Une soixantaine d'otages de l'ex-Séléka libérés par les Casques bleus La Mission intégrée de stabilisation de l'ONU en Centrafrique (MINUSCA) a affirmé mercredi avoir réussi à libérer 67 civils qui avaient été pris en otage par des éléments de l'ex-rébellion de la Séléka à Bangui et en province.

La nouvelle a été annoncée à Bangui par la porte-parole de la Mission, Myriam Dessables, lors de sa conférence de presse hebdomadaire.  Elle a précisé que les 67 personnes, avaient été libérées des griffes de ces ex-Séléka, dont quatre femmes par « une opération musclée » du contingent venu de la République démocratique du Congo (RDC).

Ces civils avaient été pris en otage le 21 octobre dans le centre du pays.

La capitale Bangui et la préfecture de la Ouaka, dans le centre du pays, ont été le théâtre à la mi-octobre d'affrontements sans précédent depuis des mois entre miliciens rivaux.

Lors de la même conférence de presse, la porte-parole de la MINUSCA a assuré que la Mission travaillait en étroite collaboration avec les autorités centrafricaines en vue du redressement de l'appareil judiciaire.

Elle a affirmé que l'impunité battait son plein, citant les nombreux cas de meurtres et d'enrôlement d'enfants par les mouvements en conflit.

Bambari : grogne populaire contre les éléments français de la Sangaris Depuis vendredi, les populations de Bambari s’insurgent contre les éléments français de l’opération Sangaris basés dans la ville. Des barricades sont érigées sur la totalité de l’axe Bambari-Grimari (80 Km environ) selon certains témoins joints au téléphone par RNL. L’aérodrome de Bambari a aussi été obstrué.

La population a organisée ce matin une marche de protestation pour  dénoncer l’attaque de deux villages, Timanguéré (25 Km) et Gbakomalékpa (30 Km) de Bambari axe Bangui, occasionnant la mort de plus de quarante personnes. « Hier aux environs de 14 heures, un groupe de peuhls a investi le village de Timanguéré à 25 Km et Gbakomalékpa à 30 Km de Bambari. Les peuhls ont réussi à tué 40 personnes et occasionné plusieurs blessés », a indiqué un témoin qui a fui les hostilités.

La même source a précisé  que « Ce matin, la population a érigé des barrières sur les artères pour empêcher la patrouille de la Sangaris. Elle a organisé une marche pacifique pour montrer au gouvernement de transition et à la communauté internationale qui laissent faire la France, que les Casques bleus sont présents dans la ville pour protéger les civils ».

Un autre habitant joint également ce matin par RNL, explique que les hommes armés sont conduits à la base de la Sangaris avec des véhicules de patrouille française. Une situation qu’il qualifie d’injuste.

« Il y a une semaine deux véhicules Séléka sont passés de nuit et il y a eu attaque au village Yamalé sur la route de Bakala. Les éléments de Sangaris ont contesté l’incursion de ces ex-Séléka. Surprise, la population a vu les français transporter les ex-Séléka à leur base de Bambari. Or des Antibalaka croupissent dans les locaux de la gendarmerie. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », a dénoncé le témoin.

Les armes lourdes continuent de crépiter à Bambari.

Jusque-là, les responsables de la force Sangaris n’ont pas encore commenté cette information.

Et pendant que le torchon brûle à Bambari, l’aile dissidente de l’ex-coalition Séléka a tenu ce samedi son assemblée générale élective. Un bureau ad-hoc a été déjà mis en place et les travaux en commission se poursuivent. Les grandes conclusions n’ont pas encore été prises. Toutefois, les différentes interventions ont concouru au rétablissement de la sécurité et de la paix dans la région.
 
Le préfet de la Ouaka, El Hadj Abakar Ben Outhman, a conseillé aux jeunes leaders militaires de ce mouvement « de contrôler leurs éléments afin d’éviter d’éventuels débordements à l’avenir ».

L’aile dissidente cherche à mettre en place deux bureaux de coordination, l’un militaire et l’autre politique. L’objectif est de contribuer au retour de la paix et la sécurité en République Centrafricaine.

