Les forces internationales renforcent leur présence à Damara Des soldats français de l'opération Sangaris et des Casques bleus du contingent Burundais sous mandat de l'ONU en Centrafrique, Munisca mènent des patrouilles depuis le 19 mai 2015 à Damara, ville située à 80 kilomètres de Bangui dans l'Ombella M'Poko. Ces forces internationales envisagent mettre un terme au grand banditisme qui persiste encore dans la région et surtout sur l'axe Damara-Sibut-Bambari.

Le mardi dernier, après observation des protocoles de sécurité, la première équipe de patrouille mixte a été lancée sur le terrain. Tout a commencé au site de la force française Sangaris de Damara, où les soldats de la compagnie Véhicule blindé de combats de l'infanterie (VBCI), bien équipés et placés sous le commandement du chef de section, ont pris place à bord de leurs chars près pour le terrain.

« Au niveau de Damara, j'effectue des patrouilles sur les axes principaux de façon à les sécuriser », a raconté l'adjudant Christophe, chef de section à la compagnie VBCI. Le gradé français a également montré que ces hommes mènent des actions de rapprochement auprès de la population. « On prend contact avec la population pour pouvoir voir si elle rencontre quelques problèmes sécuritaires de façon à éviter que les méfaits soient effectués sur cet axe », a-t-il rassuré.

De manière stratégique, l'adjudant Christophe a indiqué que désormais, une patrouille mixte sera assurée avec les éléments du contingent Burundais de la Minusca, « La ville de damara est située entre Sibut et Bangui. C'est plus facile pour nous de mener des actions à partir de Damara, que de partir de Bangui à chaque fois pour aller au-delà de Sibut ».

Pour le capitaine Jean Marc, chef de détachement de la force française en poste à Damara, Sangaris et Minusca doivent manœuvrer ensemble mais qu'il y aura passage de témoin de la Sangaris à la Minusca qui prendra le relais pour la sécurisation de la région.

« Les patrouilles se feront conjointement dans un premier temps entre Sangaris et Minusca tant que nous sommes présents, puis la Minusca prendra le relais seule pour effectuer ces patrouilles. Il y a plusieurs modes d'action, on fera des patrouilles à pied, en véhicule sur les axes ».

Au moins une soixantaine d'éléments de la compagnie VBCI ont été déployés à Damara, à leurs côtés, cinq gendarmes de la Section de recherches et d'investigations (SRI).

Le lancement de l'opération de patrouille a été précédé dans la matinée d'une réunion de sécurité tenue à la Mairie de Damara.

Les forces internationales ambitionnent à travers cette première réunion de sécurité avoir des renseignements fiables leur favorisant une présence permanente à Damara et ses environs afin de mettre fin aux actes de banditisme dans la localité.

« L'objectif, c'est que tous les acteurs prinicpaux de la sécurité de la région, les autorités locales également, le Sous-préfet, M. le maire, le chef de la brigade de gendarmerie et les chefs de quartier se réunissent avec la Minusca pour parler des questions relatives à la sécurité, essayer de trouver des modes d'action pour lutter contre l'insécurité dans Damara, faire un bilan en quelque sorte, et reconduire cette réunion toutes les semaines en faisant un bilan de la semaine écoulée et décider des modes d'action pour la semaine à venir », a indiqué capitaine Jean Marc, chef de la compagnie VBCI au sortir de la rencontre.

La population  de Damara y voit un acte salutaire, comme l'exprime Arsène Dana maire de Damara, « La paix n'est pas l'affaire d'un seul individu. C'est la raison de cette forte présence des forces internationales à Damara, qui viennent dire à la population de sortir de la peur et de s'exprimer ».

Des numéros d'appels téléphoniques gratuits ont été communiqués à la population en vue de solliciter l’intervention de ces forces en cas de besoin.




Affaire Eugène Ngaikosset : évasion ou enlèvement ? Le capitaine Eugène Ngaïkosset arrêté le mardi 12 mai à sa descente d'avion à l'aéroport Bangui M'Poko et détenu à la Section de recherches et d'investigations (SRI) depuis cette date, n'y est plus. Des sources proches de la gendarmerie évoque une probable évasion du capitaine tandis que sa famille parle d'un cas d’enlèvement ou plutôt d'une disparition.

