Encore une psychose généralisée à Bambari La peur s'est installée à nouveau ce jeudi 3 septembre 2015 au sein de la population de la ville de Bambari dans la Ouaka au centre-est de la République Centrafricaine. A l'origine de cette phobie, la présence massive non justifiée des miliciens Antibalaka dans les quartiers de la rive droite de Bambari.

Entre temps, ces miliciens avaient déserté leurs positions au profit des des hommes armés de l'Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), du général de l'ex-coalition Séléka Ali Ndaras. L'afflux inexpliqué de ces Antibalaka a obligé nombreux habitants de la rive droite à fuir leurs logements pour regagner les sites des déplacés internes.

« C'est depuis dix jours que les éléments de l'UPC du général Ndaras ont érigé leur barrière sur la rive droite mettant en fuite les miliciens Antibalaka de la zone. Aujourd'hui, aux environs de 2 heures du matin, ils sont tous sortis de leur cachette et occupent presque tous les quartiers de la rive droite. Les populations s'inquiètent pour la simple raison que leur intention n'est pas bien connue. Est-ce qu'ils sont sortis s'affronter avec les hommes de l'UPC ? Beaucoup de personnes ont quitté leur domicile pour regagner les sites de la paroisse Notre Dame des Victoires et de la Sococa » a expliqué un habitant de la ville joint ce jeudi au téléphone.

Une réunion de crise est annoncée ce jeudi, initiée par la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation de la Centrafrique, Minusca mettant autour de la table les Antibalaka et dles éléments d'Ali Ndaras. Pour l'heure, Radio Ndeke Luka ne dispose pas encore d'informations détaillées concernant cette réunion.

Entre temps, une équipe de l'ONG Jeunesse unie pour la protection de l'environnement et le développement communautaire (JUPEDEC), a été prise à partie ce mercredi 2 septembre 2015 par des hommes armés au niveau du pont de la rivière Ombella à environ 90 kilomètres de la capitale centrafricaine.

Les ravisseurs ont emporté le véhicule de l'ONG, une moto neuve, trois ordinateurs portables, des téléphones portables et une somme d'argent d'un montent de 500.000 francs CFA, environ 762,245 euros. Cette équipe se rendait à Sibut, chef lieu de la Kémo, pour l'installation des membres du bureau local de cette organisation.

« J'amenais les responsables suivi-évaluation recrutés pour démarrer leurs activités ce 3 septembre », a indiqué Thibaut Dounia-Koumboti, directeur technique de la JUPEDEC qui a souligné que « C'est compliqué avec cet aspect sécuritaire sur nos zones d'intervention. Pour le moment, nous attendons qu'il y ait quand même une sécurité surtout sur l'axe Damara-Sibut, là où les bandits s'installent ». Car, « Concernant nos activités, nous allons essayer petit à petit d'assister les mamans, les personnes vulnérables. Si nous laissons, la vie de ces personnes va être menacée », a signalé le directeur technique.

Mercredi, des éléments supposés ex-Séléka ont massivement investi la ville de Batangafo. Selon des témoignages recueillis auprès des habitants de cette ville par le correspondant de Radio Ndeke Luka, ces éléments ont tenté d'attaquer le site des déplacés de la ville, mais ils en ont été empêchés par la Minusca. Le lendemain, jeudi, un groupe de ces ex-Séléka, sur une quinzaine de motos, a pris la route de Bouca. Ils ont, à six kilomètre de la ville, pris quatre jeunes en otage et ont abattu le quatrième. Toujours selon ces témoignages, le groupe a, dans sa progression, tué des personnes à soixante kilomètres, mais le nombre de victimes n'a pas été précisé.

Mercredi, lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Minusca tenue à Bangui, le chef de communication de la Mission onusienne, Myriam Dessables, a pourtant rassuré la population que le calme se rétabli peu à peu dans la Ouaka et la Nana Gribizi ces derniers temps.