A en croire le capitaine, porte parole du mouvement, Ibrahim Ahamat Nédjad, les adhérents à ce nouveau mouvement ne vont pas coopérer avec les forces qui demandent la partition du pays.

Le nouveau mouvement veut se doter d’une chaine de commandement pour coordonner les éléments sur le terrain afin de ramener la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire.

Ouaka : Antibalaka et ex-Séléka sèment la terreur Accusés de trahison aussi bien par des Antibalaka que par des ex-Séléka, les habitants de la sous-préfecture de Kouango, dans la Ouaka, ne savent où donner de la tête. Désemparés,  ils prennent la clé des champs. Mais là aussi, ils sont pourchassés comme du gibier.

Samedi dernier, des hommes armés assimilés à des miliciens Antibalaka ont brûlé des champs de café et tué des civils au village Bangao à 45 km de Kouango. Selon les témoignages, les assaillants accusent les habitants de ce village d'avoir accepté la collaboration avec les ex-rebelles Séléka.

« Depuis trois jours, une délégation des Antibalaka en provenance de Bambari est arrivée au village Bangoa. Ils ont tué beaucoup de personnes, fait fuir toute la population et brûlé des champs de café », a indiqué un habitant de Kouango qui a requis l'anonymat.

Prise de peur, la majeure partie de la population a traversé le fleuve pour se réfugier en République démocratique du Congo (RDC) voisine.

Selon la même source, ces Antibalaka envisageraient de s'attaquer à la population de la ville de Kouango. « Ils promettent de s'en prendre à la population de Kouango sous prétexte qu'elle héberge des Séléka », a indiqué la source. Les habitants de Kouango sont pris entre le marteau et l'enclume car, selon le même habitant qui a requis l'anonymat, des ex-Séléka ont aussi « tué publiquement deux jeunes, les accusant à tort d'être des Antibalaka ».

Ce climat de terreur a aussi gagné la sous-préfecture de Bambari, chef-lieu de la Ouaka.

Le week-end dernier, des ex-Séléka présentés comme des éléments du général peuhl Ali Ndaras, ont fait incursion dans deux villages de Bambari, tuant plusieurs personnes et incendiant des maisons, selon des sources locales.

La population s'est réfugiée dans la brousse mais elle y est poursuivie comme du gibier.

« Les populations paysannes du Pk 20 jusqu'au Pk 30 sont poursuivies dans les champs et en brousse comme des animaux pour être tuées de manière cruelle et criminelle», a expliqué un habitant consterné.

Le 16 octobre dernier, au village Botobadjia, toujours dans la sous-préfecture de Bambari, un groupe armé dénommé ''Antipopulation'' avait tué 14 personnes et incendié 32 habitations.

Pendant ce temps, dans la préfecture septentrionale de la Nana Gribizi, un religieux a été enlevé le dimanche 19 octobre par des Antibalaka au village Fafara à 22 km de la ville. Le Père Luc Delphes, de nationalité belge, est le responsable de l'ONG internationale Caritas à Kaga-Bandoro. Il a été relâché après quelques heures passées en brousse avec toutes les autres personnes qui se trouvaient à bord de son véhicule. 

Selon certaines autorités ecclésiastiques du diocèse de Kaga-Bandoro et de l'archidiocèse de Bangui, le prélat a été transféré dans la capitale mais son véhicule et les bagages des passagers ont été confisqués par les ravisseurs.

Cet enlèvement est survenu dix jours après celui du prêtre polonais Mathieu Dziedzic. Selon des sources religieuses, le Père Mathieu Dziedzic est toujours entre les mains de ses ravisseurs du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) du chef rebelle Martin Koumta-Madji alias Abdoulaye Miskine.



Bangui : un Casque bleu tué dans une embuscade jeudi soir Un officier de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (Minusca) a été tué jeudi soir et plusieurs autres blessés dans un accrochage avec des hommes armés non encore identifiés dans aux environs de Pk 11 à la sortie nord de Bangui. La victime appartenait au contingent pakistanais.

Selon la Minusca, les soldats des Nations unies sont tombés dans une embuscade.