Le frère cadet du capitaine, Claude Ngaïkosset, a déclaré lundi à RNL que son frère a fait l'objet d’enlèvement et qu'il serait détenu dans un lieu tenu secret. « Mon frère a fait l'objet d'un enlèvement de la part du corps judiciaire centrafricain. Mon frère a fait l'objet d'un enlèvement à l'aéroport dès notre arrivée le 12 mai 2015. Il ne s'est pas évadé, il a été enlevé et conduit dans un lieu que la famille ne connaît pas encore ».

Face à ce qu'il qualifie d'enlèvement, Claude Ngaïkosset sollicite un arbitrage international. « Je lance un appel pressant au président Denis sassous Nguesso, médiateur dans la crise militaro-politique centrafricaine de porter un jugement clair et net sur l'affaire Eugène Baret Ngaïkosset ».

A l'entrée de la coalition Séléka, le 24 mars 2013, date de la chute du pouvoir de François Bozizé, le capitaine Eugène Baret Ngaïkosset s'est réfugié en République démocratique Congo. Il s'est ensuite retrouvé au Cameroun en novembre et sera rattrapé dans sa course par la justice au Congo-Brazzaville où il va être arrêté et mis en prison en compagnie de son frère cadet pendant 2 ans, à compter du 1er décembre 2013. Il est libéré et expulsé en République Centrafricaine le mardi 12 mai 2015.

A sa descente d'avion, le capitaine Baret Ngaïkosset a été systématiquement conduit de l’aéroport Bangui M'Poko à la SRI, où il disparaîtra de ce lieu de détention dimanche 17 mai dans des circonstances non élucidées. Selon certaines sources proches du dossier, une inattention des gendarmes qui assuraient sa sécurité serait à l'origine de sa fuite.

Le capitaine Eugène Ngaïkosset, ancien directeur du corps de l’amphibie, est l'un des officiers influents et proches du régime Bozize.

Son arrestation serait motivée par des soupçons d’une tentative de déstabilisation du régime de Catherine Samba Panza le jour de la cérémonie de clôture des travaux du Forum de Bangui lundi 11 et mardi 12 mai 2015.

Suspension de la grève des policiers : un arbitrage du parlement provisoire Les policiers ont levé ce mercredi les barricades érigées devant leur direction générale depuis le 11 avril dernier. Ils ont également procédé à la libération des locaux de leur Ministère de tutelle. La décision fait suite à l'interpellation, ce mardi,  du ministre en charge de ce département, Nicaise Samedi Karnou, par les Conseillers nationaux de transition (parlementaires de transition).

La Commission défense et sécurité du Conseil national de transition (CNT) s'est rendue ce mercredi à la direction générale de la Police centrafricaine pour constater l'effectivité de la levée des barrières. « Les policiers qui étaient à l'écoute de ce qui s'est passé nous ont demandé de venir ce 29 avril puis qu'ils ont l'esprit apaisé, afin de constater leur joie par rapport au débat et ont accepté de libérer la voie qui a été barricadée, et ils nous ont demandé de passer ouvrir le bureau du ministre de la Sécurité publique », a souligné Kolostre Abdoulaye, vice-président de cette commission.

Les policiers, de leur côté, conditionnent la reprise effective du travail par la signature du décret portant Statut particulier. « Pour un premier pas, nous l'avons fait d'une manière humble vis-à-vis du gouvernement et nous remercions le CNT qui s'est évertué pour nous rassembler avant d'aller au Forum. Nous avons fait le nôtre, nous attendons du gouvernement le leur », a raconté Lucien Séré, porte parole du collectif des policiers. 

« Si aujourd'hui, nos revendications sont résolues, à savoir la signature du décret d'application de notre Statut avec effet financier (…), en janvier 2016, le policier doit reprendre le travail sans condition, sans formalité », a rassuré le porte-parole du collectif.

