Le cantonnement de la Séléka enfin lancé à Damara sur fond de condamnation

Le cantonnement de la Séléka enfin lancé à Damara sur fond de condamnation

Les opérations du cantonnement des rebelles de la coalition Séléka viennent d’être lancées ce 3 mars 2013 à Damara (75 kilomètres nord de Bangui). Plus de 1600 éléments de cette faction rebelle en sont concernés. Pour traduire dans les faits la 2ème phase de  l’accord de Libreville signé en janvier dernier, une importante délégation partie de Bangui a fait le déplacement de Damara, dite ligne de démarcation.

C’est le Premier ministre d’union nationale l’Opposant maitre Nicolas Tiangaye qui a conduit cette mission en collaboration avec les partenaires au développement.

Les grands absents au rendez-vous de Damara ont été le Vice Premier ministre en charge de la Défense nationale Michel Am-Nondroko Ndjotodia et Christophe Gazam-Betty ministre de la Communication, tous 2 issus des rangs de la Séléka, a remarqué l’envoyé spécial de Radio Ndeke Luka.

Ce cantonnement est intervenu quelques jours après qu’une frange des rebelles l’ait contesté. Elle a exigé le respect par Bangui des clauses de l’accord de Libreville. Toutefois, le gouvernement a, de son côté indiqué que les opérations ont été avortées faute de moyens logistiques liés à l’intendance.

Les populations de Damara et ses environs ont d’ores et déjà accueilli avec joie la nouvelle du regroupement et cantonnement de ces rebelles, a remarqué l’envoyé spécial.

Il faut aussi dire que ce cantonnement de la Séléka fait suite à l’attaque en début de cette semaine de la ville de Sido (nord) par les éléments de la Convention des Patriotes pour la Justice (CPJP) Fondamentale dirigée par Nouredine Adam. Ces derniers sont à ce jour des dissidents de la Séléka.

Au sujet justement de cette attaque, le gouvernement, par la voix de son porte parole maitre Crépin Mboli Goumba, ministre des travaux publics, n’est pas passé par 4 chemins pour la condamner fermement.

« Les représentants légitimes de la Séléka ont même réaffirmé leur attachement à l’accord de Libreville et ont aussi condamné l’attaque. D’ailleurs, des solutions rapides aux réclamations des leaders légitimes de la Séléka seront trouvées. Car, la République centrafricaine ne peut plus continuer d’être une terre où sévissent toujours les criminels », a regretté le porte parole.

Il est à noter que samedi dernier, la  Coalition Citoyenne d’Opposition aux Rebellions Armées (COCORA) a donné un ultimatum au gouvernement Tiangaye de réussir sa mission au sujet du soulagement des souffrances de la population des zones occupées par Séléka.

« Si d’ici la fin du mois de mars, rien n’est fait pour délivrer nos parents qui souffrent à ce jour des exactions de tout genre de la part des éléments de la Séléka, nous allons demander la démission pure et simple de ce gouvernement », a martelé Lévi Yakété, coordonateur de la COCORA.