La Cour pénale internationale (CPI) a tenu, le 1er octobre à La Haye, aux Pays-Bas, une audience dans l’affaire Alfred Yekatom-Rombhot et Patrice-Édouard Ngaïssona, consacrée aux réparations en faveur des victimes des crimes pour lesquels les deux hommes ont été condamnés.
Tour à tour, les différentes parties au procès ont présenté leurs observations sur la question des réparations. Les représentants légaux des victimes ont demandé aux juges de rendre justice à leurs clients, profondément marqués par les exactions commises. Selon eux, plus de 10 000 victimes doivent impérativement être prises en compte dans cette affaire.
De son côté, le bureau du procureur a rappelé que les crimes reprochés aux deux accusés ont été suffisamment établis et que ces derniers doivent réparer les préjudices causés aux victimes. Les représentants du Fonds au profit des victimes se sont, quant à eux, longuement penchés sur les traumatismes subis. Toutefois, ils n’ont avancé aucun montant précis, estimant qu’il revient aux juges de fixer le montant final des réparations.
Le gouvernement centrafricain estime que la réparation en faveur des victimes constituera une avancée majeure dans la lutte contre l’impunité en RCA, selon le chef de la délégation, le procureur Guy Martial Damanguéré.
De leur côté, les avocats de la défense contestent les chiffres présentés devant la Cour pénale internationale. La défense d’Alfred Yekatom-Rombhot affirme notamment que le nombre des victimes annoncé ne correspond pas à la réalité et demande aux juges d’examiner cette question avec la plus grande attention.
Enfin, les avocats de Patrice-Édouard Ngaïssona ont contesté l’utilité même de cette audience, rappelant qu’ils ont fait appel du premier jugement. Ils estiment ainsi que la suite de l’affaire dépend de la décision finale de la Chambre d’appel de la CPI.
L’année dernière, la CPI a reconnu Alfred Yekatom-Rombhot et Patrice-Édouard Ngaïssona coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis en Centrafrique entre 2013 et 2014. Lors du jugement rendu le 24 juillet 2025, la Chambre de première instance a condamné Alfred Yekatom-Rombhot à 15 ans de prison et Patrice-Édouard Ngaïssona à 12 ans de prison ferme.
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