« La situation sécuritaire s'est améliorée à Bambari et à Bria. A Bambari, la force de la Minusca a démantelé toutes les barricades des jeunes afin de permettre la libre circulation sur la route principale d'approvisionnement n°3 et des patrouilles régulières sont effectuées de part et d'autre de la rivière de la Ouaka en vue de prévenir toutes confrontations inter-communautaires. A Bria, la force de la Minusca assure en permanence la sécurité des autorités de l’État afin qu'elles puissent assurer leurs fonctions quotidiennes et continue évidemment à assurer des patrouilles pour rassurer la population locale ».

Une assurance qui est mise à mal par des observateurs de la vie politique par rapport aux différentes recrudescences de violences à travers le pays.

Deux morts attribués aux éléments de l'UPC dans la Ouaka Deux personnes ont été tuées à Bambari – chef lieu de la Ouaka par les hommes armés de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) du général Ali Ndaras qui aurait pris en otage neuf jeunes depuis cinq jours. Deux d'entre eux seraient assassinés juste avant la libération des sept autres par des éléments de la Minusca basés à Bambari.  Une situation qui a fait fuir une bonne partie de la population en brousse et d’autres sur les sites des déplacés.

« Les peuhls d'Ali Ndaras ont arrêté 9 jeunes en provenance de Bria (Haute Kotto) à l'entrée ou à la sortie de Bambari située à 5 kilomètres de la ville. Ces jeunes gens ont été traités de manière inhumaine. Devant le refus d’obtempérer, deux d'entre eux ont été tués. C'est une fille qui a informé la Minusca qui a fait une descente sur les lieux pour libérer les restants », a expliqué un habitant de la ville joint ce mardi au téléphone par Radio Ndeke Luka. 

Le porte-parole de l'UPC, le capitaine Ahamat Nédjad Ibrahim, rejette les accusations portées contre ses éléments et parle de propos visant à jeter des discrédits sur le mouvement.

« Je sillonne la ville sans un garde du corps. Je n'ai même pas aperçu un homme en uniforme. Ce sont des intoxications, de pures inventions pour éviter qu'il y' ait la paix et la stabilité dans la Ouaka ».

Aux dires de certains habitants selon lequel l'UPC a érigé des barrières sur la base d'un document remis par le Chef d’État de la transition, Catherine Samba-Panza, Ahamat Nédjad Ibrahim réagit.

« On nous a accusé de tout. Aujourd'hui, nous voulions savoir si la personne qui a donné l'information est au sein du contingent Congolais de la Minusca ? Comment a-telle fait pour entrer en possession de l'information selon laquelle c'est le Chef d’État de la transition qui nous a donné l'autorisation d'opérer en toute liberté. C'est de l'amalgame ».

Cela fait plusieurs semaines que la situation sécuritaire est restée volatile à Bambari. Dans un communiqué de presse publié le 28 août dernier, la coordination des Antibalaka de la Ouaka a réclamé le départ sans condition du général Ali Ndaras. Cette coordination estime que l'accord de cessation des hostilités signé lors du forum national de Bangui est foulé au pied par les éléments de l'UPC. Le mouvement affirme ne pas être en possession du document lui exigeant de sortir de la Ouaka.

Bambari : Antibalaka somme l'UPC de quitter la ville Le climat est tendu à Bambari chef lieu la Ouaka entre les miliciens Antibalaka et la faction des ex-Séléka regroupée au sein du mouvement Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC). Dans un communiqué de presse publié le 28 août 2015, les Antibalaka demandent sans condition au général de l’ex-Séléka Ali Ndaras de quitter la préfecture.

Les éléments Antibalaka trouvent que les membres de l’UPC ont violé les accords de cessation des hostilités signés lors du forum de Bangui en semant la désolation dans toute la préfecture et en prenant position dans le secteur sous contrôle de leurs éléments.