Le Premier ministre de la transition, Mahamat Kamoun a dénoncé un complot contre la transition. « C'est un grand complot qui est lancé contre le peuple centrafricain. Nous étions au courant de la préparation de ce complot depuis longtemps. Tous les moyens ont été donnés pour le mettre en exécution », a-t-il affirmé sans désigner le coupable.  « Au moment où la vie a repris à Bangui, les activités économiques également, les ennemis du peuple ne sont pas d'accord », a-t-il ajouté.

Du côté de la Minusca, le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU et chef de mission, le général Babacar Gaye, a assuré que les coupables seraient un jour traduis en justice. « Ce crime contre les forces des Nations unies, qui sont ici pour aider le peuple de la République Centrafricaine, est inacceptable et les responsables devront répondre de leurs actes et être traduits devant la justice », déclaré le général Gaye, dans un communiqué.

Il a rappelé la neutralité des forces onusiennes et promis que sa mission « continuera de prendre des mesures robustes contre les criminels qui menacent les civils ».

Joint au téléphone ce vendredi, le coordonnateur national des Antibalaka, Patrice Edouard Ngaïssona, a également condamné ce meurtre, soulignant que son mouvement n'avait rien contre la force onusienne. « Si nous devions prendre l'option militaire, ce ne serait pas contre la Minusca. La Minusca est là pour ramener la paix. Raison pour laquelle nous avons fait un communiqué pour condamner fermement cet acte barbare », a-t-il dit.

Pour sa part, le président de l'Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), Michel Amin, a appelé ses concitoyens à « la retenue ». « La meilleure façon pour ramener la paix dans un pays, c'est la communication et le dialogue », a-t-il rappelé.

Alors que la situation reste très volatile dans la capitale, l'état-major des ex-Séléka à Bambari enfonce le clou et exige « la démission pure et simple » de Catherine Samba Panza.

Selon le lieutenant Younous Ngapdia, conseiller technique et chef de cabinet de l'état-major de l'ex-rébellion, le commandement des ex-Séléka a été outré par un message de la présidente lui ordonnant de quitter Bambari.

« Cela sous-entend que notre citoyenneté est toujours remise en cause », s'est révolté le lieutenant Ngapdia.

Il a cependant exclu tout recours à la force pour chasser de la présidence Catherine Samba-Panza.

Bangui en émoi après le meurtre d'au moins huit personnes au cours des dernières 48 heures Regain de tension à Bangui. Des musulmans du Km 5, dans le 3ème arrondissement, ont ouvert le feu mercredi tout le long de l’avenue Barthélémy Boganda, dans le 3ème, pour venger la mort d'un présumé ex-Séléka tué la veille. Bilan : au moins sept morts, selon des sources associatives locales.

La victime ex-Séléka avait été lynchée à mort mardi soir par une foule au milieu de laquelle elle venait de jeter une grenade, à la sortie nord de Bangui, selon des témoins. Le corps a été brûlé et abandonné sur la route.

« Les choses se sont passées au niveau du Bar Pk 9 aux environs de 18 heures. Un homme a dégainé une grenade et tout le monde a commencé à crier », a relaté un habitant, soulignant que l'explosion a fait plusieurs blessés. « Ce que nous savons, c'est que l'acte a été posé par un ex-Séléka que nous avons tué et brûlé », a ajouté le témoin.

Pour venger cet ex-Séléka, des musulmans ont pris des armes mercredi, détruisant des maisons et s'attaquant aux habitants le long de l'avenue Boganda.

« Ce mercredi autour de 9 heures, nous avons entendu des coups de feu au KM 5. Il nous a été rapporté qu'hier soir, un homme a été tué au niveau de Gobongo. Par après, c'est une foule de musulmans qui a pris la direction du siège de la Minusca. Les tirs ont encore retenti.  Du coup, les manifestants ont saccagé et brûlé tout aux abords de l'avenue Boganda sans être inquiétés », a raconté mercredi un témoin selon lequel plusieurs personnes ont été tuées et des maisons brûlées.

Selon un bilan provisoire publié jeudi par la Croix Rouge Centrafricaine (CRCA), une organisation de la place, au moins sept personnes ont été tuées et 25 autres blessées.

