Nord de la Centrafrique : plusieurs morts lors de combats entre Antibalaka et ex-Séléka Des combats meurtriers opposent des Antibalaka  et des ex-Séléka de l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), depuis mardi dans le nord de la Centrafrique, selon des témoins. Les affrontements se déroulent au village de Towa, à 7 kilomètres du chef-lieu de la sous-préfecture des Mbrés, dans la Nana Gribizi.

« Les hostilités ont repris mercredi avec des combats entre Antibalaka et ex-Séléka qui ont reçu un renfort de trois véhicules et plus de dix-huit motos venus de Kaga- Bandoro. Les combats ont été très violents et ont fait 28 morts », a indiqué un témoin joint mercredi au téléphone.

La source, qui a requis l'anonymat, a souligné que les armes crépitaient encore dans les collines autour de la ville et que 76 maisons avaient été brûlées.

Interrogé, le capitaine  Hamad Nedjad Ibrahim,  porte-parole de l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), a affirmé que c'étaient les miliciens Antibalaka qui avaient attaqué la position des éléments du général Ali Ndarras. « Les musulmans n'ont rien à voir avec ce qui s'est passé aux Mbrés. Les Antibalaka étaient venus aux Mbrés dans l'intention de déposer leurs armes et rechercher la paix avec les éléments de l'UPC », a-t-il expliqué.

« Ils ont tenu une réunion à Kaga Bandoro avec les responsables et se sont rendus compte que leur effectif augmentait de plus en plus. Hier, mardi, ils ont attaqué notre position et les combats se poursuivent », a expliqué le porte-parole.

Pendant ce temps, à Bangui, le chef de la force européenne en Centrafrique, le général Thierry Lion, en fin de mission, se félicite du rétablissement progressif de la sécurité. Le général Lion a fait cette déclaration lors d'un point de presse mardi. L'officier général a affirmé que les hommes de l'Eufor avaient fait l'essentiel pour la protection des populations civiles dans certains arrondissements de la capitale. Il a indiqué que les déplacés et réfugiés commençaient à rentrer chez eux, notamment ceux qui avaient franchi la frontière en direction du Tchad. Il a ajouté que la force européenne avait également mené quelques projets de développement.

Il a enfin rappelé que seul l'engagement des Centrafricains ramènera la paix et la cohésion sociale dans leur pays.

Arrivé en avril dernier, le général Thierry Lion, de nationalité française, commandait environ 700 militaires issus de quatorze nations. Il passe le relais à un autre général français Jean Marc Bacquet.

Les troupes internationales promettent de faire respecter l'autorité de l'Etat Les forces internationales déployées en Centrafrique se sont engagées une nouvelle fois à accompagner le gouvernement de transition centrafricain dans le processus de restauration de l'autorité de l'Etat. « Les groupes qui menacent les administrations vont être contactés dans un premier temps pour un dialogue. Et si jamais le dialogue ne suffit pas, on interviendra de manière beaucoup plus déterminée », a annoncé jeudi lors d'une conférence de presse à Bangui, le commandant Laurent Bastide, conseiller en communication de l'opération française Sangaris. « Voilà déjà une expression de Sangaris. Si jamais, il y a à nouveau des pressions exercées à l'endroit des administrations, Minusca et Sangaris ne seront pas sans réaction, c'est certain », a assuré le commandant Laurent Bastide.

Les forces internationales promettent de faire respecter « les mesures de confiance », adoptées par Bangui et la communauté internationale au début de la crise centrafricaine et qui sont contenues dans la résolution 2127 du Conseil de sécurité. Ces mesures interdisent aux groupes armés de porter des armes en public et prévoient le cantonnement des hommes en armes et des milices actives en Centrafrique. « Attention, si les mesures de confiance ne sont pas respectées, il y aura la réaction de Sangaris. Les choses sont bien claires », a averti l'officier français.

Lundi dernier, le président du Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire) Alexandre-Ferdinand Nguéndet avait demandé la révision de ces mesures de confiance. « Le contexte n'est plus le même », avait-il expliqué, à son retour de Bambari où sa garde avait essuyé des tirs attribués à des combattants ex-Séléka.

La Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation de la Centrafrique (Minusca) a condamné avec force la recrudescence de la violence à Bambari au centre de la République Centrafricaine (RCA). Selon la force onusienne, ces violences graves et aveugles ont fait au moins quatre morts,  plus d’une douzaine de blessés et des maisons incendiées.

Dans un communiqué de presse publié jeudi 4 décembre à Bangui, la Minusca s’est dit préoccupée par la nature inter communautaire de ces violences. Elle rappelle que ces crimes représentent de graves violations des droits de l’homme et ne resteront  pas impunis. Elle compte également dépêcher à Bambari une mission d’établissement des faits et d’évaluation de la situation.

Par ailleurs, la Minusca invite les différentes parties à privilégier le dialogue et la réconciliation, seuls issues durables à la crise que traverse la République Centrafricaine.

Une autre réaction est celle du Bureau exécutif du Collectif des ressortissants de la Ouaka (CRUK). Le collectif, à travers un communiqué de presse rendu public jeudi à Bangui, condamne avec la dernière rigueur les événements meurtriers de Bambari.

Le CRUCK appelle tous les ressortissants de la région à observer un jour de deuil en la mémoire des personnes décédées.

1er anniversaire des violences inter communautaires en Centrafrique Le 5 décembre 2013, la population de la capitale Bangui s’était réveillée sous des tirs nourris d’armes lourdes et automatiques. Les miliciens Antibalaka, groupes d’autodéfense, s’attaquaient aux combattants Séléka  au pouvoir depuis le 24 mars 2013. Les Antibalaka, mouvement s’étant renforcé vers la fin du mois d’août 2013, machettes ou armes de fabrication artisanale en main, se sont soulevés contre la Séléka dont le règne était de plus en plus critiqué. Ainsi naissait la genèse d’une série de violences inter communautaires sans précédentes dans le pays. Les tirs d'armes ont retenti dans plusieurs quartiers de Bangui. Ils ont plus visé les quartiers nord et le centre-ville. 

Dès 5 heures du matin ce jeudi 5 décembre, la psychose  a gagné tous les esprits. Des sources militaires parlaient d’attaques coordonnées, simultanées sur trois fronts : le camp Kassaï, l’Assemblée nationale et le quartier de Boy-Rabe dans le 4ème arrondissement de Bangui. Les habitants des quartiers environnants se sont terrés chez eux, d’autres ont trouvé refuge dans les églises ou à l’aéroport Bangui M’Poko.

Les combats qui opposaient les éléments de la Séléka aux milices Antibalaka ont fait de nombreuses victimes. S’il est difficile de donner un bilan précis des accrochages, certaines sources évoquaient au moins 500 morts et des centaines de blessés.

Au rang des centaines de cadavres qui jonchaient les rues de la capitale centrafricaine, le Conseil de sécurité des Nations unies, peu avant la tombée de la nuit de ce jeudi 05 décembre, donnait le feu vert à la France pour lancer l’opération Sangaris en envoyant 2000 hommes pour mettre fin aux tueries et appuyer les forces de la Mission de sécurisation de la Centrafrique, Misca. Un an après le déploiement des soldats de Sangaris qui devait empêcher un désastre humanitaire dans le pays, la situation reste fragile et volatile selon de nombreux Centrafricains à Bangui.

« Je salue partiellement l’opération Sangaris parce qu’elle a réussi à rétablir un peu la sécurité dans la capitale, mais en province rien n’a encore changé jusqu’à lors », a fait savoir un jeune rencontré dans les rues le 4 décembre 2014.

Interrogée sur sa vision des choses, une jeune Centrafricaine estime que rien n’a été fait. « Dès lors que les exactions, l’insécurité et les pillages continuent, je dirais que les soldats français de Sangaris n’ont pas bien travaillé », a-t-elle indiqué.

« Dans le 3ème arrondissement, les activités sont bloquées, pas d’écoles, pas de dispensaires, la mission de Sangaris en Centrafrique n’a pas bien fonctionné. C’est du sur place », a dit un jeune commerçant

Du côté de la Sangaris, c’est le revers de la médaille. Le commandant Laurent Bastide, chargé de communication de la Sangaris, rassure que le plan de campagne de cette opération est bel et bien atteint.

