Bangui : vive tension ce lundi à la prison centrale de Ngaragba Des coups de feu ont été entendus dans la nuit de dimanche et ce lundi à la maison d’arrêt de Ngaragba dans le 7ème arrondissement de Bangui. Le décès d’un prisonnier des suites de maladie a poussé les prisonniers à se mettre en colère.

Ils ont empêché que la dépouille mortelle soit enlevée. « Parmi les prisonniers, il y a eu un décès. L’enlèvement de la dépouille a été contesté par les autres prisonniers. Ces derniers ont exigé que leurs conditions de vie soient améliorées par les autorités du pays. Le corps sans vie doit être enterré dans la maison d’arrêt centrale selon les détenus », a expliqué un témoin interrogé sous couvert de l’anonymat.

Selon les informations, les prisonniers ont immédiatement pris le contrôle de la prison. Les insurgés, quelques armes au poing, tirent en cas d’approche des forces nationales et internationales. « Personne ne peut entrer ni sortir de la maison carcérale de Ngaragba. Les prisonniers ont tout cassé dans le centre pénitencier depuis les cellules jusqu’au portail central », a ajouté la même source qui indique qu’ « Il n’y a aucune sécurité ».

Afin d’éviter tout débordement, les forces nationales et internationales se sont retirées à au moins 100 mètre de la prison. La libre circulation des personnes et des biens a été perturbée au niveau de la prison sur l’axe qui mène au centre ville et à Ouango Bangui.

RNL n’a pas pu joindre les responsables judiciaires pour leur version des faits. Seulement, la maison centrale de Ngaragba héberge au moins 800 prisonniers.

Au Camp Beal par ailleurs, c’est un ouf de soulagement pour les ex-combattants Séléka
 
Les ex-rebelles de la coalition basés dans ce camp ont reçu ce lundi des vivres et non vivres, don de la coordination diocésaine de la santé. La remise a été faite au cours de la visite conduite par Monseigneur Dieudonné Nzapalaïnga, archevêque de Bangui.

Le don est constitué des boites de sardine, de l’huile, du riz, du sucre, du sel, des habits de friperie. Des repas préparés par Caritas Centrafrique ont été aussi servis à ces ex-Combattants.
 
L’archevêque de Bangui Monseigneur Dieudonné Nzapalaïnga explique que ce geste consiste à soutenir ces ex-Séléka qui traversent des moments difficiles.
 
« Ici au camp Beal, vous avez des hommes, des femmes, des enfants qui y habitent. Pour moi en tant qu’homme de Dieu, là où se trouvent des hommes, des femmes, des enfants, ce sont des enfants de Dieu créés à son image. Il y a trois jours je suis venu, j’ai vu la misère, la souffrance des tous ces jeunes, je ne peux pas rester indifférent », a indiqué l'archevêque.

Monseigneur Dieudonné Nzapalaïnga demande par ailleurs à tous les chrétiens de voler au secours de ces compatriotes.

« Je lance l’appel aux chrétiens en leur disant, il est temps que nous venions à la rencontre de nos frères, de venir rencontrer Dieu à travers nos frères et nos sœurs. Dans l’évangile de Mathieu chapitre 25, il est dit « si vous donnez des habits à un petit, c’est à moi Jésus que vous avez fait », a demandé le prélat. Car selon lui, « Jésus prend le visage de tous ces hommes, toutes ces femmes, tous ces enfants qui sont là ».

L’ambiance était au bonheur parmi les bénéficiaires et les mouvements Saint Vincent de Paul, Légion de Marie, Simon de Cyrène et les Femmes chrétiennes catholiques présents à cette remise. Le commandant de zone des ex-Séléka, Rodrigue Yandji, salue ce geste qui vise à asseoir le vivre ensemble. Il demande à toute la population centrafricaine de bannir l’esprit de haine et de vengeance au profit de la paix.

« C’est cette collaboration que nous cherchons pour que la paix véritable règne dans notre pays. Que cette volonté manifeste continue dans ce sens pour que nous nous réconcilions afin de reconstruire notre pays », a déclaré le commandant de zone.