« Au moment du forum national de Bangui, nous avons signé l'accord de cessation des hostilités. Aujourd'hui, nous respectons ce document alors que du côté d'Ali Ndaras, l'accord est foulé au pied. Ces hommes ont violé ce document en s'infiltrant dans la zone sous notre contrôle. C'est un signe d'hostilité. Nous demandons avec force à tous ses éléments armés de quitter les zones sous contrôles des Antibalaka. Nous gardons silence mais ce n'est pas une position de faiblesse », a martelé Alix Marcelin Orogbo, secrétaire général porte parole de la coordination des Antibalaka de la Ouaka .

A la question de savoir ce qui adviendrait si Ali Ndaras ne quitte pas, Alix Marcelin Orogbo rappelle que, «Nous avons signé les accords. Si une entité refusent de les respecter alors ces accords vont la condamner. Qui sème la paix récoltera la paix, mais qui tue par l'épée périra par l'épée ».

Du coté de l’UPC, ils affirment ne pas avoir reçu ledit communiqué et  rejettent les responsabilités des mauvaises actions sur les Antibalaka. Selon le capitaine Ahamat Nédjad Ibrahim, porte-parole de ce mouvement, ils sont dans la région pour la protection de la population, « On n'a pas reçu un document qui demande notre départ de la Ouaka. Le peuple centrafricain reconnaît la légitimité de l'UPC. Aujourd'hui, ce sont les Antibalaka qui déclenchent les hostilités, ils assassinent les paisibles citoyens. Ils sont responsables de se qui est en train de se produire ».

« En vertu de quoi les Antibalaka demandent notre départ de la Ouaka ?  Ce ne sont pas les Antibalaka qui vont nous demander de quitter la ville de Bambari. Aujourd'hui, les Centrafricains reconnaissent le parcours criminel des Antibalaka. Ils ont commis tous les crimes. Non seulement ils ont kidnappé des gens, ce sont des actes terroristes. Même les chrétiens qui sont sur la rive droite ont témoigné le comportement négatif des Antibalaka. Nous avons pris des mesures de sécurité parce qu'ils ont cassé le cordon de la sécurité de la Minusca. Ils ont tiré sur nos éléments dans leur base, raison pour laquelle ceux-ci ont riposté », a expliqué Ahamat Nédjad Ibrahim.


Calme précaire à Bambari après 5 jours de tension Cinq jours après les affrontements inter-communautaires qui ont fait plus d'une douzaine de victimes, plusieurs blessés dont deux humanitaires du CICR (Comité International de la Croix Rouge), un calme précaire règne à Bambari, ville encore paralysée et vidée d'une bonne partie de sa population.

Selon les informations reçues ce matin, plusieurs centaines de personnes ont regagné les 4 anciens sites des déplacées de ladite ville afin de se mettre à l'abri d'autres représailles. Toutefois, en cette matinée du 24 août 2015, la tension a baissé et ce, sans un consensus entre les belligérants. Les barricades érigées par une partie de la population au quartier Kidikra sont, selon certaines sources, « totalement démantelées par les soldats de la Minusca appuyés par les éléments de l'UPC », précisant par la même occasion que « les éléments de l'UPC, ex seleka sont très visibles dans ce quartier  sinon une partie de la ville ».

Ce que dénonce les responsables Antibalakas de Bambari qui y voient une sorte de « parti pris » des soldats de la Minusca. Marcellin Orobo, porte parole des anti balaka de ladite ville explique : « nous avons donné consigne de ne pas toucher à la Minusca. On s'est retiré leur laissant la possibilité de faire cette opération mais ce qui est étonnant, c'est que l'équipe de la Minusca est mélangée avec celles de Ndarassa, une force non conventionnelle, ce qui nous inquiète ».

Du côté de l'UPC, le colonel Daouda renchérit que l'UPC « est une force conventionnelle envoyée à Bambari en tant que commandement de la 5ème région militaire de la République Centrafricaine par un décret présidentiel ».

