Les villes de Béloko et Cantonnier dans la préfecture de la Nana-Mambéré semblaient jusque-là être épargnées, ou du moins, légèrement frappées par la pénurie de carburant. Mais ces derniers jours, le litre d’essence est passé de 1 000 à 1 300 francs CFA. Une situation qui perturbe les transports en commun et ralentit les activités économiques.
À Cantonnier comme à Béloko, l’absence de stations-service contraint les usagers à se ravitailler auprès des vendeurs installés au bord des routes. La ville camerounaise de Garoua-Boulaï, principale source d’approvisionnement des Centrafricains dans cette zone frontalière, est également confrontée à une rareté du produit. La pénurie affecte particulièrement les conducteurs de mototaxis et leurs clients, comme le déplore Francis Sanda, président du syndicat des mototaxis de Béloko-Cantonnier.
« Cantonnier aussi, il n’y a pas de station. Ici, jusqu’à Abba, c’est les Camerounais qui nous aident avec l’essence. Il n’y a pas de carburant ces deux derniers jours. Les enfants sont en train de se plaindre. Ils sont allés au quartier pour consommer le carburant à 1 300 », explique-t-il.
Face aux critiques liées à la flambée des prix, les revendeurs de carburant invoquent, eux aussi, les difficultés d’approvisionnement du côté camerounais. Vicke Melchisédech, vendeur de carburant à Cantonnier, justifie cette augmentation par la hausse des prix à Garoua-Boulaï : « C’est nos frères Camerounais qui ont augmenté le prix du carburant là-bas. Et pour cela, nous aussi, on est obligés d’augmenter ».
Au-delà des transports, cette situation pèse également sur le pouvoir d’achat des ménages. Les prix des denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité connaissent aussi une hausse. Pour les habitants, les déplacements coûtent désormais beaucoup plus chers. Pauline Yassanga, résidente à Béloko, témoigne.
« Tout est actuellement cher sur le marché. Même le transport qu’on payait moins il y a quelques temps, ce n’est plus le même cas aujourd’hui. Auparavant, quand je quittais Béloko pour aller à Cantonnier, je payais la moto 500 francs. Donc à l’aller et au retour, je dépensais 1 000 francs CFA. Mais aujourd’hui, le trajet me coûte 2 000 francs CFA », déplore-t-elle.
L’approvisionnement de ces deux localités dépend largement du marché camerounais voisin. À Garoua-Boulaï, le litre d’essence est vendu à 874 francs CFA. Mais la rareté du produit dans cette ville frontalière complique davantage le ravitaillement des consommateurs centrafricains. En l’absence de stations-service à Béloko et à Cantonnier, ces derniers restent particulièrement exposés aux fluctuations des prix pratiqués par les revendeurs.
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