La coordination promet également des soins gratuits dans les prochains jours. Une messe a été dite dans l’après midi pour marquer la fin de cette visite.

Impatience au sujet de l’assemblée générale des ex-Séléka à Bria Débouté le 10 janvier 2014 à Ndjamena par les chefs d’Etat de la Communauté des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC) à la suite d’une gestion chaotique de la chose publique, l’ex-coalition Séléka cherche par tous moyens à se reconstituer. L’ancienne coalition rebelle tient ce vendredi à Bria, au nord-est du pays, une nouvelle assemblée générale convoquée à l’initiative de l’ancien ministre d’Etat Gontran Djono Ahaba. Cette assemblée générale court le risque d’être boycottée par les principaux acteurs, notamment les officiers et hommes de rang qui ne s’entendent pas sur certaines questions à débattre.
 
Depuis la première assemblée générale tenue à Ndélé qui a abouti à la mise en place d’un état-major placé sous le commandement de Joseph Zoundéko, les travaux de Bria s’inscrivent à la suite d’une succession d’assises aux allures d'assemblée générale. Les assises précédentes se sont respectivement tenues à Birao en juillet, à Bambari en septembre et à Kaga-Bandoro en octobre 2014. Mais déjà, les travaux de Bria sont loin de faire le consensus au sein des ex-combattants. Selon des sources internes au Mouvement, presque tous les officiers refusent que les travaux se tiennent faute de quorum sur l’objet de l’assise.

Convoquée à l’initiative de l’ancien ministre d’Etat Gontran Djono Ahaba, l’un des bras droit du Mouvement qui a bénéficié dans un premier temps de l’appui du général Zacharia Damane, l’assemblée générale de Bria, dont les travaux devraient s’ouvrir jeudi, court vers un boycott. Selon un officier Séléka, l’aile militaire, dans son ensemble, n’est pas disposée à remettre en question les conclusions de la dernière assemblée générale de Kaga-Bandoro ayant conduit à la mise en place d’un nouvel état-major dirigé par le général Arda A’akouna.
 
170 hommes venant des villes de Bambari et de Kaga-Bandoro devraient mener des discussions visant à « la mise en place du nouveau bureau des Forces républicaines qui mettra un terme à l'appellation d'état-major, puis du bureau politique ». Une question demeure, y arriveront-ils ? En tout cas, rien ne permet au stade actuel de le certifier car, les discordances vont sans cesse croissantes.

Chaque camp affirme vouloir prendre part au processus de normalisation et de réconciliation nationale en cours dans le pays. Hélas ! La réalité sur le terrain laisse présager d’autres intentions. Une affaire à suivre…

Par ailleurs, sept personnes sont tuées à Cantonnier

Un affrontement sanglant avaient opposé mercredi dernier à Cantonnier, ville frontalière avec le Cameroun à l’ouest de la République Centrafricaine, des miliciens Antibalaka aux soldats de la Mission onusienne, Minusca. Le bilan provisoire des heurts fait état d’au moins 7 personnes tuées et de nombreux blessés. Selon des témoins, tout serait parti d’une tentative de désarmement des miliciens Antibalaka qui nettoyaient leurs armes. Les crépitements d’armes, qui avaient duré des heures, ont créé la psychose au sein de la population civile. Paniquée, la majeure partie de la population civile s’est réfugiée à Béloko, localité situé à 7 Km de Cantonnier. Jeudi, tous les blessés ont été évacués au centre de santé de Baboua et certains à l’hôpital régional et universitaire de Bouar.

« Les Antibalaka étaient en train de nettoyer des armes. Alertée, la force de la Minusca a tenté de les désarmer. Ils se sont opposés en tirant à balle réelle, la force onusienne a riposté. Les combats se sont déroulés de 12 heures et 19 heures », a expliqué sous couvert de l’anonymat un habitant de Cantonnier joint jeudi au téléphone par RNL.

« Il y a eu sept morts », a précisé le témoin qui conclu que « La population civile s’est enfuie vers Béloko et Cantonnier entièrement contrôlé par la force de l’ONU, décidée à en découdre avec les miliciens Antibalaka ».