Mardi, les Conseillers nationaux ont exigé du gouvernement la signature, dans un bref délai, du décret portant application du statut particulier des agents de la Police centrafricaine.

Les Conseillers Nationaux avaient interpellé le ministre Karnou sur la grève observée par les policiers depuis le 11 avril dernier, grève qui paralyse l'activité des différents services de ce département.

Sur la situation présentée par le ministre de la Sécurité publique, la présidente de la Commission défense et sécurité du parlement provisoire, Marie Agba-Otikpo, non convaincue, a reproché au chef du département de la Sécurité publique de refuser initialement de répondre à l'interpellation de sa commission. Elle a demandé au ministre Karnou de prendre à bras le corps les revendications des policiers.

Plus d'une vingtaine de parlementaires de la transition ont relevé dans leurs interventions la mauvaise gestion de la crise. Devant la gravité de la situation, ils ont  exigé la signature du décret portant application du Statut particulier des policiers.

« Considérant la gravité de la situation, quand nous avons reçu la délégation de la Police, elle nous a dit des choses qui sont vraiment touchantes. On ne peux pas parler de manipulation politique. Tous les quatre corps de la Police centrafricaine ont parlé d'une même voix. Ils sont tous unanimes », a expliqué Clotaire Saulet Souroungba, membre de la Commission défense.

« Il est nécessaire que le CNT puisse rencontrer le Premier ministre ou Mme le Chef d’État pour que le décret d'application de la loi qui détermine le Statut particulier de la Police puisse etre signé, même si les effets financiers doivent intervenir le 1er janvier 2016 », a indiqué le commissaire à la défense et sécurité du parlement provisoire.

Les Conseillers nationaux ont aussi exigé du gouvernement l'abrogation des récents décrets portant nomination des hauts cadres de la Police centrafricaine. Nicaise Samedi Karnou promet d'inscrire ces observations au rang de ses priorités.

« J'ai résolu de voir le Premier ministre et la présidente afin de leur transmettre les recommandations des Conseillers nationaux pour que nous puissions trouver une solution d'apaisement », a affirmé le ministre Karnou.

Lors de la conférence de presse animée le 27 avril à Bangui, le gouvernement avait sommé les policiers de reprendre immédiatement le travail sous peine de sanctions de dernière rigueur.

Renouvellement de la Mission de l'ONU en Centrafrique Le chef des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, Hervé Ladsous, en mission en République Centrafricaine (RCA), a rencontré ce lundi Toussaint Kongo Doudou, ministre centrafricain des Affaires étrangères.

L'entretien des deux personnalités s'est focalisé sur le renouvellement de la mission de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation de la Centrafrique (Minusca). Le membre du gouvernement s'est félicité de l'appui de cette mission aux côtés des actions gouvernementales, appui ayant favorisé le retour à la stabilité sur l'ensemble du territoire.

« La Minusca est déployée depuis environ sept mois. C'était l'occasion de faire l'évaluation, comment a fonctionné la mission, surtout à une période où son mandat sera probablement renouvelé d'ici demain ou après demain à New York. L'échange a permis de lui passer le message de satisfaction globale du gouvernement en ce qui concerne la présence de la Minusca en Centrafrique. Le message clé que je lui ai donné, c'est que cette présence a permis d'avoir un climat apaisé sur le plan particulièrement sécuritaire. Nous nous sentons aujourd'hui beaucoup plus en sécurité à Bangui », s'est réjoui Toussaint Kongo Doudou.

Selon le ministre Kongo Doudou, la Minusca a réussi dans l'appui des consultations populaires. « Vous vous souviendrez, lors des consultations à la base qui se sont très bien déroulées, la Minusca et d'autres forces comme la Sangaris ont porté la sécurité et l'appui logistique », a-t-il souligné.

Par ailleurs, le membre du gouvernement a demandé plus de soutien de la Minusca pour favoriser la bonne marche du Forum de Bangui, dont l'ouverture est prévu lundi prochain.

« Ce que nous attendons de la communauté internationale, c'est qu'il y ait un appui financier pour le Forum de Bangui. Nous avons fait des efforts personnels au niveau de l’État avec le budget de l’État, mais nous attendons encore beaucoup d'appui pour boucler le budget du Forum », a souhaité le ministre des Affaires étrangères.