« Le plan de campagne a été atteint. L’objectif de la Sangaris était de ramener le niveau minimal de sécurité de sorte que les forces internationales de la Misca puis de la Minusca puissent se déployer. C’est le cas puisque le niveau sécuritaire a atteint aujourd’hui un palier que la Minusca a pu poursuivre et amplifier son déploiement », a-t-il expliqué.

« La résolution 2127 donne mandat principalement aux forces de l’ONU, et la mission de Sangaris, est d’appuyer ces forces », a-t-il poursuivi.

Depuis le 5 décembre, les militaires français se sont portés au secours de centaines de personnes qui étaient directement menacées, quelle que soit leur confession ou leur communauté d’appartenance.

« Chaque jour Sangaris a sauvé des vies », mentionne un communiqué de Sangaris.

Et justement à propos, du 5 décembre 2014, la coordination nationale des Antibalaka, dans une interview accorder à Radio Ndeke Luka, promet de ne pas manifester. Le mouvement demande aux populations de Bangui, Bimbo et Bégoua de vaquer librement à leurs occupations. L’appel fait suite aux rumeurs d’une probable manifestation des miliciens en commémoration de cette date.
 
Le porte parole des Antibalaka, Igor Lamaka, a promis que des mesures sont déjà prises afin d’éviter tout débordement. « Je demande à la population de Bangui, Bimbo et Bégoua de rester calme, de sortir et de vaquer à ses occupations. Il y a des rumeurs qui circulent dans la ville de Bangui faisant état d’une attaque des Antibalaka et qu’il y aura des crépitements d’armes le 5 décembre. Je dis c’est faux et ce sont des intoxications », a précisé M. Lamaka.

Des pleurs au lendemain de la visite de Nguéndet à Bambari Plusieurs familles sont en deuil et d’autres à l’hôpital après la visite éclair de Alexandre Ferdinand Nguéndet, le président du Conseil national de transition (CNT) à Bambari au centre est de la République Centrafricaine. Des dizaines de personnes ont été tuées par balles ou à la machette et plusieurs autres blessées. Certaines personnes dont les bras et les jambes ont été amputés, se trouvent actuellement à l’hôpital de la ville pour des soins. Des dizaines de maisons ont été également incendiées dans les quartiers Maïdou, Mbrépou, Mbagolo et Saint Christophe.

Selon des habitants contactés au téléphone par Radio Ndeke Luka, le drame a été commis par les peuhls armés fidèles au général Joseph Zoundéko. Ils ont agi en guise de protestation suite à la mort d’un des leurs. « Mercredi la dépouille mortelle d’un conducteur de taxi-moto peuhl a été retrouvé en face de l’Ecole normale supérieure des instituteurs de Bambari proche du quartier général des Séléka de l’ethnie Goula. En représailles, les peuhls se sont infiltrés dans quatre quartiers. Incendie et tuerie ont été l’objectif majeur de cette incursion », a expliqué un habitant joint au téléphone ce jeudi.
 
« Au quartier Mbrépou, une dizaine de corps ont été retrouvés ainsi que plus de quinze blessés dont des enfants et des femmes aux bras et jambes amputés. Il faut dire que le nombre est en hausse car les quartiers sont bouclés et beaucoup de gens, fuyant en brousse, ont du être tués », a mentionné le témoin qui affirme qu’ « Il est difficile d’établir le bilan exact des dégâts humains ».

Le facteur déclencheur est lié selon un habitant de Bambari, à la mort d’un sergent-chef et la blessure par balle d’un soldat de la garde rapprochée de Nguéndet, attribuées à des ex-Séléka. « Dès l’arrivée de la mission précurseur à Bambari, les militaires ont été invités par le commandant Assan Ngrévaï à se rendre chez le général Zoundéko pour les civilités. A quelques mètres, Assan a intimé l’ordre aux ex-Séléka d’abattre les six soldats. N’ayant pas gain de cause, il s’est saisi de l’arme d’un des soldats pour tuer le sergent-chef Simplice Nzango et blesser un autre militaire », a indiqué une source à Bambari.