Bangui : les ex-Séléka protestent contre le décès de leur frère d’arme Les combattants de l’ex-Séléka cantonnés au camp Beal et au Bataillon des services et de soutien (BSS) ont encore investi ce mardi l’avenue des Martyrs. Ils ont protesté contre la tuerie d’un de leurs éléments kidnappé avec deux autres dans la nuit de lundi par des inconnus.  Les trois éléments ont été torturés par les ravisseurs, la dépouille de l’un deux a été découverte ce matin à proximité de Radio Voix de la Paix, une radio installée à Bangui par l’Association des Musulmans d’Afrique, AMA, dans le 5e arrondissement. L’autre victime serait en train de recevoir des soins chez ses parents.

« Hier aux environs de 19 heures, trois de nos éléments sont allés chercher des vivres au niveau de l’hôpital Communautaire. Aussitôt, ils ont été kidnappés. L’un d’eux a réussi à s’échapper et nous a alertés », a expliqué le lieutenant Steve Ngrékamba, porte-parole des mécontents.

« (…) à notre grande surprise ce matin à 5 heures, nous avons découvert le corps sans vie de l’un des deux à côté de Radio AMA. Les autres sont sortis pour aller chercher le corps, mais la Minusca et la Sangaris ont déjà procédé à l’enlèvement », a-t-il indiqué, ajoutant que « C’est pour la troisième fois, depuis notre soulèvement, que des hommes armés nous attaquent aux environs du LAENES et de Radio AMA ».

Cette énième sortie a fait des dégâts matériels. Des kiosques dont les propriétaires sont suspectés d’être de connivence avec les présumés du kidnapping sont littéralement détruites par les hommes armés. Interrogé sur l’identité des présumés kidnappeurs, le lieutenant Steve Ngrékamba a ciblé les endroits où sont souvent parties des attaques contre leur position. 

Réunis à l’entrée du Camp Beal où ils exprimaient leur ras-le-bol, les ex-Séléka disent ne pas comprendre cette attaque contre leur intégrité physique alors que l’accord de Brazzaville a sifflé l’arrêt des hostilités.

Par ailleurs la situation s’est détériorée dans la région de Zémio

La situation s'est dégradée ce mardi à Zémio, alors qu'un meeting était prévu à la mairie de la ville. Des tirs ont été entendus au quartier musulman suivis des cris de « Allahou Akoubar ».

Les échanges de tirs à l’arme ont occasionné plusieurs blessés dans les camps. Trente deux maisons d’habitation auraient été incendiées au village Bangassou-Issa d’après une source digne de foi. Une délégation, constituée du Préfet du Haut-Mbomou et du commandant des Forces armées centrafricaines (FACA) de la ville de Obo, est arrivée ce mardi à Zemio afin d'apaiser la tension.

Le meurtre d’un commerçant musulman à Selim dans la région de Zémio en fin de week-end a fait monter les enchères. Les relations intercommunautaires et la situation sécuritaire se sont brutalement détériorées.

Le mercredi 12 novembre, un groupe de jeunes musulmans commerçants, se disant parents du défunt, ont quitté la ville de Zémio à bord de 5 motos pour se rendre au village Selim sur le lieu du drame. Ils ont été arrêtés au niveau de Rafai par les autorités et la plateforme de réconciliation de Rafai. Ils ont rebroussé chemin samedi pour la ville de Zémio.

Seulement, une tension visible existait déjà entre certains commerçants musulmans de Zemio et les habitants de la localité de Barh.

Les versions autour de cette affaire divergent. Pour certains, les conducteurs des cinq motos sont tombés dans une embuscade qui serait tendue par les habitants des trois villages Barh, Bogou et Bangassou-Issa. Une seconde version dit que ce sont les conducteurs de motos, tous des commerçants, de retour de Rafai, qui auraient ouvert le feu sur la population de Bangassou-Issa et Bogou après avoir été attaqués.