Hier dimanche, Hervé Ladsous s'est rendu à Bria pour mesurer les réalisations et les défis de la Minusca dans l’appui à la stabilisation de la Centrafrique.

Pendant que des démarches sont en cours pour la réussite du prochain Forum nationale de Bangui, des voix continuent de s'élever contre le décret portant désignation de ses membres. Le bureau exécutif du Conseil inter ONG en Centrafrique (CIONGCA), plateforme de la société civile, vient de dénoncer une vice de procédure dans le processus du prochain Forum national de Bangui.

Selon Célestin Ngakola, président du bureau exécutif du CIONGCA, la présence de cette organisation à cette rencontre tant attendue est très importante compte tenu de son influence sur le plan national et international.

« Le CIONGCA fait partie des co-signataires du Forum de Brazzaville. Depuis 2002, le CIONGCA est présent pour la paix et la cohésion sociale. A la grande surprise, le bureau du CIONGCA a constaté que le nom de la structure n'existe pas dans le Forum de Bangui », a expliqué Célestin Ngakola.

« Mais nous allons, dans notre collaboration avec la communauté internationale, les ONG de la Communauté économiques des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC), de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), pour que notre contribution soit efficace dans ce Forum inter-centrafricain », a-t-il annoncé au micro de RNL.

Le forum national de Bangui se tiendra du 04 au 11 mai prochain.

La justice populaire fait des victimes près de Bangui Quatre personnes dont trois femmes ont été enterrées vivantes le 23 avril au village Ngbodo dans la commune de Bégoua à plus de 20 km de Bangui. L'information est parvenue à la rédaction de RNL ce samedi.

Les quatre personnes, accusées de pratique de sorcellerie par un groupe de jeunes du village Ngbodo, ont été enterrées sans être tuées. Selon des sources locales, les jeunes gens ont exprimé leur mécontentement à la suite du décès de l'un d’entre eux, mordu par un serpent pendant qu'il travaillait dans son champ.

François Cellet, chef de groupe du groupement de Gbakolo, revient sur la tragédie. « Un jeune du village âgé de 20 ans a été mordu par un serpent le mercredi dans son champ. Ramené à domicile, des produits traditionnels lui ont été administrés. Chemin faisant pour le village voisin où se trouvait un féticheur, le jeune est mort. Les autres jeunes ont consulté un marabout qui leur a indiqué une femme qui serait à l'origine de ce décès. Une fois rattrapée, cette femme a dénoncé trois autres dont deux femmes », a indiqué le chef de groupe joint au téléphone.

« Le jeudi aux environs de 4 heures du matin, les jeunes ont creusé une fosse dans laquelle ils ont mis les quatre personnes soupçonnées sorcières. Ils les ont enterrées vivant », a déclaré François Cellet.

Informée de la situation, la brigade de gendarmerie de Pk12 a aussitôt ouvert une enquête pour établir la responsabilité des auteurs du drame.

De récents rapports des Nations-Unies et de beaucoup d'organisations tant nationales qu'internationales ont dénoncé de multiples cas de violation des droits humains, liés notamment à l'accusation de sorcellerie en Centrafrique.

Attaque armée proche de Baboua : un véhicule pillé et brûlé Un véhicule de transport en provenance de Cantonnier (frontière camerounaise) pour Bangui et dont on ignore l'immatriculation, a été brulé samedi dernier par des hommes armés non identifiés entre le village Forro et le croisement de Koundé dans la sous-préfecture de Bouar.

Les agresseurs, tous armés de kalachnikov, étaient en civil selon des témoins. Ils ont immobilisé le véhicule en tirant dans deux roues avant de piller le contenu riche en marchandises. Le véhicule a été ensuite brûlé après que l'équipage se soit sauvé en brousse. Alertés, les éléments de la police centrafricaine basés à Cantonnier sont arrivés mais tard sur les lieux car les pillards s'étaient déjà évadés dans la nature avec leurs butins.