 L' « ambassadeur de la paix »  du Km 5, Ahamat Ali, a appelé ses coreligionnaires à la raison. « Nous avons réceptionné un corps brûlé et mutilé ce matin au KM 5. Les jeunes en colère ont pris les armes pour tirer des coups en l'air. Certains en ont profité pour se lancer dans des actes de vol. J'appelle les musulmans à cultiver l'esprit de tolérance et à garder le calme », a-t-il demandé.

Abondant dans le même sens, la Coordination des organisations musulmanes de Centrafrique (COMUC) a condamné ces actes orchestrés, selon elle, par un groupuscule en dérapage. « Ce n'est pas du tout normal de répondre à la violence par la violence. Ce que nous avons, en tant que société civile musulmane, déploré depuis longtemps. Nous condamnons fermement ces actes », a déclaré le chargé d'administration au sein de la COMUC, Abdoulaye Ninguia, joint mercredi au téléphone par RNL.

Pour sa part, la Ligue centrafricaine des droits de l'Homme (LCDH) juge le climat actuel très préoccupant. « La situation m'inquiète, ça préoccupe énormément la LCDH. Toute la nuit de mercredi, il y a eu des tirs jusqu'à ce matin, la circulation est bloquée et nous ne pouvons pas avoir à l'heure actuelle le bilan exact des dégâts et des meurtres qui ont été commis pendant cette période de 48 heures », a confié à RNL le président de la Ligue, Joseph Bindoumi.

Maître Bindoumi a par ailleurs dénoncé la passivité de la communauté internationale.
 
Même sentiment d'indignation de la part du pasteur Nicolas Guérékoyamé-Gbangou, président de l'Alliance des évangéliques en Centrafrique (AEC). Pour lui, ces actes sont le fait d'individus sans conscience et sans aucun sens de responsabilité.
 
« Je crois qu'il est de la responsabilité de la présidente de convoquer le plus rapidement possible une concertation de tous les acteurs sociopolitiques pour essayer d'inventer ensemble avec la communauté internationale une sortie de crise », a  demandé le pasteur Guérékoyamé-Gbangou.

Contactée mercredi, la force ces Nations unies en Centrafrique (Minusca)  s'était refusée à tout commentaire. Certaines sources à Bangui affirment que le contingent marocain de la Minusca et les soldats français de l'opération Sangaris ont laissé les hommes armés, en provenance du Km 5, ouvrir le feu et exposer le corps brûlé devant le portail de la représentation onusienne.

Bangui : trois personnes tuées jeudi en deux endroits différents La violence meurtrière n'a pas encore dit son dernier mot à Bangui où trois personnes ont été tuées jeudi par des hommes armés encore non identifiés.

Le premier incident, dans lequel deux hommes ont été abattus et quatre autres blessés, s'est produit en fin d'après-midi au quartier Sarah, dans le Troisième Arrondissement.  Plusieurs hommes en armes ont ouvert le feu après avoir investi le secteur. Désemparée, la population du secteur accuse les troupes internationales d'inaction et demande le réarmement des Forces armées centrafricaines (FACA).

« Nous demandons à la présidente de réarmer les Forces armées centrafricaines puisque les forces internationales ne nous protègent pas. Nos enfants sont tués tous les jours. Nous manquons réellement de paix. Le danger est en face de nous au KM 5 où les agresseurs traversent pour commettre les exactions. Ce qui se passe au quartier est très grave alors qu'on nous demande de quitter les sites des déplacés pour regagner nos domiciles respectifs », a déclaré Moussa Passi, une habitante du quartier, visiblement très indignée.

Les quartiers voisins du KM5 sont confrontés quasi-quotidiennement à des meurtres, pillages et rackets.

Le deuxième incident s'est produit pendant la nuit devant le Motel des Lions, avenue des Martyrs, dans le Quatrième Arrondissement. Un homme d'une trentaine d'années a été abattu par des hommes armés peu avant minuit.  « Les braqueurs l'ont tué pendant la nuit et c'est ce vendredi que sa dépouille a été retrouvée. Hier vers 23 heures, nous avons entendu deux coups de feu », a raconté un témoin qui a requis l'anonymat.