Bangui : au moins un mort dans des affrontements dimanche La journée du dimanche 16 novembre 2014 a été marquée par une manifestation des éléments de l’ex-Séléka, une manifestation qui a occasionné la mort d’au moins une personne et des blessés dans le 1er arrondissement. Les quartiers voisins des sites du camp Beal et du Bataillon des services et de soutien (BSS), où sont basés les ex-hommes armés de la coalition Séléka, ont été secoués par des tirs à l’arme lourde et automatique. La circulation a été du coup interrompue sur les avenues de l’Indépendance et des Martyrs. La panique s’est emparée des habitants et usagers du secteur. Ce lundi, un calme passager règne dans la zone. Les activités sont paralysées au niveau du Bureau d’affrètement routier centrafricain (BARC). Les commerçants exerçant dans les environs du BARC ont vu leurs marchandises emportées.

Au sujet de cette nouvelle montée de tension, les propos divergent. Certains témoins parlent d’une altercation entre les éléments de l’ex-Séléka au niveau du Bureau d’affrètement routier centrafricain. D’autres soutiennent la version d’une agression d’un des éléments de cette ex-rébellion par des Antibalaka. Il est donc difficile d’établir la vérité autour de ces crépitements d’armes. Des tirs à l’arme lourde et automatique ont été entendus durant plusieurs heures, entrainant des cas de pillages et de braquages. 

« Les Séléka cantonnés au camp Beal sont venus piller ma boutique et le bar qui se trouve en face. Ils étaient sortis en fait pour empêcher une dispute entre deux de leurs frères d’arme », a raconté sous couvert de l’anonymat une victime des évènements.

La résidence de l’ancien ministre de la Sécurité publique, le colonel Denis Wangao Kizimalet, situé derrière le Bureau d’affrètement routier centrafricain a été également visé par des tirs.

« Il y a une grenade qui a explosé. Nous en avons trouvé trois qui n’avaient pas encore explosé », a expliqué le colonel.

« Nous avons appelé les responsables de la sécurité publique, qui ont appelé nos partenaires militaires de la Sangaris qui sont venus nous débarrasser de ces engins de guerre. La proximité avec les Séléka n’est pas vivable en ce moment », a-t-il déclaré.

Les ex-combattants basés au camp Beal ont justifié leur mécontentement par l’agression d’un des leurs au niveau du BARC. « Hier, un de nos éléments du BSS a été agressé. Il a appelé au téléphone et les autres sont descendus sur le terrain », a expliqué le commandant Rodrigue Yamindji, commandant du site du camp Beal.

A propos des cas de pillage enregistrés, le commandant du site a déclaré ne rien savoir, « En ce qui concerne le pillage, je ne sais quoi dire ».

Ce lundi, la tension est restée visible aux 200 villas, 36 villas, 14 villas, au camp Fidèle Obrou, quartiers voisins des camps Beal et BSS.

Le jeudi 13 novembre 2014, ces ex-combattants avaient barricadé les avenues de l’Indépendance et des Martyrs dans la partie nord de Bangui, empêchant toute circulation. Ils avaient exigé des autorités de la transition le versement d’une somme de 825.000 francs CFA soit 1.257,70 euros par ex-combattant à titre de Prime général d’alimentation (PGA). Cette somme représente les frais couvrant la période de onze mois de cantonnement. A l’issue d’une négociation avec le gouvernement, une enveloppe financière de 4.500.000 francs CFA soit 6.860,21 euros leur a été remise.

L'aile du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ), basée à Birao, dans l'est du pays, affirme ne plus reconnaître l'autorité d'Abakar Saboun et Doctrouvé Euloge Koï, respectivement président-fondateur et secrétaire général du groupe armé.

Le MLCJ est un mouvement politico-militaire signataire de l'accord de cessation des hostilités de Brazzaville. Actif depuis 2004, il s'était rallié en 2012 à d'autres autres groupes politico-militaires pour constituer la coalition Séléka qui a renversé le régime de François Bozizé en mars 2013.

