Bangui sans cimetière depuis plusieurs années  
Vue du cimetière de Ndress, dans le 4ᵉ arrondissement de Bangui. Photo : RNL/José Stéphane Flémalé.

Bangui sans cimetière depuis plusieurs années  

Depuis plusieurs années, Bangui la capitale centrafricaine manque d’espaces dédiés à l’inhumation. Face à la saturation progressive des cimetières existants, certaines familles sont désormais contraintes d’enterrer leurs proches dans des concessions privées ou sur des terrains familiaux.

La pression démographique continue à Bangui et des maisons d’habitation occupent progressivement les anciens espaces funéraires, notamment dans les secteurs de Nzila et de Ndress. Une situation qui complique davantage la recherche d’un lieu d’inhumation pour les familles endeuillées. Rencontré au quartier Karting dans le 4ème arrondissement de Bangui, Prince regrette la disparition progressive de ces espaces.

« Par le passé, Bangui disposait des cimetières, notamment ceux de Ndress et de Poumalé. Aujourd’hui, ces espaces sont vendus et sont occupés, et les familles ne savent plus où inhumer leurs proches décédés », déplore-t-il.

Pour Francisco, cette absence de cimetière constitue à la fois un problème social, sanitaire et de dignité humaine. Il appelle les autorités à anticiper les conséquences de cette situation dans une capitale en pleine expansion démographique.

« Il y a de plus en plus de maisons d’habitation qui se construisent à Bangui. Cette situation peut se comprendre au regard de la croissance démographique de la ville. Cependant, le gouvernement doit impérativement trouver une solution au manque de cimetières. Que se passera-t-il si le propriétaire décide un jour de construire sur le terrain où une personne a été inhumée ? On ne peut pas vivre avec les morts », souligne-t-il.

Des familles sans solution

Devant cette absence prolongée de cimetières à Bangui, certaines familles s’organisent à s’offrir des fermes familiales pour l’inhumation de leurs proches. « Les cimetières de Ndress et de Poumalé ne sont actuellement pas opérationnels. Nous qui n’avons pas les moyens pour acheter une ferme afin d’y enterrer nos proches, que devons-nous faire ? », s’interroge Dr Robert Bena.

Face aux préoccupations exprimées par la population, les autorités annoncent la création de nouveaux espaces funéraires. Deux sites sont notamment prévus vers PK26 à la sortie nord de Bangui sur l’axe Boali, et à Mboko, dans le 9ᵉ arrondissement. Selon le ministre d’État à la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, ces futurs cimetières seront aménagés pour répondre aux besoins des différentes confessions religieuses et catégories de défunts.

 « Le problème des cimetières, je crois que cela a été prévu. Des cimetières modernes, en tenant compte des différentes confessions religieuses : pour les chrétiens, les musulmans, les non-pratiquants. Parmi ces cimetières, il y aura également des cimetières VIP pour les mausolées, des cimetières pour les victimes de guerre et des cimetières civils », explique le membre du gouvernement.

En attendant la concrétisation de ces projets, les familles banguissoises continuent de composer avec la rareté des espaces funéraires, faisant de l’accès à un lieu d’inhumation digne un enjeu social de plus en plus pressant.

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