trouble orchestré par le cabinet de Catherine Samba Panza pour l’empêcher de faire remettre en l’état les Forces Armées Centrafricaines (FACA).

En opposition constante avec des instructions émanant du cabinet présidentiel et transitant par ses proches collaborateurs, officiers de service, le général Mobébou dénonce ainsi cette tentative d'embrigadement et de contrôle des FACA par certains ministres conseillers du Chef d’État de transition qui, manipulent ces officiers, selon toujours ces mêmes sources.

RNL a vainement tenté de joindre le général de division, François Mobébou, pour confirmation de l'information, ses numéros étant injoignables. Une affaire à suivre…

Des tirs d'armes à Béloko

Samedi soir, des tirs d'armes ont été entendus à Béloko dans la Nana Mambéré. Des échauffourées ont opposé des miliciens Antibalaka aux éléments de la gendarmerie nationale. A l'origine des faits, la découverte d'une cache d'arme des miliciens par les gendarmes en poste dans la localité. En représailles à la réquisition de ces armes par le commandant de la Brigade de gendarmerie de Béloko, les Antibalaka se sont attaqués au domicile du chef de Brigade avant d'être repoussés.

D'après des sources locales contactées par RNL, contrairement à la journée de dimanche, toutes les activités ont repris ce lundi dans la ville.


Nouvelles attaques de la LRA à Yalinga Les rebelles ougandais de la LRA (l'Armée de Résistance du Seigneur) de Joseph Kony ont mené plusieurs attaques ciblées contre les localités de Aza, Gbodjo, Malatcha, Ngoudja, Bangana en l'espace d'une semaine. Les populations sont replongées dans une nouvelle ère de terreur et de désolation après une longue période d’accalmie.

Selon les informations, les attaques portent le mode opératoire de la LRA : incursion éclaire, pillage systématique des commerces, exaction sur les populations civiles, incendie des maisons et prise d'otages.

« Nous sommes dépassés par ce phénomène très complexe de la LRA, alors que présentement sur le terrain, les forces américaines et ougandaises sont sensées les traquer », a déclaré le préfet de la Haute Kotto, Mr Robert Morgodé, interrogé sur la question.

Le sous-préfet de Bria, Mr Edmond Sacko, lance un sos en direction des forces de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation de la Centrafrique (Minusca), basées dans la région afin de voler au secours de sa population en détresse.

La LRA de Joseph Kony s'est infiltrée en République Centrafricaine depuis 2008. Elle a sévi dans le Haut Mbomou au sud-est du pays, où elle a laissé des stigmates sur les populations civiles.

Les policiers du 8ème arrondissement attaqués par des bandits armés Un véhicule de la police nationale a été victime d'une attaque d'hommes armés non identifiés ce mercredi, 08 juillet 2015 aux abords de la Place de la réconciliation (rond point Marabéna) dans le 5ème arrdt de Bangui. Alors que les éléments de la police du commissariat du 8e arrondissement de Bangui effectuaient une patrouille de routine.

Selon des sources policières contactées par Radio Ndeke Luka, l'équipe a été surprise aux environs de 23 heures par des tirs d'une bande d'environs 10 personnes armées non identifiées. Les éléments de la police sont intervenus en légitime défense. L'attaque fait 2 policiers blessés et le véhicule de la police criblé de balles. Aucune réaction officielle n'est enregistrée à ce jour.

Cette attaque dirigée contre les forces de l'ordre intervient 72 heures après l'attaque de la radio nationale par des hommes armés non encore identifiés. A ce sujet, le magistrat Dominique Saïd-Paguindji, Procureur Général près la Cour d'Appel de Bangui, a annoncé ce mercredi, 08 juillet 2015, l'ouverture d'une enquête aux fins d'identifier les auteurs présumés de cet acte.



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