Selon un communiqué de presse publié dimanche par le deuxième vice-président du bureau politique du MLCJ, le commandant Am-Gabo Sélémane Moustapha, les deux leaders ne sont plus autorisés à représenter le mouvement dans les discussions pour le rétablissement de la paix en Centrafrique. Pourquoi ce coup de force ? « M. Abakar Saboun, président fondateur du mouvement était déconnecté de la troupe depuis fin 2007 », explique le communiqué. Le bureau politique du MLCJ affirme désormais reconnaître comme chef du mouvement, le colonel Gilbert Toumou-Déya. Le texte accuse par ailleurs  Doctrouvé Euloge Koï de s'être autoproclamé secrétaire général.

Joint au téléphone mardi à sa base de Birao, le commandant Am-Gabo Sélémane Moustapha, a appelé les protagonistes de la crise centrafricaine et la communauté internationale à tenir compte de ce changement à la tête du MLCJ. « Pour le retour d'une paix véritable, il faudra faire appel au nouveau président en exercice, Gilbert Déya. Car Abakar Saboun a officiellement démissionné du mouvement en 2011 et  n'a présentement aucun combattant sur le terrain », a demandé Sélémane Moustapha.

Interrogé à son tour, Doctrouvé Euloge Koï a revendiqué sa légitimité et celle du président-fondateur et traité d'usurpateurs ceux qui ont pris la décision de dimanche dernier. « Je considère que c'est un non-évènement pour ma part. Ce sont des usurpateurs, des gens qui sont des hors-la-loi qui ne veulent pas entendre parler de la paix et de la réconciliation dans le pays. Personne n'a le droit de démettre un président », a-t-il fustigé.

« Nous allons continuer à nous inscrire dans le processus de la paix dans notre pays. Ces gens, s'ils sont des étrangers et qu'ils sèment le désordre dans notre pays, la justice les rattrapera et nous allons les poursuivre devant nos juridictions », a-t-il ajouté.

Centrafrique : Human Rights Watch exhorte le Groupe de Contact à exiger la fin des violences L'organisation Human Rights Watch (HRW) a exhorté  Groupe international de contact (GIC) sur la Centrafrique, réuni depuis mardi à Bangui, la capitale centrafricaine, à exiger l'arrêt des violences.

Cette rencontre du GIC, la première à Bangui, vient après celle qui s'était tenue en juillet dernier à Addis-Abeba, en Ethiopie.

« Mettre fin aux violences contre les civils en République centrafricaine devrait être la priorité numéro une du Groupe international de contact, qui se réunit pour la première fois à Bangui », a estimé Daniel Bekele, directeur de la division Afrique de Human Rights Watch.
 
« Il s'agit d'un moment clé pour que les responsables politiques internationaux disent clairement et fortement que ceux qui tuent, torturent et violent devront un jour faire face à la justice. Le temps de l'impunité est révolu », a poursuivi l'activiste.

Parmi les membres du GIC figurent des représentants des Nations unies, de l'Union africaine, de l'Union européenne, de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), des États-Unis, de la France et de la République du Congo, dont le président Denis Sassou Nguesso assure la médiation entre les parties au conflit.

La Centrafrique traverse une crise aiguë depuis début 2013, lorsque les rebelles de la Séléka ont pris le pouvoir après une campagne caractérisée par un grand nombre de massacres de civils, de maisons pillées et incendiées et d'autres crimes graves.

En 2013, des groupes s'appelant eux-mêmes les Antibalaka, se sont organisés pour combattre la Séléka, mais se sont aussi vite livrés à de nombreuses violations des droits de l'homme.

Le cycle meurtrier des violences sectaires s'est aggravé ces derniers mois dans le centre et l'est du pays, en particulier dans les préfectures de la Ouaka et de la Nana-Gribizi, malgré la signature d'un accord de cessez-le-feu le 23 juillet dernier à Brazzaville, au Congo.

En septembre dernier, Human Rights Watch avait documenté le meurtre d'au moins 146 personnes depuis juin dans les villes de Bambari et Bakala (préfecture de la Ouaka), Mbrés (préfecture de la Nana-Gribizi) et Dékoa (préfecture de laKémo), ainsi qu'aux alentours de ces villes, toutes situées dans le centre et l'est du pays.

Ce chiffre ne représente toutefois qu'une fraction du nombre total de meurtres présumés, étant donné que de nombreux massacres ont eu lieu dans des zones reculées et difficiles d'accès, souligne HRW.