Le général Zoundéko rejette en bloc l’accusation portée contre le commandant Assan Ngrévaï l’impliquant d’avoir mis l’huile sur le feu. « L’enquête est en cours, on n’a pas encore décelé le coupable. En ce qui concerne Assan, ce sont des informations erronées », a nié le général. 

Le général regrette que des maisons soient incendiées, des personnes tuées et blessées lors de ces incidents. « Mercredi, nous avons retrouvé le cadavre d’un conducteur de taxi-moto musulman dont la moto a été emportée. Selon les renseignements, ce sont les Antibalaka qui l’ont tué. En revanche, les parents de la victime et la population musulmane se sont vengés et il y a eu des maisons incendiées, des cas de blessures et même des morts. Ce qui ne devait pas se faire », a-t-il fait savoir.

Une source ecclésiastique jointe au téléphone par RNL relève ce jeudi qu’au moins une dizaine de personnes ont été tuées et une cinquantaine de maisons incendiées en représailles à la tuerie d’un conducteur de moto d’ethnie peuhle. La même source indique que la situation est gravissime. Certaines personnes se sont réfugiées à la paroisse Saint Christophe, abandonnées à leur triste sort.

Les habitants de Bambari ont expliqué que les blessés admis à l’hôpital craignent pour leur vie. Les Peuhls armés ont tenté d’aller les exécuter à l’hôpital qui n’est pas sécurisé. Les mêmes sources affirment que les agresseurs sillonnent toute la ville sans être inquiétés.

A Bangui, le vol à main armée est loin de prendre fin

Mercredi à Boy-Rabe dans le 4e arrondissement, un véhicule de marque RAV4 qui suivait le ravitaillement des vivres du Programme alimentaires mondial (PAM) à l’école ‘‘Mandaba’’ a été emporté par des individus armés assimilés à des Antibalaka. L’acte s’est produit mercredi après midi au sein de l’établissement.

« Le Programme alimentaire mondial (PAM) alimente l’école ‘‘Mandaba’’ au quartier Votongbo I en vivres dans le cadre d’appui aux enfants scolarisés. Lorsque le PAM a amené ces produits alimentaires, deux Antibalaka, connus, sont venus pointer le chauffeur avec leur arme avant d’amener le véhicule. L’un d’eux est porteur d’une arme de marque Kalachnikov 47 », a rapporté un habitant du quartier.

Le témoin s’inquiète de ce que penseront les partenaires au développement. « Ils ont prétexté que le véhicule appartient à un musulman et qu’il fallait le prendre. Les ONG qui veulent nous aider à Votongbo ne peuvent plus le faire », a souligné la même source.

Difficile restauration de l’Etat au nord, attaque armée au centre est La restauration de l’autorité de l’Etat dans les villes de province dans le nord de la République Centrafricaine pose problème. A Kaga Bandoro, chef lieu de la Nana Gribizi, Gaston Yéndémo, le préfet nouvellement affecté a été empêché par les ex-rebelles de la Séléka de prendre ses fonctions administratives le lundi 1er décembre 2014. Les ex-Séléka basés dans la ville se sont farouchement opposés à son installation.

Dans la préfecture du Bamingui Bangoran dans le nord, les membres de la mission d’installation du nouveau préfet Mahamat Abdoulaye ont été attaqués par une bande armée dimanche dernier à Ndélé. Trois membres de la mission ont été blessés par balle et transférés à l’infirmerie de la base militaire du camp M’Poko à Bangui pour des soins.

Parmi les blessés, le préfet de Bamingui Bangoran, Mahamat Abdoulaye, le directeur général de l’Administration du territoire, Jean Louis Léa, et le commissaire entrant de la ville de Ndélé. Les trois personnalités blessées ont subi une intervention chirurgicale après leur évacuation sanitaire à Bangui.

« Un groupe de six à huit hommes est arrivé à l’endroit où ils ont été installés. Ils les ont fait sortir et les ont fait coucher par terre, menaçant de les tuer. C’est alors qu’ils entendent des mouvements de véhicules dont toute vraisemblance indiquée que c’était des Sangaris qui venaient. En voulant prendre la fuite ils ont envoyé des rafales de mitraillettes sur les personnes couchées », a expliqué le ministre de l’Administration du territoire, Modibo Bachir Walidou.

