Affaire Bossembélé : un témoignage à décharge pour Vianney Semdiro
Une vue de la salle d'audience de la Cour pénale spéciale à Bangui, juillet 2024. Photo: Minusca

Affaire Bossembélé : un témoignage à décharge pour Vianney Semdiro

Les audiences dans l’affaire dite « Bossembélé » se poursuivent devant la Cour pénale spéciale (CPS), à Bangui. Ce lundi 21 septembre, les débats se sont poursuivis avec l’audition des témoins. Les juges cherchent notamment à préciser le rôle de chacun des accusés dans les crimes contre l’humanité qui leur sont reprochés.

À la barre, Mickael Makpévodé, ancien employé de maître Jean-Daniel Ndengou et voisin du supermarché Rayan, a raconté les circonstances de son arrestation et de sa détention. Il affirme avoir été accusé d’avoir incendié ce commerce. Selon son témoignage, il a été arrêté de nuit, en 2010, par des éléments de la gendarmerie et de la garde présidentielle. Après un passage à l’Office centrafricain de répression du banditisme (OCRB), il a été conduit au centre d’instruction militaire de Bossembélé.

Face aux juges, le témoin a décrit des conditions de détention difficiles, marquées notamment par un accès limité à l’eau et à l’électricité. La Cour l’a ensuite interrogé sur l’attitude de l’accusé Vianney Semndiro, qui dirigeait alors le centre.

Mickael Makpévodé a déclaré que Vianney Semndiro se comportait correctement avec les détenus. Il a également indiqué que ce dernier organisait parfois des séances de prière et leur remettait, à certaines occasions, de l’argent destiné à l’achat de nourriture.

Les juges ont ensuite cherché à savoir si le témoin avait connaissance d’éventuels ordres donnés par Vianney Semndiro pour maltraiter certains détenus. Mickael Makpévodé a répondu par la négative. Il affirme, au contraire, que l’accusé les réconfortait et demandait à ses subalternes de ne pas les brutaliser, malgré les menaces proférées par certains gardiens.

Concernant les autres accusés, le témoin a indiqué ne pas les connaître. Interrogé sur son retour à Bangui, Mickael Makpévodé a expliqué avoir quitté Bossembélé après l’arrivée des éléments de la Séléka au pouvoir.

L’affaire Bossembélé porte sur des crimes contre l’humanité présumés commis entre février 2009 et mars 2013. Des faits de traitements cruels, de torture et de meurtre sont reprochés aux accusés Vianney Semndiro, Firmin Junior Danboy, Eugène Ngaïkoisset ainsi qu’à l’ancien président François Bozizé.

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