Même si la réaction du gouvernement centrafricain est toujours attendue depuis le déclenchement de cette crise, les responsables de la Minusca, accusés de « partie pris », déclarent avoir envoyé une mission à Bambari et qu'ils réagiront à leur retour.

Du côté du CNT – le parlement provisoire, le président de cette institution, Ferdinand Alexandre Nguendet – lui-même originaire de Bambari, est sorti de sa réserve : « Devant la gravité des faits, le Conseil national de transition dénonce cette violence aux relents communautaires et appelle les populations de Bambari au calme ».

«  ...rien, absolument rien ne peut justifier de tels actes de violences dans un contexte où le peuple centrafricain tout entier aspire à la paix et à la réconciliation entre les communautés », a par ailleurs ajouté Alexandre Ferdinand Nguendet.

C'est depuis le 20 août 2015 que la Capitale de la Ouaka est secouée par des scènes de violences après l'assassinat sur l’axe Bambari-Simbolo d'un jeune musulman par des individus armés assimilés aux anti-balaka. Une situation qui a mis le feu aux poudres faisant une douzaine de personnes, tuées ainsi que plusieurs autres blessés.

Bambari, le bilan des affrontements revu à la hausse La tension est toujours aussi vive à Bambari après l’assassinat, il y a trois jours , d’un jeune musulman par des présumés anti-balaka sur l’axe Bambari-Simbolo. Des sources locales contactées par Radio Ndeke Luka attestent que les barricades érigées par les manifestants dans la ville par la population en colère ne sont pas encore levées.

Ce vendredi,  21 août 2015,  la Minusca a organisé une réunion regroupant les ex Seleka et Antibalakas afin de désamorcer la tension. Malgré cela, la tension est montée d'un cran ce samedi. À l'origine de cette montée de tension, l'assassinat de trois jeunes centrafricains par les jeunes musulmans du quartier Bornou.

Ce qu'atteste, le porte parole du groupe antibalaka joint par Radio Ndeke Luka depuis Bambari, « les barricades ont encore été érigées dans la ville tout simplement parce que trois compatriotes chrétiens ont encore été assassinés ce vendredi, 21 août 2015 par les jeunes musulmans du quartier Bornou malgré le fait qu'on s'est convenu lors de la réunion tenue à la Minusca que tous ceux qui ont tué sur la route de Bornou devraient être arrêtées pour que la paix revienne ».

Radio Ndeke Luka a tenté en vain de joindre aussi bien les responsables de la Minusca de Bambari que les responsables de l'UPC (Unité du Peuple Centrafricain) – cette milice musulmane dirigée par le général Ali Ndarass,  pour leur version des faits.

Plus d'une dizaine de personnes ont été tuées, plusieurs autres blessées et un humanitaire du Comité international de la Croix Rouge (CICR) poignardé à Bambari.


Regain de tension à Bambari Bambari, capitale de la Ouaka est sous tension depuis jeudi, 20 août 2015. L’assassinat d’un jeune musulman par des présumés anti-balaka sur l’axe Bambari-Simbolo est à l'origine de ces nouvelles violences qui auraient fait une dizaine de personnes tuées et plusieurs autres blessées. En représailles, des jeunes musulmans armés s’en sont pris à des civils non musulmans 

Des sources locales parlent d’au moins une dizaine de morts, plus de 5 blessés dont des agents du CICR agressés sur le terrain. Mais l’association des jeunes musulmans de la Ouaka estime pour sa part que ces violences ont fait deux morts et des blessés en plus du jeune homme tué.

Ce vendredi, des barricades ont été érigées dans certaines zones à majorité non musulmane. Les manifestants réclament l’arrestation et la traduction en justice du général Ali Ndarass, chef du groupe rebelle de l'Unité du Peuple Centrafricain (UPC) accusé d’avoir mené les représailles aux côtés des jeunes musulmans armés.