Modibo Bachir Walidou invite les ex-combattants, signataires des accords de cessation des hostilités de Brazzaville, à respecter leurs engagements. « Dans les deux cas, il s’agit de personnes qui ne mesurent pas le sens de ces actions. Ces genres d’actes sont de véritables défis qu’elles se lancent à elles-mêmes d’abord et au pays en général. Je voudrais rappeler à tout le monde que les parties signataires de l’accord de cessation des hostilités de Brazzaville, accord qui a été paraphé le 23 juillet 2014. Il est prévu dans cet accord un article 3 dit que les parties s’engagent à faciliter les activités de l’Etat », a martelé Bachir Walidou.

Sur l’initiative du Premier ministre Mahamat Kamoun, les ministres résidents des 16 préfectures du pays ont effectué des déplacements dans leurs zones de juridiction afin de sensibiliser les populations sur l’organisation du dialogue politique inclusif de janvier 2015. Les autorités administratives affectées dans ces préfectures devront en effet être installées. Seulement, les missions dans le Bamingui Bangoran et la Nana Gribizi se sont révélées dangereuses, les villes étant encore sous-contrôle de l’ex-rébellion Séléka, pourtant signataire de l’accord de cessation des hostilités de Brazzaville.

La tension est aussi montée d’un cran mardi soir à Bambari au centre est du pays
 
La mission sécuritaire précurseur à la visite de Alexandre Ferdinand Nguéndet, président du Conseil National de Transition (CNT), composée d’éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) est prise à partie mardi soir à Bambari par un groupe d’ex-Séléka, fidèle au général Joseph Zoundéko. Le bilan de l’attaque fait état de deux morts dont un coté ex-Séléka et un blessé grave côté FACA. Le corps de la victime ainsi que le blessé sont évacués ce mercredi par avion sur Bangui.

« Les ex-Séléka basés ont vu passer les militaires. Après les formalités routières, ces derniers sont revenus dépanner l’un des deux véhicules tombés en panne. Ils se sont vus approchés par les éléments Séléka en faction. L’un des Séléka a arraché l’arme d’un des militaires et a automatiquement tiré sur le sergent chef qui est tombé mort avant de d’ouvrir le feu sur un autre soldat », a indiqué un témoin joint au téléphone par RNL.

Le président du parlement provisoire est arrivé ce mercredi à Bambari. Il compte rencontrer la population.

RNL n’a encore pas pu joindre le général Zoundéko cité dans l’affaire.

La Coordination des organisations musulmanes de Centrafrique (COMUC) a tenu samedi un point de presse au bord de l’avenue Koudoukou au Km 5 suspectée dangereuse pour présenter l’organisation, ses réalisations et ses projets. La COMUC se veut une plateforme réunissant toutes les organisations musulmanes de Centrafrique. D’après son coordonnateur Ali Ousman, « il est question de restructurer les associations musulmanes de Centrafrique afin d’inciter en elles, la dynamique de la paix et du développement ».

La COMUC, née du constat de dysfonctionnements des organisations musulmanes existantes d’après son coordonnateur, a engagé une kyrielle d’actions en faveur d’un retour de la sécurité au Km 5 en particulier et dans le 3ème arrondissement en général. Seulement, la coordination ne cesse de faire face à de vives critiques. Ses antagonistes l’accusent même d’entretenir une bande armée, ce que rejette le chargé d’administration, Abdoulaye Minguia.

« Si tout le monde en veut à la COMUC, c’est à cause de sa puissance et de sa valeur. Je puis vous rassurer que nous nous sommes constituer dans une situation de crise tout simplement pour essayer d’œuvrer afin de ramener la paix dans notre pays. Nous n’avons aucune ambition politique ni militaire d’ailleurs nous sommes une société civile », a expliqué Abdoulaye Minguia.

La ministre déléguée, conseillère du Premier ministre en charge des urgences humanitaires, Régina Konzi Mongot, trouve que la COMUC inspire confiance. « Le rôle de la COMUC, c’est la restructuration de la communauté musulmane. Certaines personnes dans ce milieu font le contraire de ce que disent les musulmans entre eux. Donc, il faut une structure solide pour restructurer toutes les petites organisations existantes et continuer à travailler pour le retour de la paix et des réfugiés », a-t-elle indiqué.