L'organisation appelle le GIC à faire une déclaration publique à l'issue de sa réunion, rappelant à tous les acteurs armés que la violence contre les civils doit cesser et qu'ils risquent de faire face à la justice à l'avenir, soit devant une cour nationale ou devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

Suite à une demande faite par le gouvernement de transition centrafricain, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda a ouvert, en septembre, une enquête sur les crimes les plus graves commis en Centrafrique depuis août 2012.

Ouham : au moins 5 personnes tuées à Batangafo, l’ex-Séléka mise en cause C’est la panique générale à Batangafo, chef-lieu de la sous-préfecture du même nom, dans l’Ouham. Au cours des dernières 48 heures, au moins cinq personnes ont été tuées, plusieurs autres blessées et des dizaines d’habitations brûlées, selon les ressortissants de cette sous-préfecture du nord de la Centrafrique.

« Les informations reçues jusqu’à ce matin font état de plus d’une trentaine de maisons incendiées volontairement, plusieurs blessés et au moins cinq personnes tuées par des ex-Séléka qui sont assez spécifiques par rapport aux autres groupes armés dits Séléka qui sévissent dans les autres villes », a dénoncé Samuel Rangba, président du Collectif des ressortissants de Batangafo vivant à Bangui.

Il a précisé que les ex-Séléka sont arrivés dans la sous-préfecture en 2013. Mais depuis 2011 -2012, a-t-il dit, Batangafo « vivait déjà dans une situation d’insécurité totale, presque coupée du reste de la République centrafricaine, à cause des éléments de l’ancien rebelle tchadien Baba Ladé ».

Samuel Rangba a interpellé le gouvernement de transition et les Casques bleus.

« Nous demandons à la Minusca (Mission de l’ONU en Centrafrique) d’appliquer les dispositions de la résolution 2127 du Conseil de sécurité pour désarmer tous les détenteurs d’armes et groupes armés sans condition », a-t-il indiqué.

Batangafo, où l’administration est quasi-inexistante, est livrée aux milices rivales Antibalaka et ex-Séléka.  « Notre souci est de voir les autorités de la transition s’investir davantage. Aujourd’hui, il n’y a aucune autorité locale dans la ville, ni aucune autorité administrative se réclamant du pouvoir central. Les cinq maires des communes de Batangafo sont en fuite depuis 2012 et se trouvent à Bangui », a ajouté Rangba.

Selon un habitant de Batangafo joint jeudi au téléphone par RNL, des ex-Séléka ont commencé à mettre le feu aux maisons mercredi dans la matinée aux quartiers Mouskita et Ndarabanda. « Jeudi, ils sont venus au quartier Lakouanga et ont incendié 25 maisons », a raconté le témoin.

RNL a tenté en vain de joindre les responsables des ex-Séléka basés à Batangafo.

La branche militaire des ex-Séléka a un nouveau chef Lors d'une assemblée générale dimanche à Kaga Bandoro, dans la Nana Grébizi (nord de la Centrafrique), la coalition ex-Séléka, a procédé à une restructuration, créant une branche militaire et une branche politique.

Les 25O délégués ont mis en place un nouvel état-major dirigé par le général Akouna Arda. Il est l’un des généraux les plus influents de l’ex-Séléka ayant occasionné la prise du palais de la Renaissance le 24 mars 2014.

Il est secondé par deux adjoints, Yaya Piskoum et Adoum Nanon.

Pour sa part, Mahamat Alkati devient conseiller militaire chargé des questions de sécurité. Quant à Moustapha Kamoun et Ousman Mahamat Ousman, ils représenteront le mouvement dans les négociations inter-centrafricaines et auprès des organisations nationales et internationales.

Pendant ce temps, des ex-Séléka sont accusés d'avoir tué deux personnes le week-end à Batangafo, dans l'Ouham (nord). Après ce meurtre, la plupart des habitants de Batangafo ont pris la clef des champs, accusant le gouvernement d'inaction.

A Bangui, c'est la compagnie nationale de distribution d'électricité, Energie centrafricaine (ENERCA) qui déplore deux véhicules de terrain enlevés en fin de semaine dans le 4e arrondissement.