« Au quartier Fouh comme à Miskine, personne ne peut rester à l'extérieur à partir de 19 heures. Nous nous demandons si les forces onusiennes sont dans le pays pour notre sécurité ou pour rester dans leurs casernes. Les gens meurent tous les jours des suites des braquages », a poursuivi le témoin, demandant par ailleurs le rétablissement de l'éclairage des voies publiques pendant la nuit.

En dépit de ces violences meurtrières dans la capitale, les habitants du Septième Arrondissement croient encore à la paix. Mercredi, ils ont organisé une campagne de sensibilisation sur la paix, le pardon et la non-violence à l'église évangélique Elim de Ouango Bangui.

Tous les messages, notamment à travers des chants, prônaient la tolérance et le respect du droit à la vie comme base de la reconstruction du pays.

« Cette rencontre permet de montrer que dans le 7ème arrondissement, nous avons l'esprit de produire la paix, la cohésion sociale et nous luttons contre la violence et le barbarisme », a expliqué le président du comité d'organisation de cette initiative, Joseph Zokoué.

Pour sa part Pierre Koyangbo, un habitant ordinaire du Septième Arrondissement, a exhorté ses concitoyens, les jeunes en particulier, à traduire en actes ces messages de paix.

Cette campagne dans le Septième s'inscrit dans l'exécution des conclusions d'un séminaire qui avait regroupé fin février les maires des huit arrondissements de Bangui, les chefs de groupes, les responsables des associations d'hommes et femmes d'affaires ainsi que les responsables religieux.

Bambari : 16 personnes tuées lors d'une attaque attribuée à des ex-Séléka Seize personnes ont été tuées mercredi à Bambari, dans le centre-est de la République Centrafricaine, lors d'une attaque attribuée à des membres de l'ancienne rébellion de la Séléka. Les agresseurs ont ciblé le site des déplacés de la brigade de gendarmerie de la ville.
 
Selon des sources locales, ces ex-Séléka agissaient pour venger la mort de deux Peuhls tués la veille par des Antibalaka à 35 kilomètres de Bambari, sur l'axe Ndassima. Le véhicule qui transportait ces Peuhls avait été incendié mardi par des miliciens. En représailles, la communauté peuhle a investi mercredi le site des déplacés de la gendarmerie, dans une sorte de chasse aux Antibalaka.

« Les musulmans ont décapité un jeune l'identifiant à un Antibalaka. Mardi aux environs de 8 heures, les Antibalaka ont intercepté un véhicule tuant deux Peuhls et brûlant le véhicule. Aussitôt, les musulmans de Bambari ont réagi en représailles pour s'attaquer au site des déplacés. D'après un agent de la Croix rouge que j'ai interrogé, seize personnes ont été tuées et plusieurs blessées », a indiqué un habitant de Bambari qui a requis l'anonymat.

Le général Joseph Zoundéko, chef d'état-major des ex-Séléka basés à Bambari a confirmé les faits, en expliquant cependant que ses hommes avaient été provoqués. « Un véhicule qui partait à Ndassima a été attaqué par les Antibalaka. Le chauffeur et  le propriétaire du véhicule ont été tués et le véhicule a été incendié. C'est ainsi que la communauté musulmane s'est dirigée vers la Misca où les chrétiens se sont réfugiés ».

Mais pour les Antibalaka, ce sont plutôt les Peuhls qui ont jeté l'huile sur le feu.  « Les Antibalaka ne comprennent rien de l'attaque du site des déplacés. Ce sont les musulmans qui ont attaqué à la gendarmerie », a affirmé le responsable des Antibalaka de Bambari, Patrick Ngongo.

Bambari est l'une des  provinces où persiste l'insécurité en dépit de la présence de forces internationales.

Meurtre également dans la capitale, Bangui, où un conducteur de taxi-moto de 24 ans, Evrard Juventus Naéré, a été tué mercredi soir à Damala Don Bosco dans le 8e arrondissement. Les témoins mettent en cause des miliciens Antibalaka du secteur.

