Kouango : le poisson, aliment le plus consommé localement se fait rare
Des vendeuses de poissons au marché central de Bouar. Photo : RNL/Cyrille Jefferson Yapendé, avril 2023.

Kouango : le poisson, aliment le plus consommé localement se fait rare

A Kouango dans la préfecture de la Ouaka, le poisson, l’une des denrées très prisée et commercialisée par la population, devient de plus en plus rare sur le marché. En cause : la présence massive d’hippopotames dans la rivière. Une situation qui rend la vie difficile aux pêcheurs, commerçants voire consommateurs.

Au marché central de Kouango, la plupart des étals de poissons sont vides. Seules quelques femmes tentent de s’en procurer auprès des rares pêcheurs pour revendre à des connaissances. Cette rareté engendre la hausse des prix, lesquels impactent directement le panier de la ménagère. « Le prix est trop élevé sur le marché. On ne peut pas acheter. C’est un peu rare. Aujourd’hui, tout le monde veut manger du poisson parce qu’il n’y a pas de viande. Et vu qu’on se tourne vers le poisson, ça devient très cher », déplore Christelle, une mère au foyer.

Certains vendeurs pointent du doigt les pêcheurs, principaux fournisseurs, d’être à l’origine de cette cherté.

« Les pêcheurs ne font qu’augmenter les prix de poisson, soit disant qu’ils éprouvent des difficultés dans leur activité. Nous aussi, nous augmentons pour pouvoir avoir un peu de bénéfices. Il y a peut-être d’autres raisons que nous ignorons. Seuls, les fournisseurs peuvent nous en dire plus », accuse Louise Wali Bangui, une vendeuse.

De leur côté, les pêcheurs avancent une autre raison.

« Ils attaquent les pêcheurs »

« Il y a des menaces d’hippopotames chaque jour. Auparavant lorsque ces animaux sentaient la présence des pirogues, ils reculaient. Mais aujourd’hui, ils attaquent directement les pêcheurs. Donc, nous avons peur de pêcher dans certains endroits. Ce qui fait que les poissons deviennent aussi rares et chers sur le marché », explique Félix Souangbé, vice-président du Groupement des pêcheurs de Kouango. 

Face à cette situation, les autorités s’activent pour résoudre définitivement le problème.

« Nous en avons informé le ministère en charge de la pêche. Il nous a donné l’autorisation d’abattre ces animaux qui sont devenus dangereux pour la population. On a tenté de les tuer, mais ils s’enfuient.  Nous sommes en train de chercher des techniques pour résoudre ce problème dans un bref délai », assure Didier Kozonganda, responsable du service des eaux et forêts de la Ouaka.

Une réponse concrète aux menaces d’hippopotames sur la rivière Kouango pourrait soulager cette population qui, pour la plupart, vit de la pêche sa principale source de revenus.

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