Depuis le 27 janvier 2026, la page Facebook JB Coach Digital a publié des images montrant un bus intercepté avec un cercueil rempli d’armes et de munitions. Présentée comme un message de vigilance spécifique à la Police nationale centrafricaine, cette publication a suscité de nombreuses réactions. Mais ces clichés ne proviennent pas de la République centrafricaine. Les images datent de 2016 et sont liées à une opération menée au Nigeria.
Diffusées hors contexte, ces images ont cumulé plus de 480 mentions « J’aime », 173 commentaires et 110 partages. Pour éviter la confusion et clarifier les faits, la cellule #StopAtènè s’est intéressée à cette publication.


Capture de la publication de JB Coach Digital et des commentaires
Ce qui retient l’attention
La page JB Coach Digital accompagne les photos d’un message : « Un bel exemple de pourquoi il ne faut pas se fier aux apparences. Ne jugez jamais un livre à sa couverture : l’essentiel est à l’intérieur. Soyez vigilants Police Nationale Centrafricaine. »
Dans les commentaires, l’auteur précise que la scène ne s’est pas produite en Centrafrique et qu’il s’agit d’une démarche de « prévention ». Mais cette précision reste peu visible et ne ressort pas dans la publication lors des partages.
Ce que nous avons vérifié
Grâce à une recherche d’image inversée, #StopAtènè a retrouvé l’origine des images publiées sur Facebook. Les images sont authentiques, mais elles sont diffusées dans un faux contexte. Elles ne montrent pas un fait survenu en Centrafrique. Les photos correspondent à une opération menée par les forces de sécurité nigérianes en 2016. À l’époque, plusieurs médias, dont AfrikMag et Nairaland avaient fait état de l’interception d’un bus transportant un cercueil rempli d’armes, de munitions et d’effets militaires, au Nigeria.
Or, dans la publication de JB Coach Digital, aucune source n’est citée : pas de média d’origine, pas de date, pas de lieu. L’internaute ne dispose donc d’aucun élément immédiat pour vérifier le contexte réel des images.


Capture d’écran des publications de 2016 de Nairaland et d’AfrikMag
Ce qui manque dans la publication et en quoi ça pose problème
Pour qu’une publication soit vérifiable et ne prête pas à confusion, il faut au minimum indiquer la source d’origine des images, la date des faits, le lieu (ici : Nigeria), le contexte (opération des forces de sécurité en 2016). En l’absence de ces éléments, des images réelles peuvent être constituées à tort comme un événement récent et local.
Cela pose problème car souvent, l’image prime sur le texte. Sur les réseaux sociaux, l’œil retient d’abord la photo. De nombreux internautes voient surtout les images et la mention de la Police nationale centrafricaine, sans aller lire le détail en commentaire. Dans ce contexte, la publication peut porter à confusion. Associer la Police nationale centrafricaine à des images étrangères peut suggérer un danger imminent ou un fait survenu en Centrafrique. Cela peut alimenter des interprétations anxiogènes, par exemple : « des armes circulent dans des cercueils à Bangui ». En plus, le contexte peut disparaitre lors des partages. Lorsqu’une publication est partagée, les explications en commentaire peuvent ne plus être visibles. L’image continue alors de circuler seule, amplifiant l’émotion au détriment de la vérification.
Ce qu’il faut retenir
Une règle simple s’applique : une image vraie dans un faux contexte devient une fausse information. Même si l’intention affichée est la « prévention », publier des images sans source, sans date et sans lieu, tout en mentionnant une institution locale, peut entraîner des interprétations erronées et semer la confusion.
Avant de partager, il est utile de vérifier la source, la date et le lieu d’une image.
#StopAtènè, la cellule numérique de Radio Ndeke Luka qui lutte contre la désinformation, les rumeurs et les discours de haine.
