Centrafrique: la pollution de la rivière Ouham inquiète les habitants de Bossangoa©Droits réservés
Des femmes et hommes de Bossangoa faisant la lessive dans la rivière Ouham

Centrafrique: la pollution de la rivière Ouham inquiète les habitants de Bossangoa

Les habitants de Bossangoa se plaignent de la pollution de la rivière Ouham. Ce cours d’eau, très prisé de la région, est devenu ces derniers temps boueux et malpropre. Ceci fait suite aux activités d’exploitation minière menée par une société chinoise sur ses affluents Banh et Nana depuis Yaloké. Ainsi pour éviter la destruction de l’environnement et se préserver des effets nocifs de cette exploitation, hommes, femmes et enfants appellent à la responsabilité du gouvernement.

La pollution de la rivière Ouham est un coup dur pour la population riveraine, particulièrement, celle de la ville de Bossangoa. La plupart des habitants qui dépendent de ce cours d’eau, indispensable pour la ville et ses environs, se plaignent de la détérioration de sa qualité.

« Aujourd’hui, la rivière est très sale. La couleur est devenue verte. Mais comme il n’y a pas d’eau, nous sommes obligés d’y venir faire la lessive. Malheureusement, celle-ci est à l’origine de plusieurs maladies dont les staphylocoques » déplore Gypsie, une habitante de Bossangoa.

Un désastre naturel dans l’Ouham

C’est un désastre, constate le chef de secteur de l’alphabétisation à l’inspection académique du Nord.

« Les eaux de cette rivière sont devenues comme de la boue, car elles coulent difficilement. Malheureusement par manque d’eau potable, on l’utilise pour le jardinage. La plupart des habitants se baignent là, ils y font même la lessive alors que son état reste à désirer » regrette Didier Anatole Goungaï, un enseignant.

En plus des besoins hydriques de la population, cette pollution met à mal, la vie de certains animaux aquatiques. Les hippopotames qui faisaient la fierté de cette rivière ne sont plus visibles. Les poissons frais qui inondaient les marchés de la ville se font de plus en plus rares. Pour la population qui déplore l’utilisation des produits chimiques par cette société d’exploitation minière, c’est un désastre naturel. Du côté des professionnels de la pêche, c’est la panique.

Un patrimoine régional en danger

« Cette rivière est notre patrimoine. Si nous ne faisons pas la pêche, comment peut-on subvenir à nos besoins ? Comment nos enfants peuvent-ils aller à l’école ? Dans notre plan d’action, on pourrait avoir suffisamment d’argent dans les mois qui viennent. Mais tel que c’est parti, on n’aura rien. Le gouvernement doit faire quelque chose » implore Francis Dénéhéressé, président de l’Association des pêcheurs de l’Ouham.

Soucieux de sa population, Pierre Dénamguéré, maire de la ville de Bossangoa, a convoqué une réunion d’urgence avec les chefs de groupes et de quartiers ainsi que les responsables des services déconcentrés de l’État afin de débattre de ce problème. Cependant, les recommandations envoyées à Bangui demeurent sans suite.

 

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