La population et les usagers du tronçon Bouar/Garoua-Mboulaï s'inquiètent de la recrudescence de l'insécurité qui, selon eux, constitue un véritable blocage à l'économie nationale. Les transporteurs et les voyageurs demandent aux autorités de la transition, précisément au ministre de la Sécurité publique, Nicaise Samedi Karnou, de veiller sur ce principal axe économique.

Selon les informations, l'attaque de samedi n'est pas la première du genre. Il y a un an, plus de dix véhicules de transport ont été attaqués et dépouillés de leur contenu par les hommes en armes entre les villages Forro et Zoukambo.

Par ailleurs, un camion semi remorque, de marque CBH, s'est renversé mardi dernier à 17 kilomètres de Baboua sur l'axe Béloko-Bangui, occasionnant la mort de trois personnes dont une femme.

Selon des sources locales, le véhicule faisait parti du convoi de la Mission onusienne qui a quitté Béloko à destination de Bangui.

« C'est un véhicule convoyé qui a quitté Béloko pour Bangui via Bouar. A 17 Km de Baboua, au cours d'un dépassement, le véhicule qui transportait plus de 400 sacs de ciment a échoué. Les trois passagers qui étaient à bord, dont une femme, sont tous morts », a expliqué ce mercredi un habitant de la ville de Baboua qui a requis l'anonymat.




Incorporation à la Sécurité publique dans un contexte de grève des policiers Le nouveau directeur général de la Police centrafricaine, Henri Wanzé-Linguissara, a recensé ce lundi près de 600 auxiliaires de police. L'activité, recommandée par la hiérarchie supérieure, s'inscrit dans le cadre de l'incorporation de ces derniers qui ont servi le département depuis des années. Le recensement s'est déroulé à l'école nationale de la police au Pk10 à la sortie nord de Bangui. 

« J'ai été instruit pour rencontrer les auxiliaires de la Police pour leur passer le message du département qui consiste à leur dire de se préparer pour les formalités d'usage à un éventuel recrutement. J'ai enregistré au total 580 auxiliaires qui ont déjà servi à la Police depuis plusieurs années. Je les ai enregistrés en fonction de leur identité. Je reviens maintenant vers les autorités pour leur présenter la situation et il leur appartient de se prononcer », a expliqué le colonel Henri Wanzé-Linguissara.

Cette démarche d'intégration intervient à un moment où le secteur dans sa totalité est resté paralysé depuis le 11 avril dernier jusqu'à ce jour. Devant la direction générale, c'est la présence massive des policiers mécontents. Des barrières ont été érigées pour empêcher l'entrée de la direction générale de la Police.

Les policiers grévistes font circuler un document non signé dans lequel ils exigent la démission sans condition du ministre de la Sécurité publique, Nicaise Samedi Karnou pour, disent-ils, mensonges, incompétence et abus d'autorité. Le document met également l'accent sur le dernier arrêté pris par le ministre vendredi 17 avril portant avancement des hommes de rang et sous officiers à titre exceptionnel. Selon les manifestants, « la décision du chef de département crée le désaccord au sein des policiers et les détourne de leur principaux points de revendication ».

Le document anonyme conclut en disant, « la Police aux policiers, la Gendarmerie aux Gendarmes et la caserne aux Forces armées centrafricaines ».

Des négociation sont entamées ce lundi entre les responsables des grévistes et le ministre de la Justice, Aristide Sokambi.

Le 17 avril dernier, le Premier ministre Mahamat Kamoun et le Chef d’État de transition, Catherine Samba-Panza, ont signé un décret nommant ou confirmant des cadres de la Police centrafricaine et de la Gendarmerie nationale à des postes de responsabilité. Le décret est intervenu une semaine après le mouvement de colère des policiers, qui réclament une meilleur prise en charge conformément à leur statut particulier. Les autorités en place ont quant à elles, choisi de démettre certains de leurs responsabilités.

Ainsi le lieutenant-colonel Valentin Kikobet Pataki est nommé chargé de mission en matière d’émigration-immigration au cabinet du ministre de la sécurité publique. Le chef d’escadron Roger Toukia devient inspecteur central en matière de sécurité et de l’ordre public.