Jeudi matin, plus de 200 conducteurs de taxi-moto sont descendus dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol.  En effet, plusieurs de leurs collègues ont été déjà tués dans les mêmes conditions. Régis-Thibaut Warassa, l'un des conducteurs de taxi-moto, a appelé les forces internationales à sécuriser ce secteur. « J'étais avec le défunt 10 minutes avant. Tous les jours à partir de 18 heures, la circulation devient difficile dans la zone. Je demande aux forces internationales déployées dans le pays de prendre leurs responsabilités ».

Même les vendeuses du marché Combattant dans le 8e sont montées au créneau pour dénoncer les vols et braquages dont elles sont victimes depuis plusieurs mois. L'une d'entre elles, Tatiana Claire Guitigbé, qui vend des légumes, demande aussi à la force des Nations unies de passer aux actes. « Nous ne savons pas comment rentrer à la maison après la vente de nos marchandises. Les Antibalaka nous attaquent et nous dépouillent de l'argent, des récipients et nous infligent des traitements inhumains. Et pourtant, nous avons des forces internationales », a-t-elle fulminé.

Contacté par RNL, le commissariat de police de Damala a indiqué qu'il n'avait pas les moyens de faire face à de tels actes violences.

Bangui : un officier des douanes tué à son domicile par deux hommes armés Le lieutenant des douanes, Virgile Bango, a été tué dans la nuit de mardi à mercredi à son domicile au camp des Castors dans le 3ème arrondissement de Bangui par des hommes armés non identifiés. Le meurtre a eu lieu peu après minuit. 

Selon son épouse, les deux hommes armés ont défoncé la porte principale, puis celle de la chambre à coucher pendant que la victime regardait la télévision. « Ils étaient tous les deux bien armés, lorsqu'ils sont entrés dans la maison, ils ont demandé à mon mari de leur donner de l'argent. Celui-ci a répondu qu'il n'avait pas d'argent, car il venait de payer les frais de scolarité de ses enfants », a raconté l'épouse.

« Le pire s'est produit lorsque l'un d'entre eux a aperçu la tenue de service de mon mari. Voulant s'expliquer, il a été qualifié d'Antibalaka avant d'être abattu », a-t-elle ajouté.

Avant d'entrer chez le lieutenant, les deux hommes avaient pris de l'argent et quelques effets dans une famille voisine.

Gertrude Délaine Toumbitam, une des notables du quartier, estime que le camp des Castors n'est pas protégé. « Nous ne savons pas à qui nous confier. Il était entendu que les forces internationales devaient sécuriser les 3ème et 5ème arrondissements. Il faut qu'ils patrouillent la nuit et interviennent en cas d'appel ».

Dans ce même secteur, un jeune homme avait été tué il y a une semaine. Ces derniers temps, les agresseurs usent de leurs armes pour commettre leurs forfaits malgré la présence des casques bleus du contingent rwandais basé dans la zone.

C'est dans ces conditions que le commissariat de police du 5ème arrondissement a rouvert lundi après plusieurs mois d'inactivité. La cérémonie s'est déroulée en présence des autorités locales et nationales. Selon André Kouradoma, commissaire du 5ème arrondissement, cette réouverture marque un tournant décisif pour la libre circulation des personnes et des biens dans le secteur. « Nous allons commencer par l'éducation, la sensibilisation et le conseil pour ramener cette population à l'ordre et maintenir la sécurité », a-t-il indiqué.

« La hiérarchie va nous donner tout le matériel adéquat pour mener à bien le travail qui nous attend. La circulation sur l'avenue Koudoukou jusqu'au marché Km5 sera assurée par mes éléments pour garantir et permettre à la population de circuler librement », a-t-il ajouté.

La réouverture de ce commissariat avait été au centre d'une rencontre le 25 septembre dernier entre la population, les éléments de la force européenne, EUFOR-RCA et le ministère centrafricain de la Sécurité publique.

L'insécurité, il en est également question dans certaines provinces rurales. La ville de Bouca dans la préfecture de l'Ouham a été secouée mardi par des tirs à l'arme automatique. Selon des informations, tout serait parti d'un malentendu entre les éléments du chef Antibalaka Andilo et les soldats onusiens basés dans la ville. 

Les miliciens, armes au poing, auraient été empêchés par les Casques bleus de prendre part à une réunion de sécurité organisée à Bouca par la préfète de l'Ouham, Clotilde Namboy. Ainsi en colère, ces Antibalaka ont ouvert le feu, obligeant plusieurs personnes à prendre la clé des champs ou à se réfugier à la mission catholique.

