Les autorités locales de Bocaranga tentent d’apporter une solution à la transhumance violente qui secoue la région ces derniers temps. Au lendemain d’incidents ayant fait des victimes parmi la population, le sous-préfet de Bocaranga a convoqué toutes les couches sociales à une réunion de sécurité pour trouver des solutions idoines à ce phénomène.
Une soixante de participants, parmi lesquels, agriculteurs, éleveurs et agents de l’État, ont pris part à cette réunion dirigée par le sous-préfet de Bocaranga. Un seul mot revient sur toutes les lèvres : la paix entre les acteurs agropastoraux en cette période de transhumance. Titan Bawélé, président du comité sous-préfectoral de paix, « Lorsque j’ai appris qu’on allait délimiter les couloirs de transhumance, je me suis réjoui. Ils ont également abordé la question de la renaissance des campements piégés et des champs piégés. Je pense que c’est une très belle initiative, car c’est là le nœud du problème entre les deux acteurs », a-t-il déploré.
À l’unanimité, les participants ont demandé le respect des couloirs de transhumance afin de favoriser la paix entre les deux parties, tout en insistant sur la lutte contre la désinformation.
« Les gens mentent beaucoup »
« J’ai constaté la prolifération de fausses informations ces derniers temps. Aujourd’hui, il n’y a pas de grande destruction de champs par les bœufs à Bocaranga. Les gens mentent beaucoup au nom des éleveurs, et c’est vraiment regrettable », a regretté Adamou Ibrahim, point focal des éleveurs.
Les autorités locales prennent très au sérieux ces incidents sécuritaires liées à la transhumance. Elles comptent sur l’implication de toutes les parties pour réussir ce pari.
« Nous avons parlé de la réhabilitation de nos couloirs de transhumance avec la sécurisation par nos gardes champêtres, lesquels sont nos points focaux pour gérer cette transhumance. Nous avons également parlé de la mise en place d’un comité de délimitation des zones pour qu’on ne puissent plus parler de champs dévastés par les bœufs. L’importance de la cohésion sociale a aussi été brossée », a indiqué Crépin Bonaventure Kossamou-Kongovoulou, sous-préfet de Bocaranga.
Les récents événements à Kounang et Kowone montrent que si aucune mesure n’est prise, la campagne de pâturage en cours pourrait provoquer de graves tensions entre les communautés. Une situation susceptible d’affecter négativement la cohésion sociale, déjà fragilisée par la crise sécuritaire.
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