L’ancien directeur général de la Gendarmerie nationale, le colonel Henri Wanzé-Linguissara entre en force et occupe le poste du directeur général de la Police centrafricaine chargé de la sécurité publique et de l’ordre public. Il est assisté du commissaire de police René Guérando.

Plusieurs services sont touchés par le mouvement du 17 avril. La direction générale de la sécurité publique, les services de police judiciaire, les services de police administrative, l’école nationale de police, la compagnie nationale de sécurité et tous les commissariats de police des huit arrondissements de Bangui sont effleurés par le décret.

De sources proches des agents en colère, les changements survenus à la direction générale de la Police centrafricaine et dans les différents services ne sont pas de nature à atténuer la tension.

Le 13 avril dernier, la direction générale a lancé un appel à la reprise lors du grand rapport. Mais, les grévistes campent sur leur position.


Lutte contre les mines et engins explosifs, une priorité de l'ONU Le Service de lutte antimines des Nations unies (UNMAS), arrivé en Centrafrique en janvier 2014, a réalisé de nombreuses activités à Bangui. Le bilan de ces activités a été présenté jeudi 2 avril lors de la 10e édition de la journée internationale de la sensibilisation au problème des mines et de la lutte antimines à l'école Lakouanga dans le 2e arrondissement de Bangui. Le thème retenu pour la célébration : « Bien plus que des mines ».

Une séance de démonstration de destruction d'une grenade et des armes de guerre à la cisaille hydraulique a été faite devant les élèves de ladite école.

Depuis janvier, UNMAS-Bangui a inspecté et identifié 100 tonnes de munitions mal stockées. Il s'en est suivi une opération de dépollution. En coordination avec l'Union africaine et les forces françaises de l'opération Sangaris, ce service des Nations unies a détruit 7 tonnes de munitions. UNMAS-Bangui a dépollué 3 soutes à munitions. Il a sécurisé et catégorisé les armes et munitions collectées suite à la relocalisation d'ex-combattants. Le service a également détruit 790 armes grâces à la nouvelle technologie, la cisaille hydraulique. En action coordonnée, le Service de lutte antimines des Nations unies a pu récupérer des mines dans des lieux publics et camps de déplacés. Il a contrôlé avec HALO Trust, une structure connexe, 2129 armes et 80 grenades aux camps RDOT et M'Poko à Bangui. UNMAS-Bangui est en phase de construction d'un dépôt temporaire et armurerie permanente pour stocker les munitions identifiées dans la ville. 4000 écoliers ont aussi été sensibilisés sur les risques des engins explosifs.

« La priorité de la Mission des Nations unies en Centrafrique est de veiller sur la protection de la population face au danger des mines et engins de guerre », a déclaré le général Babacar Gaye, chef de la Minusca et Représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Centrafrique, à l'occasion de la journée internationale de la sensibilisation au problème des mines et de la lutte antimines.

« A l'heure actuelle en Centrafrique, il n'y a pas de menace avérée de mines. Il n'a été fait aucun rapport qui confirme la présence de mines antipersonnelles ou de mines antichars, antivéhicules en Centrafrique, ce qui est une excellence chose pour la population centrafricaine », s'est félicité Richard Derieux, directeur de programme de UNMAS-Bangui.

« Mais suite au récent conflit, il y a eu une dispersion, une propagation de petites munitions et principalement de grenades. Ce sont principalement ces grenades qui affectent la vie des enfants, de la population, qui font l'objet de toute notre attention pour leur destruction et pour assurer la protection des civils », a-t-il expliqué. 

Richard Derieux indique que « La campagne de sensibilisation s'adresse principalement aux enfants. Ce sont eux qui habituellement sont les premiers à être en contact avec ces engins de destrcution, ces engins explosifs qui présentent un danger ».

Le directeur de programme de UNMAS-Bangui ajoute que « Les écoles sont les cibles prioritaires en terme de sensibilisation pour que, justement, tous les enfants puissent accéder à ces séances de sensibilisation pour les aider quand ils vont être chez eux dans leurs quartiers, sur la route pour pouvoir identifier cette menace et pouvoir y répondre au mieux et surtout éviter les accidents ».