Selon Lucas Sénifémitia, chef de section à ENERCA, les deux véhicules et tout le matériel qui se trouvait à bord, ainsi que les téléphones portables du personnel alors en mission de terrain ont été emportés par des Antibalaka qui ont ouvert le feu mais sans faire de victime.

Les employés de la compagnie affirment ne plus avoir le courage d'effectuer des sorties pour des travaux d'urgence.

La coordination des miliciens Antibalaka n'a pas encore réagi à ces accusations.

Bangui : des soldats internationaux et nationaux pris à partie à Boy Rabe vendredi Des échanges de tir ont opposé vendredi les forces internationales à des hommes armés qui les ont prises à partie à Boy Rabe dans le 4e arrondissement de Bangui.

Dans un communiqué de presse publié à Bangui le 31 octobre, la Mission de stabilisation de l’ONU en Centrafrique, Minusca annonce que « dans le cadre des opérations de sécurisation de la capitale », les Casques bleus, conjointement avec des éléments de la force française Sangaris et des forces de sécurité centrafricaines, « ont mené une opération dans les quartiers Gobongo et Boy Rabe dans le 4e arrondissement de Bangui ».

« L’opération a commencé aux premières heures de la matinée, sous le commandement de l’Etat-major conjoint du Secteur de Bangui », a souligné le communiqué. Elle a consisté en « des visites de domiciles, des perquisitions et des interpellations ». Pendant cette opération, les forces internationales et nationales ont fait face à des attaques à l’arme automatique et à la grenade.

« Cinq personnes ont été interpellées et remises aux autorités locales de sécurité pour enquête criminelle », rapporte le communiqué. Par ailleurs de nombreux effets militaires ont été saisis : « un fusil, trois Kalachnikov, dont une équipée d’un lance-grenade, neuf chargeurs, 344 munitions de divers calibres, 10 grenades, quatre couteaux, une machette et  une bombe lacrymogène ».

La Minusca s’est félicitée du soutien et de la parfaite collaboration de la population lors de cette opération.

La situation est restée instable samedi matin dans les quartiers nord de Bangui, particulièrement à Boy Rabe où les tirs ont officiellement occasionné la mort d’une personne, Mesmin Boulala, un fonctionnaire du ministère de la Santé publique, tué à son domicile selon les témoignages de sa famille.

Des scènes de braquages sont aussi enregistrées d’après certains témoins. Des barricades sont érigées à divers endroits des quartiers Foûh, Gobongo et Boy Rabe, fiefs des Antibalaka. Des tirs sporadiques sont encore entendus ce samedi matin dans ces secteurs.

Par ailleurs dans l’ouest au village Déba à 105 Km de Bouar dans la sous-préfecture de Baboua, une nouvelle prise d’otages par les hommes du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) est signalée.

Deux personnes ont encore été kidnappées jeudi sur l’axe Bouar-Garoua- Boulay par les éléments du FDPC de Martin Koumtamadi alias Abdoulaye Miskine. Les hommes armés de Kalachnikov et de lances roquettes ont intercepté un véhicule de transport en commun et l’ont incendié, selon les passagers qui ont échappé aux ravisseurs.   

Les voyageurs qui ont fuit ont expliqué que deux des leurs, tous deux opérateurs économiques, ont été arrêtés et conduits en brousse. Cette situation d’insécurité rend impraticable la circulation sur le tronçon Bouar-Garoua-Boulay, principal axe économique de la Centrafrique. « La libre circulation des biens et des personnes pose un véritable problème malgré les multiples réunions organisées par les autorités locales », a déclaré un conducteur de véhicule sous couvert de l’anonymat.

Le collectif des transporteurs de Bouar demande aux autorités locales et au gouvernement de transition de tout mettre en œuvre pour sécuriser cette route afin de permettre aux Centrafricains d’exercer librement.

Plusieurs personnes ont déjà été prises en otage par ces éléments armés qui réclament la libération sans condition de leur leader Abdoulaye Miskine, détenu par le gouvernement camerounais depuis un an. 

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