RCA : Nicolas Tiangaye s’élève contre les propos de Abakar Sabone

RCA : Nicolas Tiangaye s’élève contre les propos de Abakar Sabone

Le chef du gouvernement de transition, Nicolas Tiangaye, condamne avec la dernière rigueur, les déclarations de Abakar Sabone, chargé de mission du président de transition Michel Djotodia. Dimanche dernier, le chargé de mission évoquait une possible division de la République Centrafricaine. Le Premier ministre, Nicolas Tiangaye qualifie d’extrémistes les propos tenus par monsieur Sabone au cours de la conférence de presse qu’il a animé ce lundi à l’hôtel Ledger à Bangui. « Ces dérives n’engagent que leurs auteurs; déclaration extrêmement grave s’il en est à un moment où le chef de l’Etat de la transition vient d’appeler solennellement à la retenue, au dialogue et au sursaut national. A un moment également où le Gouvernement d’Union Nationale de transition appelle de son côté au rassemblement, à la tolérance et à la réconciliation nationale, cette prise de position patriotique et responsable des plus hautes autorités de la transition n’arrange pas visiblement les projets funestes d’une poignée d’extrémistes qui œuvrent inlassablement depuis toujours à la déstabilisation, à la division et à la partition du pays. Le chef de l’Etat et le Gouvernement d’Union Nationale de transition condamnent énergétiquement, et avec la plus grande fermeté, ces propos irresponsables, scandaleux et suicidaires au regard de la RCA » a déclaré le chef du Gouvernement.

A noter que dimanche, Abakar Sabone a organisé une conférence de presse au cours de laquelle il a lancé un ultimatum aux forces françaises de l’opération Sangaris. Il leur a donné une semaine pour quitter le pays.
Au sujet d’une éventuelle négociation avec les milices « anti- balaka », le chef du gouvernement de transition s’interroge sur la nature et la structure de ce mouvement armé. « Dialoguer avec eux est une question qui ne peut pas être abordée uniquement par le gouvernement. Je pense qu’il s’agit d’une question qui implique aussi une appréciation des autres composantes de la nation et des autres instituions comme le Conseil National de Transition (CNT). En ce qui concerne le gouvernement, sa position est claire. Ce qu’on appelle « anti-balaka », quelle est sa structure, sa nature ? Est-ce que c’est un mouvement de rébellion ? Est-ce que c’est un mouvement politico-militaire ? Quelles sont ses revendications ? Est-ce que ces revendications sont politiques ? C’est autant de questions que nous nous posons. Quels sont les gens qui sont derrière les « anti-balaka » ? »
 
De l’autre côté, l’annonce du déploiement du surplus d’un contingent tchadien en Centrafrique pose problème. L’ONG Humanisme International rejette la proposition du Tchad d’envoyer un supplément de 500 soldats dans la Mission Internationale de Soutien en Centrafrique (MISCA). Selon cette organisation humanitaire, les auteurs de violence de tout genre en Centrafrique, sont et demeurent en majorité aujourd’hui les rebelles tchadiens et soudanais, issus de l’ex-rébellion Séléka. Ceux-ci ont exterminé la faune, en abattant les espèces protégés, et détruit par la même occasion le tissu économique centrafricain.  
Bernard Bésinandji, Président de la Fondation Humanisme International souhaite que les troupes tchadiennes soient retirées de la force sous mandat de l’Union Africaine et rapatriées dans leur pays d’origine. « En ce qui concerne les forces tchadiennes, des rebelles qui sont sortis du Tchad et qui se sont refugiés en Centrafrique sous l’étiquette des braconniers, des coupeurs de route, ceux là ont complètement détruit la faune et le commerce centrafricain. Ils se sont installés dans les villes comme des grands commerçants avec les butins. Ensuite, ils ont convaincu certains partis politiques de notre pays où ils sont devenus des acteurs pour l’élection présidentielle. Comme ils n’ont pas vu leur candidat, ils se sont infiltrés avec leurs combattants pour encourager la Séléka à prendre le pouvoir. Le malheur, c’est qu’ils n’ont pas pu instaurer la paix dans le pays. Le président tchadien y est pour beaucoup de choses. Il sait que les combattants de la Séléka qui sont en RCA sont ses ennemis qu’il a chassés du Tchad. Il ne voudrait pas qu’ils rentrent. Ce qu’il faut faire, c’est d’entretenir leur séjour en RCA afin qu’il soit tranquille dans son pays. Qu’il leur accorde l’amnesty et que ceux-ci rentrent au Tchad à l’exemple de Baba Ladé ».

La réaction de la Fondation Humanisme International contre la participation des éléments tchadiens à la MISCA intervient après celles de la Société Civile et la population de Kaga-Bandoro.

Il faut dire également que la panique a gagné lundi soir la population du quartier Fatima dans le 6e arrondissement de Bangui. Des tirs d’armes lourdes et légères ont été tirés dans le secteur. Une situation qui a plongé une fois de plus la population dans une psychose généralisée. A l’origine des tirs, des éléments assimilés aux combattants de l’ex-coalition rebelle Séléka auraient tenté de voler le véhicule d’un particulier demeurant dans le quartier. Ils ont été repoussés par les éléments de la MISCA.