Le procès de Mahamat Saïd à l’heure du verdict devant la Cour pénale internationale
Mahamat Saïd Abdel Kani dans le Box des accusés à la CPI, octobre 2021. Photo: CPI

Le procès de Mahamat Saïd à l’heure du verdict devant la Cour pénale internationale

Après plus de quatre ans de détention et de procédure à La Haye, au Pays-Bas, Mahamat Saïd Abdel Kani sera fixé ce mercredi 23 septembre sur son sort devant la Cour pénale internationale (CPI). A Bangui, la décision sera retransmise en direct par le bureau local de la CPI.

L’ancien chef de la Séléka est poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés commis dans la capitale centrafricaine entre 2013 et 2014.

Au début de la procédure, Mahamat Saïd Abdel Kani était poursuivi pour des crimes présumés commis à l’Office central de répression du banditisme, OCRB, ainsi qu’au Comité extraordinaire de défense des acquis démocratiques, CEDAD. Au fil du procès, les juges ont abandonné les accusations liées au CEDAD, faute de victimes identifiées. Les charges retenues portent désormais uniquement sur les faits présumés commis à l’OCRB, concernant 32 victimes.

Selon l’accusation, Mahamat Saïd aurait participé à des actes de torture, des détentions illégales, des persécutions et d’autres violences visant des personnes soupçonnées de soutenir l’ancien président François Bozizé. L’accusation lui reproche d’avoir supervisé ces atrocités, d’avoir directement participé à la capture de civils et de ne pas avoir protégé les détenus placés sous sa responsabilité. Les faits reprochés auraient été commis entre avril 2013 et janvier 2014.

Arrêté à Bria en janvier 2021, il a été transféré quelques jours plus tard à La Haye. Son procès s’est ouvert le 26 septembre 2022. Depuis le début de la procédure, Saïd a toujours plaidé non coupable.

Les plaidoiries finales se sont tenues les 25 et 26 novembre 2025. Le Bureau du Procureur, la représentante légale des victimes et la défense ont présenté leurs arguments devant la Chambre.

Les avocats de Mahamat Saïd ont affirmé que leur client, alors directeur de l’OCRB, agissait dans le cadre de ses fonctions parmi les autorités en place après la prise de pouvoir de la Séléka. Selon eux, ses actions visaient à rétablir l’ordre dans un contexte de crise sécuritaire. Ils ont demandé son acquittement.

Le verdict attendu ce mercredi dira si les juges estiment que les preuves présentées permettent d’établir sa responsabilité pénale. En cas de condamnation, une audience ultérieure déterminera la peine. En cas d’acquittement, il pourrait être remis en liberté, sous réserve d’éventuelles autres procédures.

Cette décision est particulièrement attendue en RCA. Mahamat Saïd est le premier haut responsable de la Séléka à être jugé par la CPI pour des crimes présumés commis durant la crise centrafricaine. Deux leaders de la milice rivale (Anti-Balaka) Patrice Edouard Ngaïssona et Alfred Yekatom Rombhot ont pour eux été condamnés en première instance à 15 et 20 ans de prison. Le procès de Maxime, Mokom, un autre Anti-Balaka avait été abandonné faute de témoins et victimes.

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