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©Minusca
image montrant l'insigne d'un élément des Forces armées centrafricaines

Bossangoa : vague de réactions après l’attaque d’une base des FDS et de leurs alliés russes

Alors que l’Assemblée nationale exige l’ouverture d’une enquête, au lendemain de l’attaque qui a visé une base des forces de défense et de sécurité, le gouvernement, lui, promet que cet acte ne restera pas impuni. Le Mouvement de libération du peuple centrafricain et le Front républicain demandent des comptes.

Quelques heures seulement après l’attaque à la bombe contre la base des forces nationales et de leurs alliés à Bossangoa, les réactions ont fusé de tous les côtés. L’Assemblée nationale a condamné cet acte et exigé l’ouverture d’une enquête.

"Au nom de tous les élus de la Nation, je condamne, avec la dernière vigueur, cette provocation que rien ne saurait justifier et exige qu’une enquête soit diligentée afin d’identifier cet aéronef, sa provenance et ses commanditaires. J’exhorte le gouvernement à prendre toutes les dispositions qui s’imposent afin de garantir l’inviolabilité de notre espace aérien et sécuriser les populations centrafricaines" a déclaré Simplice Mathieu Sarandji, président de l’Assemblée nationale.

"Acte ignoble"

Pour le gouvernement, qui n’entend laisser impuni cette agression, une enquête est déjà ouverte. "Selon les renseignements, cet aéronef, après avoir commis ces forfaits, a survolé la ville de Bozoum et a pris la direction du Nord de la République centrafricaine avant de traverser nos frontières. A cet effet, le gouvernement tient à informer l’opinion nationale et internationale que cet acte ignoble perpétré par les ennemis de la paix ne saurait rester impuni. Par conséquent, le gouvernement prend acte des préoccupations de l’Assemblée nationale et l’informe qu’il a déjà ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de recueillir toutes informations utiles et de situer les responsabilités", peut-on lire dans le communiqué publié par Serge Ghislain Djorie, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.

"Le MLPC, en tant que parti progressiste, s’inscrit dans la logique de la paix et de la sécurité véritable pour notre pays. Nous condamnons sans ambages, tout acte de violence y compris, celui-ci. Nous demandons aux autorités politiques centrafricaines d’ouvrir une enquête pour déterminer l’origine de cet aéronef et de prendre les mesures idoines pour que ces actes-là ne se répètent plus" a lancé Martin Ziguélé, président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) et membre de l’opposition politique.

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Pendant que les appels à l’ouverture d’une enquête pour déterminer l’origine de l’aéronef, auteur de l’attaque, se multiplient, le Front républicain pousse loin sa réflexion. Cette organisation politique, proche du pouvoir, affirme ne pas comprendre comment un appareil volant, équipé d’équipements létaux, puisse violer le territoire centrafricain, survoler des villes et lancer une attaque sans que la Minusca, la mission de l’Onu en Centrafrique, ne soit au courant. Pour Héritier Doneng, son coordonnateur, la lumière doit être faite sur cette affaire.

"Nous avons appris que cette attaque a causé d’énormes dégâts sur la population civile ainsi que sur l’usine du coton qui se trouve à Bossangoa. Nous condamnons cette attaque lâche visant à attaquer la population civile en présence des forces onusiennes" a déploré Héritier Doneng avant de préciser que "lorsqu’on parle du Nord-ouest, nous avons le Cameroun et le Tchad. Comment un avion de ce genre puisse assaillir le territoire centrafricain en provenance du Nord-ouest" s’est interrogé le leader du Front républicain.

L'origine reste méconnue

Ne voulant se limiter qu’aux condamnations, le Front républicain envisage de demander des comptes à la mission de l’Onu pour le maintien de la paix en Centrafrique, Minusca. "Nous préconisons de demander des comptes, dans les prochains jours, à la Minusca. Il est question que la Minusca et le gouvernement centrafricain puissent se réunir dans un bref délai pour nous apporter la lumière sur cette triste attaque" a exigé Héritier Doneng.

De nombreux Centrafricains, que nous avons interrogés dans les rues de Bangui, ont exprimé leur inquiétude face à cette attaque dont l’origine reste méconnue. Ils souhaitent que les autorités centrafricaines doublent de vigilance et renforcent les capacités du pays en moyens de défense anti-aérienne.   Selon des autorités locales de Bossangoa, cette attaque à la bombe qui a visé cette base militaire, n’a pas fait de victimes. Cependant, il est difficile d’identifier l’origine et la marque de l’engin qui a largué l’explosif. Seules les enquêtes en diront plus.

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