« Lorsque Madame le préfet faisait son discours, Andilo est venu avec ses éléments bien armés. Les soldats de la Minusca qui assuraient la sécurité les ont empêchés d'entrer dans la salle arme à la main. Mécontents, ils ont commencé à tirer dans toutes les directions. Nous n'avons encore le bilan exact puisque nous sommes bloqués au niveau de l'évêché. Bangui a été saisi et les militaires français de l'opération Sangaris sont venus de Bouar pour nous protéger », a raconté un témoin joint au téléphone par RNL.
 
Il n'a pas été possible de joindre Andilo.

Bangui : un mort lors d'affrontements intercommunautaires le week-end Les 3ème et 6ème arrondissements de Bangui étaient en ébullition samedi et dimanche. Une personne a été tuée et plusieurs maisons incendiées lors de violents affrontements entre musulmans et non-musulmans.

Tout serait parti samedi en fin d'après - midi, selon des sources locales. Des hommes armés ont attaqué un établissement commercial au KM 5 dans le 3e arrondissement, donnant à des jeunes le prétexte de se livrer à des pillages dans les quartiers de Béa Rex, Kpétènè et Fatima.

Les tirs ont gagné en intensité dimanche, forçant plusieurs familles à quitter leurs habitations.

Le Premier ministre Mahamat Kamoun qui s'est rendu dimanche au KM 5, a assuré que les  responsables allaient être vite traduits en justice. « Le gouvernement ne saurait rester indifférent, il a décidé avec le concours des forces internationales d'intensifier les actions visant à traquer, arrêter et traduire en justice tous les fauteurs de trouble et auteurs présumés de crimes et de délits de quelque bord que ce soit », a promis le chef du gouvernement. 

Par la même occasion, Mahamat Kamoun a reconnu que les conclusions du forum de Brazzaville n'étaient respectées à la règle. « Force est de constater qu'en dépit de l'accord de cessation des hostilités signé à Brazzaville, les évènements survenus depuis 48 heures au Km5 et ceux signalés quelques jours    auparavant à Dékoa, aux Mbrés, à Boali, Alindao et samedi dernier à Damara illustrent bien la mauvaise foi de certains signataires », a-t-il déploré.

Dans un communiqué, la force européenne, EUFOR-RCA a, elle aussi, promis de tout en œuvre pour ramener la paix et la sécurité dans un délai raisonnable.

Le même jour dans l'Ouham Pende (nord), plusieurs personnes ont été blessées et des maisons incendiées au village Pougone à 37 Km de la ville de Paoua, lors d'une attaque attribuée par des témoins à des éléments du mouvement Révolution Justice (RJ), du commandant Armel Ningatoloum Sayo.

Selon des sources locales, les jeunes de Pougone avaient décidé de chasser les hommes armés de la RJ qui s'étaient illustrés dans des rackets sur les voies routières. En représailles, ces éléments RJ seraient passés à l'assaut un peu avant l'aube, comme le raconte un villageois.

« Ce sont réellement les éléments du groupe RJ qui ont brûlé les maisons vers quatre heures du matin. Ils avaient été chassés par les habitants du village pour cause de racket des véhicules de transport en provenance de Mbaïboum (Ndlr : marché hebdomadaire). Un véhicule verse la somme de 120.000 francs CFA. Nous en avons parlé avec le commandant de la Minusca mais à défaut de carburant, il n'a pas pu effectuer le déplacement ».

Joint au téléphone, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Armel Ningatoloum Sayo, chef de file de la RJ,  a rejeté toutes les accusations portées contre ses hommes. Le commandant de la RJ a précisé que les membres de son mouvement étaient casernés conformément aux textes en vigueur. « Aucun élément de la RJ n'agit de son propre gré. Les éléments œuvrent pour préserver l'intégrité territoriale et sécuriser les populations. A l'heure actuelle, tous les éléments de la RJ sont sous contrôle, ils attendent le processus de Désarmement-démobilisation et réinsertion (DDR) », a-t-il déclaré à RNL.

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