La Coordination des organisations musulmanes de Centrafrique est créée en juillet 2014. Elle revendique en partie le retour de la sécurité dans le 3ème arrondissement.

Bangui : vive tension ce lundi à la prison centrale de Ngaragba Des coups de feu ont été entendus dans la nuit de dimanche et ce lundi à la maison d’arrêt de Ngaragba dans le 7ème arrondissement de Bangui. Le décès d’un prisonnier des suites de maladie a poussé les prisonniers à se mettre en colère.

Ils ont empêché que la dépouille mortelle soit enlevée. « Parmi les prisonniers, il y a eu un décès. L’enlèvement de la dépouille a été contesté par les autres prisonniers. Ces derniers ont exigé que leurs conditions de vie soient améliorées par les autorités du pays. Le corps sans vie doit être enterré dans la maison d’arrêt centrale selon les détenus », a expliqué un témoin interrogé sous couvert de l’anonymat.

Selon les informations, les prisonniers ont immédiatement pris le contrôle de la prison. Les insurgés, quelques armes au poing, tirent en cas d’approche des forces nationales et internationales. « Personne ne peut entrer ni sortir de la maison carcérale de Ngaragba. Les prisonniers ont tout cassé dans le centre pénitencier depuis les cellules jusqu’au portail central », a ajouté la même source qui indique qu’ « Il n’y a aucune sécurité ».

Afin d’éviter tout débordement, les forces nationales et internationales se sont retirées à au moins 100 mètre de la prison. La libre circulation des personnes et des biens a été perturbée au niveau de la prison sur l’axe qui mène au centre ville et à Ouango Bangui.

RNL n’a pas pu joindre les responsables judiciaires pour leur version des faits. Seulement, la maison centrale de Ngaragba héberge au moins 800 prisonniers.

Au Camp Beal par ailleurs, c’est un ouf de soulagement pour les ex-combattants Séléka
 
Les ex-rebelles de la coalition basés dans ce camp ont reçu ce lundi des vivres et non vivres, don de la coordination diocésaine de la santé. La remise a été faite au cours de la visite conduite par Monseigneur Dieudonné Nzapalaïnga, archevêque de Bangui.

Le don est constitué des boites de sardine, de l’huile, du riz, du sucre, du sel, des habits de friperie. Des repas préparés par Caritas Centrafrique ont été aussi servis à ces ex-Combattants.
 
L’archevêque de Bangui Monseigneur Dieudonné Nzapalaïnga explique que ce geste consiste à soutenir ces ex-Séléka qui traversent des moments difficiles.
 
« Ici au camp Beal, vous avez des hommes, des femmes, des enfants qui y habitent. Pour moi en tant qu’homme de Dieu, là où se trouvent des hommes, des femmes, des enfants, ce sont des enfants de Dieu créés à son image. Il y a trois jours je suis venu, j’ai vu la misère, la souffrance des tous ces jeunes, je ne peux pas rester indifférent », a indiqué l'archevêque.

Monseigneur Dieudonné Nzapalaïnga demande par ailleurs à tous les chrétiens de voler au secours de ces compatriotes.

« Je lance l’appel aux chrétiens en leur disant, il est temps que nous venions à la rencontre de nos frères, de venir rencontrer Dieu à travers nos frères et nos sœurs. Dans l’évangile de Mathieu chapitre 25, il est dit « si vous donnez des habits à un petit, c’est à moi Jésus que vous avez fait », a demandé le prélat. Car selon lui, « Jésus prend le visage de tous ces hommes, toutes ces femmes, tous ces enfants qui sont là ».

L’ambiance était au bonheur parmi les bénéficiaires et les mouvements Saint Vincent de Paul, Légion de Marie, Simon de Cyrène et les Femmes chrétiennes catholiques présents à cette remise. Le commandant de zone des ex-Séléka, Rodrigue Yandji, salue ce geste qui vise à asseoir le vivre ensemble. Il demande à toute la population centrafricaine de bannir l’esprit de haine et de vengeance au profit de la paix.

« C’est cette collaboration que nous cherchons pour que la paix véritable règne dans notre pays. Que cette volonté manifeste continue dans ce sens pour que nous nous réconcilions afin de reconstruire notre pays », a déclaré le commandant de zone.