Sous couvert de l'anonymat, un habitant joint par Radio Ndeke Luka témoigne : « la population a érigé des barrières devant la Cour d'Appel jusqu'à la sortie de la ville pour prouver leur mécontentement à l'opinion internationale, l'ONU et le gouvernement qui protègent Ali Ndarass et ses complices qui viennent de tuer pour la 5ème fois les populations de Bambari sans être inquiétés ».

Cet habitant précise par ailleurs que « si Ali Ndarass n'est pas arrêté, les populations boycotteront le processus électoral dans la localité ».

Le Capitaine Mahamat Nedjad Ibrahim, porte-parole de l’UPC rejette ces accusations expliquant que son mouvement s'est interposé entre les deux camps pour éviter un drame : « nos officiers sont blessés par nos frères de la communauté musulmane parce qu'ils se sont interposés. Le 03 décembre déjà, l'UPC a évité un massacre entre les deux communautés et c'est la même chose qu'elle a faite hier et cela est témoigné par la Minusca ».

Alors que Bambari se relève progressivement d’une crise qui a remis en cause les relations entre les communautés, Oumar Tidjiani, conseiller juridique de l’association des jeunes musulmans de la Ouaka appelle au calme : « il y a des jeunes qu'on n'arrive pas à contrôler. Au niveau de la communauté islamique, c'est notre rôle de tout mettre en œuvre pour calmer la tension malgré le drame ». 

La ruée vers l'or à Ndolobo engendre des conséquences dans la Lobaye Les populations autochtones du village Ndolobo dans la Lobaye appellent les autorités centrafricaines à s'impliquer dans le maintien de l'ordre dans cette localité devenue, depuis quelques semaines, le théâtre d'enrichissement pour bon nombre de compatriotes qui s'y rendent à la recherche de l'or.

Venus de tous les coins de la RCA, des ouvriers miniers et des commerçants se sont retrouvés dans ce village créant ainsi un problème de sécurité dans la zone.

Interrogé par le correspondant de Radio Ndeke Luka (RNL) dans la région, l'explorateur de l'or de Ndolobo demande que « Pour une exploitation durable de cette ressource qui vient d'être découverte à Ndolobo et qui a drainé autant de personnes avec ce que cela comporte comme conséquences, il faut que les autorités puissent agir pour réglementer la situation ».

Ce petit village d'environ 2800 habitants enregistre déjà une surpopulation  de plus de 20.000 personnes à la recherche de l'or. Conséquences directes, la ville de Mbaïki enregistre en ce moment une crise alimentaire avec pour effet induit, la surenchère sur les autres produits de première nécessité.

« Les populations de M'Baïki éprouvent d'énormes difficultés à s'alimenter. Cela est due en partie à l'exploitation de l'or dans le village Ndolobo situé à 19 km de Mbaïki.  Les produits vivriers tels le manioc, la viande boucanée, le poisson fumé, la viande de bœuf, les légumes et autres marchandises sont déportés dans ce village où une cuvette de manioc qui se vendait à 1000 Fcfa se vend aujourd'hui à 3.000 Fcfa »,  a précisé le correspondant de RNL.

Une situation qui risque d'avoir aussi des conséquences sur les « plans sanitaires, sécuritaires, éducatives et alimentaires », conclut le correspondant. La population autochtone qui se dit disposée à bien accueillir ses hôtes, souhaite également que ceux-ci soient respectueux de l'environnement de leur village et appellent par la même occasion les autorités centrales à prendre toutes les mesures qui s'imposent pour éviter d'autres conséquences.

Le tronçon Bangui-Garoua-Mboulaï de nouveau paralysé La grève illimitée déclenchée par les transporteurs camerounais depuis le 31 juillet  2015 paralysent les activités sur la route nationale n°1 qui mènent au Cameroun. Ces transporteurs camerounais dénoncent la persistance de l'insécurité sur le corridor Bangui-Garoua-Mboulaï.

