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Un véhicule fracassé après avoir marché sur mine dans le Nord-ouest de la RCA

Centrafrique : l’usage des mines antipersonnel plombe l’économie du Nord-ouest

L’usage des mines antipersonnel par des groupes armés affecte l’économie nationale. A Bocaranga dans la Lim-Pendé, en plus du réseau routier défectueux, les voyageurs ainsi que les transporteurs doivent franchir des mines sur leur passage. Conséquences, beaucoup sont morts et les survivants sont découragés à approvisionner la ville en produits vitaux pour le bien-être de la population. Désemparée, la population appelle à la fin de l’usage de ces engins explosifs.

Dans cette grande partie du Nord-ouest centrafricain, les transporteurs n’ont plus cette possibilité d’aller aisément acheter les marchandises. Eprouvant d’énormes difficultés en route, beaucoup ont abandonné les affaires du fait de la présence des engins explosifs enfouis sur les différents axes. Conséquences, les produits de première nécessité se font rares et les prix ont tous galopé.

"Circuler sur cette voie est trop risqué"

C’est le cas de Mahamat Sallé, un transporteur de la région qui, lors d’un voyage, a perdu plusieurs millions de francs CFA ainsi que deux membres de son équipage dans une déflagration de mine. Aujourd’hui, son fils Bachir qui garde toujours le traumatisme n’est pas prêt à repartir.

"En sortant du village Ngou Tèrè, à environ 5km, nous avions entendu une forte explosion qui a renversé le véhicule. Nous étions 4 personnes à bord. Celui qui était à côté de moi est mort sur le coup. Un autre, qui était sur le balcon, est décédé après son transfèrement à l’hôpital. Moi par contre, je m’en suis tiré avec une fracture à la jambe gauche. Le chauffeur lui, a eu quelques blessures aux jambes. Circuler sur cette voie est trop risqué" a témoigné Bachir, une victime d’explosion de mine.

"Malheureusement, ce sont les civils qui en sont victimes"

Si l’économie de cette région est prise au piège, les victimes, elles, continuent de fustiger l’action de ces forces négatives. Démoralisées, elles plaident pour que cesse l’usage de ces engins explosifs dangereux.

"Ce n’est pas de cette manière qu’on mène une guerre. Ils posent les mines et après, ce sont les civils qui n’ont rien à voir avec leur lutte, qui en sont victimes. S’ils sont incapables de déminer eux-mêmes, qu’ils indiquent au moins les lieux aux spécialistes afin qu’ils puissent les éliminer" a fustigé Julien Manassé Ngakoutou, un rescapé d’explosion.

Même si l’usage des mines est interdit par les résolutions des Nations-Unies, l’utilisation par les groupes armés continue de faire ravage dans les rangs des forces de défense et de sécurité, des soldats de la paix et surtout des civils.

Dans un contexte où le pays est encore sous embargo, la question de l’acquisition par les hommes armés de ces explosifs se pose. En septembre dernier, la Minusca avait annoncé la suspension de ses opérations de déminage dans le Nord-ouest centrafricain. Selon les responsables, ceci fait suite à plusieurs obstacles rencontrés sur le terrain.

 

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