La coordination promet également des soins gratuits dans les prochains jours. Une messe a été dite dans l’après midi pour marquer la fin de cette visite.

Impatience au sujet de l’assemblée générale des ex-Séléka à Bria Débouté le 10 janvier 2014 à Ndjamena par les chefs d’Etat de la Communauté des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC) à la suite d’une gestion chaotique de la chose publique, l’ex-coalition Séléka cherche par tous moyens à se reconstituer. L’ancienne coalition rebelle tient ce vendredi à Bria, au nord-est du pays, une nouvelle assemblée générale convoquée à l’initiative de l’ancien ministre d’Etat Gontran Djono Ahaba. Cette assemblée générale court le risque d’être boycottée par les principaux acteurs, notamment les officiers et hommes de rang qui ne s’entendent pas sur certaines questions à débattre.
 
Depuis la première assemblée générale tenue à Ndélé qui a abouti à la mise en place d’un état-major placé sous le commandement de Joseph Zoundéko, les travaux de Bria s’inscrivent à la suite d’une succession d’assises aux allures d'assemblée générale. Les assises précédentes se sont respectivement tenues à Birao en juillet, à Bambari en septembre et à Kaga-Bandoro en octobre 2014. Mais déjà, les travaux de Bria sont loin de faire le consensus au sein des ex-combattants. Selon des sources internes au Mouvement, presque tous les officiers refusent que les travaux se tiennent faute de quorum sur l’objet de l’assise.

Convoquée à l’initiative de l’ancien ministre d’Etat Gontran Djono Ahaba, l’un des bras droit du Mouvement qui a bénéficié dans un premier temps de l’appui du général Zacharia Damane, l’assemblée générale de Bria, dont les travaux devraient s’ouvrir jeudi, court vers un boycott. Selon un officier Séléka, l’aile militaire, dans son ensemble, n’est pas disposée à remettre en question les conclusions de la dernière assemblée générale de Kaga-Bandoro ayant conduit à la mise en place d’un nouvel état-major dirigé par le général Arda A’akouna.
 
170 hommes venant des villes de Bambari et de Kaga-Bandoro devraient mener des discussions visant à « la mise en place du nouveau bureau des Forces républicaines qui mettra un terme à l'appellation d'état-major, puis du bureau politique ». Une question demeure, y arriveront-ils ? En tout cas, rien ne permet au stade actuel de le certifier car, les discordances vont sans cesse croissantes.

Chaque camp affirme vouloir prendre part au processus de normalisation et de réconciliation nationale en cours dans le pays. Hélas ! La réalité sur le terrain laisse présager d’autres intentions. Une affaire à suivre…

Par ailleurs, sept personnes sont tuées à Cantonnier

Un affrontement sanglant avaient opposé mercredi dernier à Cantonnier, ville frontalière avec le Cameroun à l’ouest de la République Centrafricaine, des miliciens Antibalaka aux soldats de la Mission onusienne, Minusca. Le bilan provisoire des heurts fait état d’au moins 7 personnes tuées et de nombreux blessés. Selon des témoins, tout serait parti d’une tentative de désarmement des miliciens Antibalaka qui nettoyaient leurs armes. Les crépitements d’armes, qui avaient duré des heures, ont créé la psychose au sein de la population civile. Paniquée, la majeure partie de la population civile s’est réfugiée à Béloko, localité situé à 7 Km de Cantonnier. Jeudi, tous les blessés ont été évacués au centre de santé de Baboua et certains à l’hôpital régional et universitaire de Bouar.

« Les Antibalaka étaient en train de nettoyer des armes. Alertée, la force de la Minusca a tenté de les désarmer. Ils se sont opposés en tirant à balle réelle, la force onusienne a riposté. Les combats se sont déroulés de 12 heures et 19 heures », a expliqué sous couvert de l’anonymat un habitant de Cantonnier joint jeudi au téléphone par RNL.

« Il y a eu sept morts », a précisé le témoin qui conclu que « La population civile s’est enfuie vers Béloko et Cantonnier entièrement contrôlé par la force de l’ONU, décidée à en découdre avec les miliciens Antibalaka ».

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