Une situation qui a des conséquences directes sur le commerce à Bangui avec la hausse des prix de certains produits de première nécessité. 

« Si vous voyez bien, les impacts commencent déjà à se faire sentir. Observer seulement la devanture du BARC (Bureau d’Affrètement Routier Centrafricain), les jeunes qui ont l'habitude de vendre des produits ici n'ont plus de quoi à mettre sur le marché, il faut que le gouvernement dialogue avec les transporteurs camerounais pour une reprise», a souhaité un jeune commerçant rencontré sur les lieux. Un autre, vendeur d'oignon renchérit « C'est très difficile pour nous en ce moment par le simple fait que les convois n'arrivent pas. Nous n'avions pas des produits à acheter afin de desservir le marché local ».

Tous se tournent vers le gouvernement centrafricain qui, disent-ils devra « tout mettre en œuvre pour trouver une solution à cette situation ».

Du côté centrafricain, le Syndicat des transporteurs centrafricains et les responsables du ministère des transports soutiennent avoir entamé des discussions avec le syndicat des transporteurs camerounais afin de décanter cette situation.

Le 29 juillet 2015, les transporteurs camerounais avaient décidé de procéder à un blocus du corridor Douala-Bangui pour exiger du gouvernement camerounais, « des garanties de sécurité et l’activation de l’action gouvernementale, côté centrafricain, aux fins de la mise en place d’un cadre de concertation au plus haut sommet du Cameroun et de la RCA, avec l’implication de la Minusca », afin de mettre un terme aux multiples attaques rebelles sur ce corridor.

Malgré les assurances de sécurité donnée par la Minusca qui, selon le colonel Adolphe Manirakiza, porte parole militaire de l'institution onusienne « envoie toujours une équipe de patrouille pour sécuriser l'axe... », l'insécurité attribuée aux éléments du groupe rebelle du Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) de Martin Koumtamadji alias Abdoulaye Miskine sur ce corridor est toujours de mise.

Le 19 juillet dernier, le Maire, le Sous préfet ainsi qu'un pasteur de Baboua ont été enlevés par ce groupe qui est aujourd'hui en négociation avec le gouvernement centrafricain selon les informations fournies par le ministre Saïd Dominique Paguindji, de la sécurité publique et porte parole du gouvernement centrafricain.

Fusillade mortelle inter-Minusca à la base Socati dans le 5ème arrondissement de Bangui Cinq morts et  huit personnes blessées, c'est le bilan d'une fusillade qui a eu lieu ce 08 août 2015 au sein de la base de Socati dans le 5e arrondissement de Bangui où sont positionnés des éléments rwandais de la Minusca. Des détonations d'armes automatiques qui ont provoqué la panique dans le secteur.

Selon les premières informations recueillies par Radio Ndeke Luka à ce propos, il s'agit d'un militaire rwandais qui a ouvert le feu sur ces compagnons d'armes.

Selon Hamadoun Touré, porte parole de la Minusca,« C'est un casque bleu qui a tiré sur ces frères d'armes dans la matinée du 08 août 2015. Il a tué quatre d'entre eux avant d'être tué à son tour. Il y a eu au total, 5 morts et 8 blessés ».

Toujours selon le porte parole de la Minusca, « l'organisation onusienne a ouvert une enquête pour comprendre les circonstances et les mobiles de ce drame qui est inédit par son ampleur. On n'a jamais connu un tel acte depuis que la Minusca a été déployée en Centrafrique en septembre 2014. Nous présentons toutes nos condoléances au gouvernement rwandais ainsi qu'aux parents des victimes en attendant de connaître exactement ce qui s'est passé ».

La réaction du gouvernement centrafricain sur cet incident se fait encore attendre. La base Socati de la Minusca est située  non loin du terrain de football Bamara sis à coté de l’aéroport Bangui-Mpoko sur l'Avenue Omar Bongo Ondimba.

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