Depuis janvier 2014, le nombre limité d'équipes oblige à développer des activités au niveau de Bangui. La fondation suisse de déminage et des partenaires nationaux dont l'organisation non gouvernementale IRAD effectuent des sensibilisations surtout auprès des écoliers.

Des actions en direction des provinces de la Centrafrique sont en vue d'après le directeur de programme de UNMAS-Bangui. « Nous prévoyons, à partir des mois de juillet-août, le démarrage d'un projet de réduction des violences armées. Ce projet va couvrir toute la Centrafrique dans la mesure où les zones sont accessibles par rapport à la sécurité. Ce projet va concerner essentiellement à effectuer de la sensibilisation auprès de la population pour réduire ces violences armées et à faciliter également la remise volontaire d'armement et de munitions que la population locale détient dans les foyers. Nous allons commencer ce travail à partir du troisième trimestre 2015 », a-t-il signalé.

A l'occasion de cette journée internationale, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a rappelé l'importance que revêt le service mis en place par le Conseil de sécurité de l'ONU. « UNMAS est une ressource précieuse au sein des Nations unies. Ce service travaille avec professionnalisme, rapidité et efficacité. Ses actions sont motivées par les besoins humains. UNMAS est une composante essentielle pour acquérir la paix, la sécurité et la stabilisation mais aussi pour faciliter les missions de paix entreprises par l'ONU », a souligné Ban Ki-moon.
 
La situation sécuritaire en République Centrafricaine (RCA) s'était complètement dégradée en 2013 à la suite de la crise militaire et politique. Des quantités considérables d'armes, munitions obsolètes, restes d'explosifs de guerre et munitions et petits calibre ont circulé et circulent encore sur l'ensemble du territoire national.  Des groupes armés, notamment Séléka et Antibalaka, se sont saisis des armes. La présence de munitions dans des infrastructures de stockage inappropriées à Bangui s'ajoute aux risques sécuritaires et humanitaires. Des conditions modérées de stockage, l'absence d'une législation efficace pour la gestion de munitions ainsi que l'instabilité sécuritaire régnante menacent la vie civile et les infrastructures locales.

Photo: Richard Derieux, directeur de programme de UNMAS-Bangui

Rejet d'accusation d'enlèvement de Camrounais par le FDPC Le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) du général Martin Koumtamadi alias Abdoulaye Miskine, rejette sa responsabilité dans l’enlèvement de plus d’une vingtaine de ressortissants camerounais le 20 mars dernier à l’ouest de la Centrafrique.

Selon le général Abdoulaye Miskine, le FDPC n’a aucun intérêt à kidnapper des camerounais après avoir obtenu sa libération.

« Vous savez que les opposants centrafricains avaient monté un coup contre moi pour que je reste au Cameroun où j'étais pour mes soins, raison pour laquelle mes hommes ont pris des gens en otages pour réclamer ma libération. On avait conclu avec les Camerounais le jour de ma libération. Il n'y a aucun intérêt de prendre des camerounais en otage. Quand les éléments du FDPC avaient pris des gens en otage, ils n'avaient réclamé ni un franc », a déclaré le général Martin Koumtamadi, alias Abdoulaye Miskine joint au téléphone ce mercredi depuis Brazzaville au Congo.

Il appelle par ailleurs le gouvernement centrafricain à se rapprocher des autorités camerounaises pour de plus amples informations. « Depuis ma libération, je ne suis plus sur le terrain. Mes éléments me tiennent informer de tout ce qui se passe par téléphone. Le gouvernement centrafricain fera mieux se rapprocher des autorités camerounaises pour plus d'informations », a insisté le chef de file du FDPC.

Le porte-parole du gouvernement de la transition, Modibo Bachir Walidou, avait condamné avec le derrière rigueur l'enlèvement qu’il a qualifié d’un acte terroriste et irresponsable.

Le 20 mars dernier, plus d’une vingtaine de ressortissants camerounais avaient été enlevés par un groupe armé non encore connu à l’ouest de Centrafrique.

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